C.C.H.A

Centre Châtelleraudais d'Histoire et d'Archives

Association fondée en 1999, le C. C. H. A. a pour but de découvrir, protéger, exploiter et mettre en valeur l’histoire et le patrimoine du pays châtelleraudais par les recherches en archives et de témoignages.

L’hygiène, son évolution, la législation, Geneviève Millet

Définition :

Le terme hygiaine apparaît vers 1550, venant du grec hygiénon qui signifie santé.
C’est la partie de la médecine qui traite des mesures propres à conserver et améliorer la santé. Ensemble des principes et pratiques relatifs à cette fin. L’hygiène prévient les maladies alors que la thérapeutique les soigne. Le terme hygiène fait l’objet d’un article dans l’encyclopédie de Diderot.
L’hygiène publique est l’ensemble des moyens mis en œuvre par les pouvoirs publics pour la sauvegarde et l’amélioration de la santé à l’intérieur d’un pays.

Le XVIIe siècle

C’est le siècle le plus somptueux et le plus crasseux de l’histoire! Dès le siècle précédent les moralisateurs privent le genre humain des soins de propreté. Et depuis la grande peste qui sévit dans les années 1630, on craint l’eau qui infiltre le corps. Changer de linge tient lieu de toilette. On ignore les latrines, on se soulage n’importe où.

 

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La conquête de l’eau courante à Châtellerault, Pierre bugnet

I-Le besoin d’eau courante

Au  début  du  XIXème  siècle, l’alimentation en eau de la  ville  de  Châtellerault est effectuée  par  des  puits  particuliers, et  par  quelques  rares  puits  et  fontaines  publics. D’où  les  inconvénients  que  l’on  imagine  aisément : rareté  d’une  eau  de  mauvaise  qualité, pénibilité  de  son  transport, et  toutes  les  conséquences  sanitaires  qui  en  découlent.
Or  la  fin  du  XVIIIème  et  le  début  du  XIXéme  siècles  sont  marqués  par  le  début  d’une  évolution  des  idées  et  des  moeurs  concernant  l’hygiène  dans  la  cité : les  bains  publics  se  développent, les  premiers  WC  apparaissent. Parallèlement, les  chimistes  s’intéressent  à  la  qualité  de  l’eau, les  méthodes  de  filtration  se  perfectionnent. La  médecine  entre  dans  sa  période  moderne, elle  s’intéresse  aux  risques  d’épidémies  liés  à  l’eau  corrompue. Et  la  technique  propose  des  machines , hydrauliques  ou  à  vapeur,  capables  d’élever  de  grandes  quantités  d’eau, des  tuyaux  métalliques  pouvant  la  transporter. Bref, tout  est  prêt, à  l’orée  du  siècle  de  la  révolution  industrielle, pour  que  tous  les  citoyens  jouissent  des  avantages  de  l’eau  courante.
Certes  les  habitants  des  quartiers  populaires  de  Châtellerault  sont bien éloignés  des  derniers  progrès  de  la  cité  moderne, mais  les  transports  et  les  moyens  de  communication  se  développent  également, de  sorte  qu’ils  reçoivent  des  informations…et  qu’ils  savent  ce  qui  se  passe  dans  les  villes  voisines, par  exemple  que  Poitiers  a  des  bornes-fontaines  dans  les  années  1830.

 

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Vers la conquête d’une eau potable, Bernard Poignand

De l’eau gratuite à l’eau payante

En 1879, la municipalité projette la réorganisation du service peu performant des eaux et des fontaines de la ville. Les habitants de Châtellerault ne se contentent plus du maigre approvisionnement en eau courante ou dormante qui leur est offert. La ville tire principalement ses besoins en eau des sources circonvoisines, des puits publics ou privés et de la Vienne. Il n’est plus possible de rester dans les tâtonnements de recherches de sources, de captations précaires ou de distributions « artisanales » qui durent depuis le début du siècle. L’essor industriel, économique et social de notre cité nécessite une autre orientation dans la distribution de l’eau.

En 1880, la municipalité de Châtellerault a la charge de la distribution de l’eau, avec tous les inconvénients qui s’y rapportent : l’entretien et l’extension du réseau
la surveillance des bornes-fontaines
la police des eaux
les redevances à percevoir avec son lot de litiges.
le mécontentement de la population (pétitions multiples).
Estimant que toutes ces charges ne sont pas du ressort des employés communaux et trop contraignantes pour les finances de la ville, le Conseil municipal décide de faire sous-traiter toute la distribution de l’eau par une compagnie spécialisée. Pour mieux apprécier les avantages et les inconvénients de ce procédé, il est fait une consultation auprès de villes de la même importance que Châtellerault  (Saumur…) et qui ont adopté cette modernisation.

 

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Hygiène et santé publique. Sépultures et cimetières à Châtellerault, Christiane Escanecrabe

Les anciens cimetières de Châtellerault ont été interdits, fermés, déplacés, à plusieurs reprises sous l’Ancien Régime. Mis à part les cimetières protestants, supprimés à la suite de la Révocation de l’Edit de Nantes, et le cimetière de Châteauneuf transféré en 1820 car son emplacement était compris dans le terrain retenu pour la future Manufacture royale d’armes, ces cimetières l’ont été pour cause « d’insalubrité ».
En effet, c’est à la suite de la Déclaration royale de 1776 que plusieurs cimetières de Châtellerault, comme beaucoup d’autres dans le diocèse, sont interdits par l’évêque, puis déplacés : cimetières Saint-Romain, Notre-Dame et Saint-Jean-l’Evangéliste de Châteauneuf dans les années 1780. Les cimetières deviennent propriétés des communes en 1791. C’est donc la municipalité de Châtellerault qui ordonnera, en janvier 1793, la fermeture du cimetière Saint-Jean-Baptiste « demeuré au milieu de la ville alors que les autres avoient été changés crainte d’épidémie ». Et c’est encore l’état insalubre du premier grand cimetière Saint-Jacques situé, jusqu’à la Révolution à l’emplacement du jardin public, qui est la cause de son transfert à l’endroit où il se trouve actuellement.

 

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Hygiène et pratiques de santé dans les couvents de femmes du Châtelleraudais au XVIIIe siècle, Gwénaël Murphy

L’histoire du corps des religieuses reste à écrire. L’approche symbolique à travers l’analyse de la mortification corporelle ou des rites d’entrée en religion a certes déjà été abordée dans des travaux plus ou moins diffusés, cependant nous sommes face à des pratiques corporelles connectant ces femmes à la religion. Tenter d’observer ces corps comme ceux de femmes ordinaires en inventoriant les pratiques de santé et l’hygiène quotidienne qui leur sont appliquées, en intégrant la dimension religieuse du rapport au corps sans en faire le référent dominant, fait tomber une barrière dans l’histoire religieuse. Il n’y a rien de surprenant, en réalité, à cette situation, en particulier pour les religieuses. Celles-ci ont beaucoup focalisé l’attention quant aux soins qu’elles apportaient aux malades, insensés, vieillards, incurables, pauvres, militaires, vénériennes, enfants abandonnés ou contagieux marginalisés par la constitution des Hôpitaux Généraux dans la seconde moitié du XVIIe siècle. Ces femmes qui soignent les corps des autres font omettre qu’elles en possèdent également un, masqué sous des habits amples, un voile, une cornette… Le processus symbolique et vestimentaire consistant à désexualiser les jeunes professes lors de leur entrée en religion semble de ce fait parvenu à ses fins.

 

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L’art de guérir au XIXe siècle, Maria Desmurs

Le XIX° siècle est celui qui enregistre le plus grand nombre de changements dans l’art de guérir en France. Il rompt avec le passé, par la suppression des formations de l’Ancien Régime et met en place le système médical actuel. Les formations s’étoffent, tout au long du siècle. Des enseignements s’approfondissent et des disciplines nouvelles intègrent, au fur et à mesure, les progrès de la science médicale. Le médecin au travail doit mener plusieurs combats. Il combat les maladies et les épidémies, assiste les malheureux et les indigents, oeuvre pour faire accepter les vaccinations et les mesures d’hygiène. Il lutte enfin pour la reconnaissance de sa valeur et de son dévouement.

 

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