C.C.H.A

Centre Châtelleraudais d'Histoire et d'Archives

Association fondée en 1999, le C. C. H. A. a pour but de découvrir, protéger, exploiter et mettre en valeur l’histoire et le patrimoine du pays châtelleraudais par les recherches en archives et de témoignages.

L’immigration à Châtellerault des années 1920 à aujourd’hui, Nermin Sivasli

Traiter de l’histoire de l’immigration à Châtellerault sur plus de sept décennies est un long voyage dans le temps. Depuis la fin de la première guerre mondiale jusqu’à nos jours, seront brossées des photographies successives des moments les plus marquants du passé et du présent de cette ville comparativement à l’histoire de l’immigration. Le temps long et les temporalités particulières des migrations dans les années d’après guerre sont autant de repères à qui veut comprendre l’histoire de l’immigration à Châtellerault d’hier et d’aujourd’hui.
Cette communication espère réussir à peindre le tableau fidèle de la diversité dans cette « cité du bon accueil ».

 

La suite de l’article : Nermin Sivasli, Immigration à Châtellerault

L’exil des réfugiés hongrois dans la Vienne, Nermin Sivasli

Après l’entrée des troupes soviétiques en 1945, la Hongrie a été rapidement soumise à la dictature du parti communiste et de son secrétaire général Mathias Rakosi. Ce dernier est l’inventeur de la « tactique ou stratégie du salami’ » qui vise à éliminer successivement les autres partis et à liquider le pluralisme politique. En 1955, il réussit à écarter Imre Nagy, devenu président du Conseil en juillet 1953 avec l’appui de Khrouchtev. Mais sous la pression de Moscou, il est contraint de démissionner en juillet 1956. Le drame hongrois ne commence véritablement qu’à la fin du mois d’octobre. L’insurrection hongroise en vue de la libéralisation du régime est entamée. Sous la pression de la rue, le système de parti unique est aboli et Imre Nagy forme le nouveau gouvernement. Le 28, les Soviétiques acceptent un cessez-le-feu et commencent à retirer leurs troupes. En décidant de retirer la Hongrie du Pacte de Varsovie, Nagy dépasse cependant ce que Moscou peut tolérer. Du 4 au 12 novembre, les chars soviétiques liquident l’insurrection assimilée à une contre-révolution. Imre Nagy et ses proches collaborateurs sont exécutés pour haute trahison en 1958. Ajoutons que les événements de Hongrie révèlent l’impuissance de l’Organisation des nations unies (O.N.U.) et de l’Occident et réduisent à néant les espoirs de désatellisation en Europe de l’Est. Durant les années 1956-1958, Janos Kadar, premier secrétaire du parti communiste et chef du gouvernement amorce une politique plus libérale à l’intérieur et d’ouverture à l’extérieur.
« Soyez convaincus que la France en vous ouvrant son territoire, vous assure les mêmes garanties politiques et sociales qu’à ses propres citoyens. N’oubliez pas que notre patrie, qui est celle de la liberté saura respecter la vôtre. De cette liberté qui émane de nos traditions, de notre Constitution et de nos lois, vous jouirez pleinement ».

 

La suite de l’article : Nermin Sivasli, Réfugiés hongrois

Châtellerault et la guerre 1914-1918 vue par Charles et Eugène Arambourou, Pierre Bugnet, Muriel Pergant

Charles ARAMBOUROU (1858-1919) et son fils Eugène (1879-1952) ont photographié les événements de la vie quotidienne à Châtellerault durant plus d’un demi-siècle, des années 1880 à la fin de la deuxième guerre mondiale.
La Ville de Châtellerault possède 17064 plaques de verre, 238 négatifs celluloïd et 9 tirages de Charles et Eugène ARAMBOUROU : 1126 plaques ont été achetées aux enchères et le reste a été donné par Monsieur André CHÊNE, photographe professionnel.
A l’occasion du 90ème anniversaire de l’armistice de 1918 les Archives municipales de Châtellerault et le CCHA ont unis leurs efforts pour présenter une sélection de ces photographies relatant divers aspects de la première guerre mondiale tels que les Châtelleraudais les ont vécus. Cinquante clichés ont été retenus, dont certains inédits. Ils ont été numérisées par André CHÊNE et Geneviève MILLET a réalisé le montage en diaporama.
Il s’agit de photographies prises dans les rues, au sein de la population, et dans des lieux publics ou privés dont la destination a été modifiée par les nécessités du moment. Par contre les institutions militaires en sont absentes, notamment la Manufacture d’armes.
La présentation commentée de ces images était accompagnée de la lecture par Pascal BORDERIEUX de lettres d’un combattant, Raoul BOUCHET. Vingt-et-une de ces photographies sont reproduites dans les pages suivantes.

La suite de l’article : Pierre Bugnet, Muriel Pergant, Châtellerault et la guerre 1914-1918

Les carrières du Châtelleraudais, Geneviève Millet

Du XIe au XVIIIe siècle, on trouve trace en Poitou des « pierroyers » ou carriers, des « choliers », des tuiliers (teblers) et autres artisans du bâtiment. Dans le Châtelleraudais, depuis le XVIe siècle, on extrait des pierres de tuffeau de galeries souterraines. Les carrières d’Antoigné, « les seules qui fournissent des pierres à la ville » sont, en 1766, reliées à la cité par un chemin impraticable les deux tiers de l’année. Il devient urgent de le mettre en état. Les pierres sont des matériaux pondéreux, qui favorisent le creusement d’ornières.
En janvier 1751, deux jeunes gens et le maçon Pierre Trouvé sont écrasés dans une cave du banc de roche en tirant de la pierre. On peut penser que peu de mesures de sécurité existaient pour protéger les ouvriers. Le même document nous apprend que Mathurin Barais, maçon, décédé en 1770, faisait exploiter par des ouvriers à ses gages les carrières qu’il tenait en location des habitants. Cela porte à croire que les habitants étaient propriétaires du sous sol de leurs terres. Un acte notarié parle de François Mirbeau « perreyeur » à Antoigné qui en 1774 vend une parcelle de terre.
Le rapport sur les carrières de pierres à bâtir de la Vienne du 3 juin 1834 décrit pour le Châtelleraudais les carrières d’Antoigné, de la Durauderie et de la Richarderie, situées à 3 km au nord nord-est de la ville. Ces nombreuses carrières, dénommées aussi caves, sont souterraines, ouvertes dans des bancs de craie tuffeau. Lors de la visite du représentant des travaux publics, trois seulement sont en activité. Plusieurs sont exploitées à des intervalles éloignés. Remarquons que c’est la première fois que se met en place une surveillance de ce type de carrières.

La suite de l’article : Geneviève Millet, Les carrières du Châtelleraudais

 

La Poste de Châtellerault. Histoire et architecture, Céline Martel

La mise en œuvre d’une véritable architecture postale intervient, en France, à partir des années 1880. S’engage alors une série de mutations au sein des édifices postaux qui deviennent le reflet d’une politique, d’une administration, d’impératifs sociaux, de progrès techniques, etc.

Au plan politique et administratif…

Les services des Postes et des Télégraphes fusionnent en 1879 pour créer un ministère dissout puis rattaché au ministère du Commerce et de l’Industrie en 1887. S’en suivra une longue série de transferts ministériels. Si l’État acquiert les réseaux de la Société des Téléphones en 1889, ce n’est qu’en 1929 qu’est créé le ministère des Postes, Télégraphes et Téléphones. La Poste fait également siennes de nouvelles missions dans le domaine bancaire avec l’ouverture de la Caisse Nationale d’Épargne, en 1882, suivie, en 1917, par la création des Chèques Postaux.
L’appartenance au territoire national et au service public se manifeste en façade et  dans la salle des guichets par l’introduction, dans le décor, de symboles républicains (« République Française » ou « RF », coq gaulois, faisceaux de licteurs, etc.) associés à ceux des Postes, Télégraphes et Téléphones (inscriptions, monogramme « P.T.T. », tête et attributs de Mercure, fils du télégraphe, godets téléphoniques, etc.).

 

La suite de l’article : Céline Martel, La Poste de Châtellerault. Histoire et architecture

 

L’industrie châtelleraudaise et ses capacités d’innovation, Marie Ferru

L’approfondissement de la mondialisation et les changements qui l’accompagnent (accélération du changement technique, concurrence accrue, demande versatile, etc.) affectent les entreprises mais également les territoires sur lesquels elles sont inscrites. Certains acteurs redoutent en France un processus de désindustrialisation de l’économie provenant de délocalisations vers les pays en développement, initiées pour bénéficier du différentiel de coût du travail et entraînant une baisse des effectifs industriels. Certains territoires semblent concernés par ce mouvement et présentent a priori des problématiques de reconversion industrielle fortes, à l’instar de villes moyennes traditionnellement centrées sur le secondaire comme la vallée de l’Arve, le bassin de Nogent, Oyonnax ou le Choletais. Ces villes moyennes, dont la définition et les limites sont encore floues (cf. Andrieu, 2007), constituent un niveau intermédiaire essentiel, bien souvent occulté relativement aux grandes métropoles, considérées comme des territoires plus dynamiques et dont les enjeux semblent plus prégnants.
L’industrie du Châtelleraudais, territoire le plus industriel de la région Poitou-Charentes, a fait l’objet d’une attention particulière des décideurs locaux, suite aux décisions récentes de fermetures d’entreprises. Nous nous proposons ici d’établir une analyse économique approfondie de l’industrie châtelleraudaise en nous appuyant sur une monographie de l’industrie châtelleraudaise, dans une perspective dynamique. La construction historique des compétences de ce territoire nous permet de mieux comprendre son positionnement économique actuel et ses capacités d’innovation.
Nous reviendrons dans un premier temps sur la situation économique de Châtellerault avant de rendre compte de l’histoire industrielle de ce territoire. Plus précisément, grâce à un travail d’enquête auprès d’entreprises du territoire, nous proposerons une reconstruction de sa trajectoire cognitive, de ses reconversions sectorielles et de sa spécialisation actuelle. Nous mettrons ainsi en évidence l’existence d’un « système local de compétences » (Grossetti, Zuliani et Guillaume, 2006) autour des savoir-faire de la mécanique et soulignerons certains enjeux économiques du territoire châtelleraudais. Nous observons enfin, grâce à des données issues de questionnaires auprès des établissements locaux, que les établissements du Châtelleraudais innovent au moins autant que les autres territoires grâce à l’intégration d’innovations déjà existantes sur le marché et à l’établissement de collaborations inter-entreprises majoritairement non locales

La suite de l’article : Marie Ferru, L’industrie châtelleraudaise et ses capacités d’innovation