C.C.H.A

Centre Châtelleraudais d'Histoire et d'Archives

Association fondée en 1999, le C. C. H. A. a pour but de découvrir, protéger, exploiter et mettre en valeur l’histoire et le patrimoine du pays châtelleraudais par les recherches en archives et de témoignages.

Ateliers de broderie, brodeuses depuis le XVIIe siècle jusqu’à la Seconde guerre mondiale, Geneviève Millet

L’art de la broderie est presque aussi ancien que celui du tissage, c’est le premier de tous les arts plastiques.
A Châtellerault, tout semble avoir commencé en février 1640 quand le duc d’Orléans fonde un établissement des Filles de Notre-Dame, ordre de Saint-Augustin, pour l’instruction des jeunes demoiselles1. Les Filles de Notre-Dame s’installent à l’hôtel du Chastelet, acheté à François Lucas, sieur de Vangueille (lui-même le tenant, depuis 1623, de René Allamant, sieur de Guépéan). Cinq religieuses, sortant d’un monastère de Lorraine complètement ruiné par les guerres, forment le noyau de cette maison : Alix de la Croix, supérieure ; Elizabeth d’Olstise Liégeois, Charlotte Gabrielle Bélière, Marie Archange Arnault, Marie-Catherine Huguet et Françoise d’Olmère. L’établissement devient vite florissant, on y compte trente religieuses s’occupant de quatre cents externes et de nombreuses pensionnaires. Les soeurs enseignent à leurs élèves, en plus des matières habituelles, la broderie. Les religieuses maîtrisent parfaitement cet art car, dans de nombreux couvents, la broderie et les dentelles font depuis toujours partie de la vie monastique et, en Lorraine, la broderie s’est développée depuis le XVe siècle.

1. Abbé Lalanne, Histoire de Chatelleraud et du Chatelleraudais, Châtellerault, 1859, t. II, p. 159 à 162.

La suite de l’article : Geneviève Millet, Ateliers de broderie, brodeuses depuis le XVIIe siècle jusqu’à la Seconde guerre mondiale

 

Broderies réalisées à Châtellerault, Françoise Merle

Le filet brodé

Sur un cadre métallique rectangulaire ou carré, de diverses dimensions, on réalise le filet le plus souvent avec un fil de lin ou de coton, en utilisant une aiguille dont chaque extrémité se termine par une fourche permettant d’enrouler le fil dessus dans le sens de la longueur ; cette aiguille fait office de navette et permet la réalisation de mailles nouées entre elles et leur régularité se fait à l’aide d’une baguette en bois, acier ou ivoire dont le choix du diamètre délimite la grosseur. Le filet terminé a l’aspect d’une grille aux mailles nouées aux 4 angles.
Sur ce filet s’exécute la broderie, souvent avec le même fil que celui-ci. Les motifs sont majoritairement réalisés au point de reprise, mais il en existe des plus ouvragés. Les broderies peuvent représenter des formes géométriques, des fleurs, des animaux, des personnages.
Le filet brodé a été utilisé en ameublement, en linge et vêtements d’église ou incrusté dans des vêtements civils.

 

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