C.C.H.A

Centre Châtelleraudais d'Histoire et d'Archives

Association fondée en 1999, le C. C. H. A. a pour but de découvrir, protéger, exploiter et mettre en valeur l’histoire et le patrimoine du pays châtelleraudais par les recherches en archives et de témoignages.

Cent ans d’industrie en châtelleraudais Hors série n° 3 de la RHPC

vient de paraitre cent ans d’industrie

La coutellerie et la Manufacture d’armes ont fait la notoriété industrielle de l’arrondissement de Châtellerault  au XIX siècle. L’industrialisation du Châtelleraudais prend de l’ampleur au début du XXè siècle avec l’implantation de laiteries, de mégisseries de peaux d’oie, d’usines à chaux et la naissance d’entreprises prospères durant de nombreuses décennies (le fabricant de bicyclettes Sutter, la tôlerie Aurioux, Chaîne-Hélice, les Scieries châtelleraudaises…). Lafoy fabricant de liqueurs, la bonneterie Boilève, les conserveries de champignons se développent après la guerre 1914-1918 …

Après la Seconde Guerre Mondiale, la coutellerie, la broderie, les usines à chaux périclitent. Rocher à Cenon ferme, d’autres entreprises prennent le relais (Domine à Naintré, Fabris, Mescle, Gallus, Merceron, Radio-énergie, SCM, Rivet, Beaulu…). Le renouvellement du tissu industriel s’accentue dans les années soixante avec la reconversion de la manufacture d’armes et du camp militaire américain d’Ingrandes ; SFENA, SOCHATA, Hutchinson ouvrent des usines, d’autres entreprises décentralisées arrivent (Jaeger, AMS, Marchal…).

L’installation d’entreprises et la création d’industries mécaniques locales se poursuivent jusqu’aux années quatre-vingt-dix, notamment avec Renault à Ingrandes, Thales CLI à Châtellerault, Hollywood à Saint-Genest d’Ambière ; ce mouvement ralentit après les chocs pétroliers. Des entreprises locales percent au national et à l’international (Domine et Mégastar à Naintré, Lenoir avec SOM, SERI, ARI, le laboratoires dermatologique La Roche Posay, Lacto-labo à Dangé, Liot à Pleumartin, Mécafi…) à côté des usines de grands groupes d’équipementiers de l’automobile et de l’aéronautique. Au début des années deux mille, les difficultés s’accumulent avec la fermeture de la conserverie de champignons SOCOTRA, puis avec la crise de 2008 : deux fleurons de la ville, Fabris et Isoroy disparaissent.

Les expositions du CCHA

EXPOSITIONS

Le CCHA, association, créée en 1999, a pour buts de découvrir, protéger, exploiter et mettre en valeur l’histoire et le patrimoine du Pays châtelleraudais.

Si vous faites partie d’une municipalité, d’une association, d’un établissement scolaire, d’une entreprise…, vous pouvez, à l’occasion d’une manifestation, emprunter nos expositions (gratuitement – pour une durée de 1 jour à 1 mois).

– « Fêtes et Jeux dans le Châtelleraudais du XVIIIe siècle à 1960 »

26 panneaux 80/120 cm)

– « Histoire industrielle du Châtelleraudais du XVIIIe au XXe siècle »

 (13 panneaux 80/120 cm)

– « Les migrants de la Manu »

(4 panneaux 80/120 cm)

Une convention en précise les modalités.

Pour tous renseignements, n’hésitez pas à nous contacter

L’industrie châtelleraudaise et ses capacités d’innovation, Marie Ferru

L’approfondissement de la mondialisation et les changements qui l’accompagnent (accélération du changement technique, concurrence accrue, demande versatile, etc.) affectent les entreprises mais également les territoires sur lesquels elles sont inscrites. Certains acteurs redoutent en France un processus de désindustrialisation de l’économie provenant de délocalisations vers les pays en développement, initiées pour bénéficier du différentiel de coût du travail et entraînant une baisse des effectifs industriels. Certains territoires semblent concernés par ce mouvement et présentent a priori des problématiques de reconversion industrielle fortes, à l’instar de villes moyennes traditionnellement centrées sur le secondaire comme la vallée de l’Arve, le bassin de Nogent, Oyonnax ou le Choletais. Ces villes moyennes, dont la définition et les limites sont encore floues (cf. Andrieu, 2007), constituent un niveau intermédiaire essentiel, bien souvent occulté relativement aux grandes métropoles, considérées comme des territoires plus dynamiques et dont les enjeux semblent plus prégnants.
L’industrie du Châtelleraudais, territoire le plus industriel de la région Poitou-Charentes, a fait l’objet d’une attention particulière des décideurs locaux, suite aux décisions récentes de fermetures d’entreprises. Nous nous proposons ici d’établir une analyse économique approfondie de l’industrie châtelleraudaise en nous appuyant sur une monographie de l’industrie châtelleraudaise, dans une perspective dynamique. La construction historique des compétences de ce territoire nous permet de mieux comprendre son positionnement économique actuel et ses capacités d’innovation.
Nous reviendrons dans un premier temps sur la situation économique de Châtellerault avant de rendre compte de l’histoire industrielle de ce territoire. Plus précisément, grâce à un travail d’enquête auprès d’entreprises du territoire, nous proposerons une reconstruction de sa trajectoire cognitive, de ses reconversions sectorielles et de sa spécialisation actuelle. Nous mettrons ainsi en évidence l’existence d’un « système local de compétences » (Grossetti, Zuliani et Guillaume, 2006) autour des savoir-faire de la mécanique et soulignerons certains enjeux économiques du territoire châtelleraudais. Nous observons enfin, grâce à des données issues de questionnaires auprès des établissements locaux, que les établissements du Châtelleraudais innovent au moins autant que les autres territoires grâce à l’intégration d’innovations déjà existantes sur le marché et à l’établissement de collaborations inter-entreprises majoritairement non locales

La suite de l’article : Marie Ferru, L’industrie châtelleraudaise et ses capacités d’innovation

 

 

Ateliers de broderie, brodeuses depuis le XVIIe siècle jusqu’à la Seconde guerre mondiale, Geneviève Millet

L’art de la broderie est presque aussi ancien que celui du tissage, c’est le premier de tous les arts plastiques.
A Châtellerault, tout semble avoir commencé en février 1640 quand le duc d’Orléans fonde un établissement des Filles de Notre-Dame, ordre de Saint-Augustin, pour l’instruction des jeunes demoiselles1. Les Filles de Notre-Dame s’installent à l’hôtel du Chastelet, acheté à François Lucas, sieur de Vangueille (lui-même le tenant, depuis 1623, de René Allamant, sieur de Guépéan). Cinq religieuses, sortant d’un monastère de Lorraine complètement ruiné par les guerres, forment le noyau de cette maison : Alix de la Croix, supérieure ; Elizabeth d’Olstise Liégeois, Charlotte Gabrielle Bélière, Marie Archange Arnault, Marie-Catherine Huguet et Françoise d’Olmère. L’établissement devient vite florissant, on y compte trente religieuses s’occupant de quatre cents externes et de nombreuses pensionnaires. Les soeurs enseignent à leurs élèves, en plus des matières habituelles, la broderie. Les religieuses maîtrisent parfaitement cet art car, dans de nombreux couvents, la broderie et les dentelles font depuis toujours partie de la vie monastique et, en Lorraine, la broderie s’est développée depuis le XVe siècle.

1. Abbé Lalanne, Histoire de Chatelleraud et du Chatelleraudais, Châtellerault, 1859, t. II, p. 159 à 162.

La suite de l’article : Geneviève Millet, Ateliers de broderie, brodeuses depuis le XVIIe siècle jusqu’à la Seconde guerre mondiale