C.C.H.A

Centre Châtelleraudais d'Histoire et d'Archives

Association fondée en 1999, le C. C. H. A. a pour but de découvrir, protéger, exploiter et mettre en valeur l’histoire et le patrimoine du pays châtelleraudais par les recherches en archives et de témoignages.

La fabrique de Saint-Jean-Baptiste aux XVIIe et XVIIIe siècles, Thomas Mesmin

Pour introduire cet article, nous allons nous appuyer sur celui de Jacques Marcadé ayant pour sujet les fabriques du diocèse de Poitiers au XVIIIème siècle1. Pour cet auteur, une première approche des institutions paroissiales dans le diocèse de Poitiers pourrait faire conclure à un très faible nombre de fabriques. Elles sont même rares, aux dires de témoins ( en l’occurrence des avocats de Châtellerault, Civray ou Montmorillon ), en 1770. Pareille conclusion est, pour le moins, étonnante car il semblerait que tout édifice paroissial doit être doté d’une telle institution. Les fabriques doivent être capable de pourvoir aux frais du culte et, en outre, d’assurer l’entretien et les réparations de l’édifice. Dans la mesure où elles ont des revenus, ces derniers ont une double origine. Les uns sont fixes : rentes foncières, legs perpétuels… Pour d’autres, le terme casuel est plutôt employé à cause de leur nature comme la location de bancs ou les taxes prélevées pour l’ouverture de fosse dans l’église. Quant à la charge de fabriciens, elle paraît dédaignée. Par ailleurs, la position sociale des fabriciens semble proportionnelle à la richesse de la fabrique, du simple journalier aux notables locaux dans les agglomérations plus importantes. L’importance de la paroisse Saint Jean-Baptiste de Châtellerault amène à se demander quelle place y tient sa fabrique ?

 

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Les habitants de La Chapelle-Moulière en 1799, Jean Elie

Il était d’usage lors des mariages, surtout entre les deux guerres, de faire une photographie où figuraient tous les participants à une noce. Quel historien de son village ne rêverait de disposer, aussi, de l’image de tous ses habitants, à un instant donné ? Pouvoir les compter, les identifier, savoir où ils demeurent, connaître les parentés et les métiers exercés ? A défaut de révéler les visages et la mode vestimentaire du temps, une liste nominative datée de 1799, antérieure aux recensements officiels, nous permet, confrontée à d’autres documents, de répondre à ces questions dans le cas de La Chapelle-Moulière.
La Chapelle-Moulière, riveraine de la Vienne, est située à une vingtaine de kilomètres au nord-est de Poitiers et à la même distance au sud de Châtellerault. Avant 1790, cette paroisse était du ressort de l’élection de Poitiers. A sa limite septentrionale, elle bordait Bonneuil-Matours. En 1799, la commune de La Chapelle-Moulière appartient au district de Poitiers et au canton de Dissay, celle de Bonneuil-Matours  au district de Châtellerault et au canton de Vouneuil-sur-Vienne.

 

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Bains-douches et bateaux-lavoirs à Châtellerault, 1830-1930, Geneviève Millet

Le XIXe siècle est celui de la prise de conscience collective de la salubrité publique et des principes élémentaires d’hygiène. En France, mais également dans les pays européens voisins l’hygiène publique s’installe. Le mouvement hygiéniste prend naissance dans l’Angleterre industrielle du XIXe siècle, Paris s’en empare, puis après quelques décennies il s’infiltre en province. Dans notre département, l’implantation des bains publics et lavoirs a lieu d’abord au chef-lieu, Poitiers, puis dans notre sous-préfecture, avec un nouveau décalage dans le temps et des conditions spécifiques, Châtellerault étant un port.

 

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Les femmes du Poitou sous l’occupation, Isabelle Soulard

Cette conférence est dédiée à Léone Jamain, qui m’avait reçue chez elle et que j’avais rencontrée avec Renée. J’avais conservé un souvenir poignant de cette rencontre et en même temps un souvenir plein d’espoir.

Je vais vous parler « des femmes du Poitou sous l’Occupation ». Pas seulement des femmes dans la Résistance, mais  de l’action et de la vie des femmes.
En effet si ce sujet m’a intéressé, c’est tout simplement que dans la Vienne, comme d’ailleurs dans beaucoup d’autres départements, il n’y a pratiquement aucun livre faisant référence aux femmes à cette époque. Quand il y a un livre sur la guerre ou sur la Résistance, c’est sur les hommes dans la guerre, les hommes dans la Résistance et généralement il y a, simplement, trois, quatre lignes sur les femmes, parfois deux, trois pages. Or les femmes ont eu un rôle extrêmement important pendant la guerre.
Tout d’abord je ne vais pas pouvoir parler de tout ce qui concerne les femmes, alors j’ai choisi d’évoquer seulement quelques thèmes ce soir.
Je vais donc, d’emblée, évoquer l’arrivée des Allemands et l’installation de la Vienne dans la guerre. Rappelons la chronologie des événements.

 

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Les bouchers de Châtellerault du XVIe au XVIIIe siècles. Deuxième partie, Colette Braguier, Pierre Braguier

Une période cruciale : le Carnaval.

Tous les ans, pour Carnaval, il est organisé de grandes fêtes auxquelles la corporation des bouchers prend part. L’abbé Lalanne nous raconte que quelques jours avant le mardi gras, la ville de Châtellerault met en adjudication, au profit de son hôpital, ce que l’on nomme « la boucherie de carême ». En ce temps de pénitence, la consommation de viande est interdite jusqu’aux fêtes de Pâques, mais une boucherie est cependant autorisée en ville, pour les personnes n’ayant pas l’obligation de suivre ce jeûne, comme les malades, les vieillards et les enfants. L’argent obtenu par cette mise aux enchères sert à entretenir les finances de l’hôpital. Le boucher qui offre le plus d’argent, c’est-à-dire le dernier enchérisseur, a ainsi le droit de vendre de la viande. Il est le seul de la ville pour tout le carême. Mais il ne peut en vendre qu’aux infirmes et aux malades sur un certificat du maire ou du curé, et encore, ne doit-il le faire qu’à l’intérieur de sa boutique, à volets clos, sauf un « ais  » ouvert, pour ne pas faire scandale. C’est ainsi que le 6 février 1771, le sieur Bachelier-Corbillon se voit adjuger la Boucherie de carême, ceci pour la somme de 420 livres qu’il s’engage à payer en deux fois : une moitié à la mi-carême et l’autre moitié pour Pâques. De plus, il doit donner aux pauvres de l’hôpital 12 livres de viande pendant les jours gras car, de toute façon, les malheureux font bien carême toute l’année et ainsi, ils peuvent fêter mardi gras comme tout le monde ! Le boucher qui, cependant, se risque à vendre de la viande se voit pénaliser par une amende de vingt livres.

 

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