C.C.H.A

Centre Châtelleraudais d'Histoire et d'Archives

Association fondée en 1999, le C. C. H. A. a pour but de découvrir, protéger, exploiter et mettre en valeur l’histoire et le patrimoine du pays châtelleraudais par les recherches en archives et de témoignages.

Bref résumé du 95ème forum du CCHA

Le 95e forum du CCHA du samedi 28 octobre 2017 nous a conduit sur les traces d’une séquence de la Seconde Guerre mondiale, le Service du Travail Obligatoire (STO), et dans les pas d’un Châtelleraudais qui en fut la victime, Colbert Lebeau.

Une exposition très riche accompagnait la conférence : des documents originaux de la période 1943-1945 relatifs au STO, des lettres, des journaux, des panneaux d’affiches de propagande, une biographie de C. Lebeau… Un film sur les réquisitions pour le STO à la Manu en 1943 tissait le lien entre l’écrit et l’oral, le document et le témoignage.

 

Dans une première partie de la conférence, Marie-Claude Albert s’employa à replacer le STO dans son contexte. Elle évoqua la tentative du régime nazi d’attirer des travailleurs volontaires français en Allemagne avec la promesse d’un bon salaire et l’ opportunité pour les volontaires de réaliser un acte moral fort : permettre la libération des prisonniers détenus dans les camps depuis le printemps 1940. C’est la Relève. Mais celle-ci ne rencontra pas le succès escompté par les nazis. Dès lors, vint le temps de la réquisition par le Service du Travail Obligatoire, particulièrement active en 1943-1944. M.C. Albert expliqua comment, sous la pression du régime nazi, les autorités françaises furent amenées à promulguer les lois qui appelaient au recensement les hommes nés en 1920, 1921, 1922, afin de répondre aux exigences toujours croissantes du ministre Sauckel. Certains partirent, d’autres refusèrent et durent se cacher pour échapper aux recherches des autorités, voire rejoindre un maquis et entrer dans la lutte active : la conférencière donna des chiffres et des pourcentages de départs et de refus, notamment au regard des effectifs de la Manu des années 1943-1944. Pour faire la transition avec la seconde partie de la conférence, elle rappela la position de l’Église catholique et de ses évêques sur le STO, ainsi que celle de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne (JOC), organisation à laquelle adhéra très tôt C. Lebeau.

Anne-Marie Collin dressa alors une brève biographie de C. Lebeau : né en 1922, élève à l’école H. Denard, certificat d’étude en 1934, brevet en 1938, puis rapidement employé de banque. Mais aussi membre très actif de la JOC dont il devint responsable fédéral. Requis pour le STO en mars 1943, il choisit de répondre à l’appel de Monseigneur Suhard, archevêque de Paris qui invitait les prêtres catholiques devenus travailleurs civils et les membres actifs de la JOC à partir dans les usines allemandes pour encadrer les jeunes catholiques requis en Allemagne. Les lettres de C. Lebeau décrivent les conditions difficiles de sa vie près de Leipzig : le travail, la nourriture, mais on y lit aussi sa foi et son action soutenue envers ses coreligionnaires. Dès décembre 1943 les autorités allemandes menacent de punir son activité religieuse, accroissent la surveillance, contrôlent et limitent le courrier. Il est arrêté par la Gestapo et emprisonné le 13 septembre 1944 en attendant son jugement qui, en novembre, le condamne à la déportation en camp de concentration. Le témoignage d’un compagnon décrit les conditions de vie et de travail très pénibles et la volonté de C. Lebeau d’aider les autres jusqu’au dernier jour. Il meurt d’épuisement le 3 janvier 1945.

Sous la conduite du père J.P. Jamet, un dossier est constitué dans les années 1995-2000 sur la vie et l’action de C. Lebeau. En 2000 le pape Jean-Paul II publie une liste des Martyrs du XXe siècle ouvrant la voie à l’ouverture d’une procédure de béatification : C. Lebeau y figure. Après un long temps de silence, le dossier vient d’être très récemment relancé.

 

Le débat qui a suivi l’exposé a revêtu un intérêt et une intensité particuliers  par la présence de Jean Redon, lui-même requis par le STO en 1943, et de plusieurs descendants de requis châtelleraudais. Son témoignage sur les conditions de réquisition, le choix du départ ou du refus, les conditions de vie dans les usines allemandes, les difficultés à faire reconnaitre les requis du STO comme des victimes, furent des moments très forts en émotion et riches en enseignements.

 

Comme il est de coutume, un compte-rendu plus complet de cette conférence paraitra dans une prochaine édition de notre revue.

Le CCHA sur la Ligne verte, à Scorbé-Clairvaux, le 24 septembre 2017

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La gare de Scorbé nous attendait.

 

 

 

 

 

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Près des jeux en bois, notre stand a vu passer beaucoup de monde.

 

 

 

 

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Certains se sont arrêtés pour écouter la conférence sur l’arrivée du train à Châtellerault,

 

 

 

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pendant que Jacqueline présentait ses magnifiques aquarelles,

 

 

 

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d’autres ont écouté la conférence sur la gare de Châteauneuf,

 

 

 

 

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et Jean-Noël nous a parlé du maraichage dans la vallée de l’Envigne.

La sortie patrimoniale du 17 juin

Sur les routes du canton de Dangé – Saint-Romain

Samedi 17 juin, les téméraires ancêtres de la route emmenaient un groupe imposant de participants découvrir l’église de Oyré, le site troglodytique de Saint-Rémy, les anciens fours à chaux des Bellais, les châteaux de la Roche-Amenon et Piolant.

Une journée riche en rencontres et en découvertes…

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L’église Saint-Sulpice de Oyré

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De bon matin, à Oyré

 

 

 

 

                                                                         Le site de Saint-Rémy

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                                                                La Roche-Amenon

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                                                                     Les vestiges des anciens fours à chaux

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Piolant

94ème forum à Monthoiron

C’est dans la salle des fêtes que Claudine Pauly, accompagnée de ses amis monthoironnais qui ont préparé les lieux, nous accueille pour ce 94e forum du CCHA ayant pour thème : Monthoiron entre 1910 et 1926.

Avec l’accord et l’aide d’élus, Claudine a préparé une riche exposition constituée de documents extraits des archives municipales.

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IMG_5355A partir de leur dépouillement, elle expose les grands traits de l’histoire du village à cette époque.

La place de l’église est un lieu de vie intense : commerçants, artisans, se partagent les locaux de l’ancien prieuré. Le lavoir est un lieu de rencontre. La rue principale accueille l’agence postale et l’office notarial. Â proximité se trouvent l’école et la mairie.

En 1910, Monthoiron est un village de 487 habitants, soit 154 ménages et 182 maisons. Une trentaine d’entre elles sont inhabitées car l’exode rural touche déjà la commune (en 1836, le village comptait 811 habitants).

Sur les 213 actifs (176 hommes, 37 femmes), 142 travaillent dans l’agriculture, une dizaine dans le commerce ; s’ajoutent des couturières et une douzaine d’employées de maison. Les 4 châteaux et belles demeures sont aussi des employeurs : au Bas-Bourg, le propriétaire non résident Raoul Treuille a un fermier ; à Brassioux, le vicomte Henri de Grimoüard a une dizaine d’employés ; à Beauvais, le propriétaire a un fermier ; aux Saints, la propriétaire non résidente, Madame Veuve Dufaulin a un fermier. Sans oublier, comme dans chaque commune, les instituteurs (ici deux), et le curé.

Les principales productions agricoles sont le blé, l’avoine, l’orge, les choux, les betteraves fourragères, les topinambours, les pommes et poires à cidre, les prunes, les noix. Les prairies, prés, herbages et pâturages permettent de récolter de la luzerne et du foin, verts ou secs pour nourrir les animaux, le vin provient du coteau de la « Vigne gelée ».

Sur le plan politique, une grande stabilité : la commune est administrée par M. Henri de Grimoüard, maire de 1908 à 1925, et dix conseillers municipaux. Outre les budgets, les sujets les plus débattus sont le curage de l’Ozon, la construction et l’entretien des chemins vicinaux, l’assistance aux plus démunis. Le travail est préparé par une demi-douzaine de commissions municipales dont celle du bureau d’assistance qui aura un énorme travail pendant et après la guerre. Le téléphone est installé à la mairie en 1907.

Ici comme ailleurs, la guerre débute avec la mobilisation : plus d’une centaine d’hommes mobilisés partent dès août 1914 ; il y a des exemptés. Le maire est sur la brèche durant tout le conflit, occupé à répondre aux nombreuses requêtes de l’administration et parmi elles, celles sur les ressources agricoles de la commune. Il gère les dossiers de demande d’allocation militaire avec son interlocuteur au canton, M. de Campagne, et les aides aux veuves. Il effectue un recensement des logements pouvant accueillir la troupe. Un hôpital temporaire pour les blessés est ouvert dans un château, probablement Brassioux. La commune connaît les réquisitions, le rationnement se met en place. La pénurie se développe au début de la guerre et particulièrement à partir de 1917 ; elle dure jusqu’en 1919.

Et puis vient le temps du retour des soldats du front, du recueillement et de la mémoire. Un monument aux morts est érigé en 1921 : y figurent 26 hommes morts à la guerre, un soldat a été oublié. Les veuves de guerre bénéficient d’une aide.

La vie reprend. Un nouveau maire, Thircis Rahire, est élu en 1925. Il lance Monthoiron dans de nouveaux développements, s’intéresse au patrimoine local, à l’école. Il crée le corps des pompiers.

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Claudine Pauly nous a invité à partager une tranche précise et concrète de la vie d’une commune du Châtelleraudais en usant d’une particularité riche de promesses : utiliser exclusivement les archives communales, après les avoir classées, ce dont tient à la remercier le premier adjoint au maire, présent dans la salle. Alors, demain, un autre épisode de l’histoire monthoironnaise, ou l’histoire d’une autre commune à travers ses propres ressources documentaires ?

 

 

 

Vient de paraitre : L’industrie châtelleraudaise.

L’industrie châtelleraudaise  Cent ans d’histoire

Le hors-série n°3 de la Revue d’Histoire du Pays Châtelleraudais (166 pages avec de nombreuses illustrations noir et blanc et couleurs – format A5), paraît en ce mois de mai 2017

Prix d’un exemplaire : 15 € auquel on ajoutera 4,50 € pour les frais postaux.

 

Une séance de dédicace aura lieu le lundi 15 mai de 14 h à 16 h, dans la salle culturelle du Centre d’Archives du Pays Châtelleraudais, 48 rue A. et J. Lambert à Châtellerault.

Ce hors-série présente les temps forts d’un siècle d’histoire industrielle dans l’ancien arrondissement de Châtellerault.

L’industrialisation du Châtelleraudais prend de l’ampleur au début du XXè siècle avec l’implantation de laiteries, de mégisseries de peaux d’oie, d’usines à chaux et la naissance d’entreprises prospères durant de nombreuses décennies (le fabricant de bicyclettes Sutter, la tôlerie Aurioux, Chaîne-Hélice, les Scieries châtelleraudaises…). Lafoy fabricant de liqueurs, la bonneterie Boilève, les conserveries de champignons se développent après la guerre 1914-1918 …

Après la Seconde Guerre Mondiale, la coutellerie, la broderie, les usines à chaux périclitent. Rocher à Cenon ferme, d’autres entreprises prennent le relais (Domine à Naintré, Fabris, Mescle, Gallus, Merceron, Radio-énergie, SCM, Rivet, Beaulu…). Le renouvellement du tissu industriel s’accentue dans les années soixante avec la reconversion de la manufacture d’armes et du camp militaire américain d’Ingrandes ; SFENA, SOCHATA, Hutchinson ouvrent des usines, d’autres entreprises décentralisées arrivent (Jaeger, AMS, Marchal…).

L’installation d’entreprises et la création d’industries mécaniques locales se poursuivent jusqu’aux années quatre-vingt-dix, notamment avec Renault à Ingrandes, Thales CLI à Châtellerault, Hollywood à Saint-Genest d’Ambière ; ce mouvement ralentit après les chocs pétroliers. Des entreprises locales percent au national et à l’international (Domine et Mégastar à Naintré, Lenoir avec SOM, SERI, ARI, les laboratoires dermatologiques La Roche Posay, Lacto-labo à Dangé, Liot à Pleumartin, Mécafi…) à côté des usines de grands groupes d’équipementiers de l’automobile et de l’aéronautique. Au début des années deux mille, les difficultés s’accumulent avec la fermeture de la conserverie de champignons SOCOTRA, puis avec la crise de 2008 : deux fleurons de la ville, Fabris et Isoroy disparaissent.

BULLETIN DE COMMANDE à retourner, accompagné d’un chèque, au

CCHA  48 rue Arsène et Jean Lambert 86100 Châtellerault

 

NOM…………………                Prénom………….

Organisme (le cas échéant) ……………………………………………………………………………………Adresse……………………………………………………………………………Code postal…………….Commune………………………………

Courriel………………………………………Tél…………………………

Date………………………………………………….

 

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Cartes et plans du Châtelleraudais

Cartes sur table ! Cartes aux murs, ou plus exactement sur des grilles Beaubourg, pour le 93e forum du CCHA, le samedi 18 mars 2017.

Plusieurs dizaines de cartes du Châtelleraudais et de plans de Châtellerault, connus ou inédits, étaient exposés, salle Camille Pagé, provenant des fonds d’archives de la manufacture d’armes, des archives municipales de la ville,  du CCHA et de la collection personnelle de Nicolas Jacob, directeur du Centre des Archives de l’Armement et du Personnel Civil de Châtellerault, conférencier à ce forum consacré aux « cartes et plans du Châtelleraudais du XVIIIe au XXe siècle ».

Nicolas Jacob choisit  l’ordre chronologique pour son exposé. Il l’introduit avec la première « carte géographique des postes qui traversent la France », établie en 1632, par Melchior Tavernier et présente ensuite les trois grandes phases de la cartographie française.

 

Quand, au XVIIIe siècle, les rois décident de faire réaliser la première carte générale du territoire, ils en chargent la famille d’astronomes Cassini. Cette carte est dressée à l’échelle d’une ligne pour cent toises, c’est-à-dire une échelle de 1/86 400. Un centimètre correspond à environ 864 mètres sur le terrain. C’est le début de la  triangulation géodésique : les points de repère correspondent aux sommets des quelque mille triangles qui forment le géodésique de la carte de Cassini. Les travaux des Cassini prendront plus de 50 ans.

Napoléon Ier décide l’établissement d’une carte destinée à la remplacer mais c’est la Restauration qui lance les travaux. Plusieurs échelles sont essayées. Il en résulte des cartes à usage militaire,  les cartes d’état-major à l’échelle du 1/80 000. Elles sont établies par le Dépôt de la Guerre, ancêtre du Service géographique de l’armée, remplacé plus tard par l’Institut Géographique National (IGN).

Ces cartes au 1/80 000 se présentaient le plus souvent sous forme d’une mosaïque de carrés de papier collés sur une toile, protégées par une couverture cartonnée et entoilée, pour répondre aux contraintes de terrain des militaires et gendarmes.

Lors de la Première Guerre mondiale (1914-1918), pour pallier aux difficultés de lecture de ces cartes, l’état-major choisit l’échelle au 1/50 000, avec un quadrillage kilométrique plus pratique sur le terrain.

C’est sur leur base que sont créées, après la Seconde Guerre mondiale, les cartes IGN (aujourd’hui Institut National de l’Information Géographique et Forestière)  au 1/25 000, appelées aujourd’hui cartes de randonnée où notamment, les hachures sont remplacées par des courbes de niveau.

Compte-rendu de Jean-Noël Lattwein