C.C.H.A

Centre Châtelleraudais d'Histoire et d'Archives

Association fondée en 1999, le C. C. H. A. a pour but de découvrir, protéger, exploiter et mettre en valeur l’histoire et le patrimoine du pays châtelleraudais par les recherches en archives et de témoignages.

Une saga en Châtelleraudais : les Dufaulin-Hérault

La conférence-rencontre coorganisée et présentée par le service Pays d’Art et d’Histoire de la CAGC et le CCHA, le samedi 29 septembre 2018, au théâtre Blossac, est l’aboutissement d’un travail de recherches documentaires et généalogiques de près de deux ans.

Le point de départ est un fonds photographique exposé à Monthoiron à l’occasion de la manifestation Un village, des patrimoines. Comment identifier les lieux et les personnages ?

Grâce à un travail patient et persévérant de Claudine Pauly, des réponses apparaissent : il s’agit de la propriété des Sains, à Monthoiron, appartenant à la famille Dufaulin, dont elle a retrouvé des descendantes. Celles-ci, Dominique Hurel et Marie-France Vandier, retracent d’abord les origines protestantes de cette famille depuis le XVIIe siècle et déroulent le fil généalogique. Les personnages centraux de cette saga s’avèrent être Amédée et Amélie Dufaulin, mariés en 1848, et leurs deux filles Amélie et Lucy, respectivement arrière-grands-mères de M.-F. Vandier et D. Hurel. L’accent est mis sur Amédée, gérant de l’un des premiers grands magasins parisiens, Les Trois Quartiers, sur Lucy, au caractère bien affirmé qui chasse, peint, sculpte et épouse le peintre Charles Gautier, sur Maurice Languereau, un autre membre de la famille, créateur de La Semaine de Suzette, magazine qui voit naitre, d’abord modestement, un personnage promis à un grand succès : Bécassine. La fille ainée du couple, Amélie, épouse en 1872 un personnage qui n’en est encore qu’au début d’un parcours politique riche et long puisque s’étendant sur plus de 40 ans : Alfred Hérault, député, conseiller général, président du Conseil général de la Vienne, Premier président de la Cour des Comptes.

En conclusion de la conférence, le public a été convié, salle de la Redoute, à retrouver, sur plus de 40 photographies, les personnages évoqués ainsi que des scènes de la vie quotidienne aux Sains.

  1. Hurel a dédicacé deux de ses ouvrages : Le défi d’Augustine et La Baronne, tandis que M.-F. Vandier a présenté les Souvenirs d’Alfred Hérault.

Le CCHA à Coussay-les Bois

Invité par l’association Les Amis de l’église Saint-Martin et de la vie Historique et Culturelle du Pays de Coussay-les-Bois, le CCHA a présenté, le samedi 27 octobre 2018, des extraits du DVD Le Châtelleraudais à l’épreuve de la Grande Guerre.

Pour accompagner une exposition prêtée par l’Office national des Anciens combattants et traitant de l’entre-deux-guerres, l’accent a été porté sur les civils durant le conflit, et notamment les femmes, les œuvres de guerre, la victoire et l’immédiat après-guerre, le poids du deuil, les mutilés, les monuments et mémoriaux, la mémoire cent ans après.

La conférence s’est terminée par un échange avec le public.

 

 

 

 

 

 

Compte- rendu du forum du 26 mai

Résidant dans un autre département et une autre région, c’est en voisin que monsieur Romain Taillefait, responsable de la Maison du Souvenir de Maillé, est venu le samedi 26 mai nous remémorer une page douloureuse de notre histoire : 25 août 1944, Maillé. Histoire et mémoire d’un massacre oublié.

Il nous a tout d’abord proposé un film d’1/2 heure composé de témoignages de survivants recueillis en 1984 : l’arrivée des allemands dans le village, les exactions et le massacre systématique (124 victimes), la volonté d’écraser le village par une destruction au canon. Le film évoque aussi le procès en 1952 mais largement passé sous silence, la reconstruction rapide du village grâce à l’aide financière d’un couple d’Américains, la mémoire vive ou obturée des survivants durant toutes les années d’après-guerre.

A l’issue de ce film très émouvant car fondé sur l’humain, le conférencier replace l’événement dans le contexte national : débarquées le 6 juin en Normandie, les troupes alliées descendent vers la Loire tandis que d’autres gagnent Paris qu’elles libèrent ce même 25 août. Puis, à l’aide de cartes aériennes du village et de ses environs,  il expose les caractères et le déroulement chronologique de l’événement : la présence, à proximité, du camp de Nouâtre dont les troupes allemandes ont fait une base de ravitaillement – les sabotages en août 1944 sur la ligne de chemin de fer traversant la commune – une fusillade improvisée contre deux voitures allemandes dans la soirée du 24 août – la venue de troupes allemandes en provenance de Châtellerault très tôt le matin du 25 et qui doivent se cacher dans un bois pour échapper au mitraillage de l’aviation alliée sur un convoi ferré – l’entrée de la colonne allemande vers 9 h 30 par le sud du village – le massacre systématique, y compris dans les fermes isolées jusqu’à midi, avant le retour à Châtellerault – le bouclage des lieux par un cordon de troupes – le pilonnage par l’artillerie allemande de la partie nord du village.

Monsieur Taillefait a ensuite choisi de donner la parole aux membres du public. Un témoignage émouvant est apporté par un auditeur de la conférence, âgé de 10 ans en août 1944 et présent à moins de deux kilomètres de Maillé. Les questions principales portent sur les auteurs du massacre, leur provenance, leur motivation, les manifestations et les raisons de l’« oubli » auquel le village a dû faire face durant des décennies, le rôle de la Maison du Souvenir. Le conférencier y répond point par point en s’appuyant sur des documents sélectionnés. Il s’agit d’éléments de la 17e Panzer Grenadier Division SS Götz von Berlichingen, stationnés à Châtellerault, présence tragiquement confirmée par l’exécution le même jour de cinq personnes près du lycée Berthelot par d’autres membres de cette division. La volonté est de frapper pour terroriser, faire pression. D’autres villages frôlent le massacre : Bonnes, Bonneuil-Matours. A partir de juin 1944, la France est considérée comme terre hostile, l’Allemagne pense qu’elle peut encore gagner la guerre mais qu’il faut imposer la terreur comme à Ascq, Tulle et Oradour. Alors que ce dernier a été pris en charge sur le plan mémoriel dès 1946 pour en faire un symbole, un exemple, rien de tel pour Maillé, et la mémoire est enfouie dans les terrassements de la reconstruction pour 50 ans.

Depuis 1994, les archives départementales, des historiens Français, Anglais, Allemands travaillent sur la question ; un comité d’habitants s’est mis en place débouchant sur la création de la Maison du Souvenir. Au-delà de la relation des faits et de l’expression des témoignages, sans rien occulter de la violence, elle s’emploie à œuvrer au rapprochement des jeunesses françaises et allemandes dans une Europe en paix.

 

Le DVD sur la Grande Guerre dans le Châtelleraudais

 

 

 

Plus de 2 000 documents privés et officiels collectés par le Centre Châtelleraudais d’Histoire et d’Archives ont été numérisés et organisés sous la forme d’un DVD labellisé par la Mission du centenaire de la Première Guerre mondiale avec le concours de techniciens professionnels : l’atelier de graphisme de Nina Garde, celui de montage Bernardovideo et le studio d’enregistrement du ‘’4’’  (Grand-Châtellerault).

Illustrant les années 1910 à 1930 dans l’ensemble des communes de l’arrondissement de Châtellerault, cette réalisation est sonorisée, émaillée de lectures d’une centaine de lettres et récits de Poilus. Parmi les voix, celles de dix lycéens et de deux témoins enregistrés vers 1980. Ce travail collaboratif a également impliqué une trentaine de musiciens et choristes bénévoles qui interprètent des airs d’époque.

Exceptionnel et authentique, ce DVD s’adresse à tous, des plus âgés aux plus jeunes qui pourront partager la mémoire de ce premier conflit mondial encore infiniment proche.

 

 

 

 

 

PAL-couleur, format 16/9

Définition : 720 x 576

Compatible MAC § PC

Double DVD : 2 x 120 mn

Livret de 24 pages

Prix public : 28 €

Définition : 1920 x 1080

Prix public : 33 €

Page 2,   comment choisir ?

À retirer auprès du CCHA lors des journées du Patrimoine, les  15-16 septembre 2018,

aux Archives municipales et communautaires, 48 rue A. et J. Lambert, Châtellerault.

 Informations sur le site http : //ccha.fr, par tél : 05 49 21 93 07, par mail ccha.chatellerault@gmail.com

sur la page Facebook (taper Centre châtelleraudais d’histoire et archives)

 

 

 

Merci d’adresser ce BON DE COMMANDE complété avant le 1er juin 2018 à :

CCHA, 48 rue A. et J. Lambert, 86100 Châtellerault

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Votre commande, à régler par chèque à l’ordre du CCHA*

FORMAT QUANTITÉ PRIX TOTAL
DVD-Vidéo PAL
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Envoi avec frais de port 3.80 €
Viendra chercher le DVD (sans frais de port)
TOTAL à régler   ………………………………………………………………………………………

                                                      

 

*Les chèques ne seront débités qu’après la sortie du DVD en septembre 2018.

DVD ou Blu-ray, comment choisir ?

 

 

Afin de vous permettre de lire ce contenu dans les meilleures conditions, nous vous le proposons sur deux formats de disques différents :

  • Le format DVD Vidéo, communément appelé « DVD »,

 

C’est le format classique, un peu ancien (1998), qui permet une qualité de restitution des images moyenne. La qualité d’image correspond aux appellations : PAL ou SD (720X576).

  • Pour lire le DVD, votre lecteur de salon ou votre ordinateur doivent être compatibles avec cette génération de disques.

Il faut vérifier la présence du logo ci-contre, figurant généralement sur le tiroir de chargement des disques, ou se reporter au livret des caractéristiques techniques de votre équipement.

  • Le format Blu-ray Disc, communément appelé « Blu-ray»,

 

C’est un format plus récent (2006) qui permet une qualité de restitution des images supérieure à celle du format DVD. La qualité d’image correspond à l’appellation : Full HD (1920X1080).

  • Pour lire le Blu-ray Disc, votre lecteur de salon doit être compatible avec cette génération de disques.

Il faut vérifier la présence du logo ci-contre, figurant généralement sur le tiroir de chargement des disques, ou se reporter au livret des caractéristiques techniques de votre équipement.

  • Pour lire le Blu-ray Disc, sur votre ordinateur, PC ou Mac, il doit posséder au minimum un lecteur Blu-ray Disc en lecture, repérable par le logo ci-dessus, ou se reporter au livret des caractéristiques techniques de votre équipement.

De plus, vous devez disposer sur ce même ordinateur d’un logiciel de lecture de média haute définition. Il est peut-être déjà présent. Sinon, il existe une large gamme de solutions téléchargeables sur le WEB, gratuites ou payantes.

La différence de qualité d’image restituée par les deux formats de disques proposés sera d’autant plus marquée sur les écrans de grande taille, longueur de diagonale supérieure à un mètre. On peut se faire une idée de cette différence en comparant, pour un écran de téléviseur donné, la qualité d’image des chaines, LCI (équivalent DVD) et France 2 (équivalent Blu-ray), de la TNT (Télévision Numérique Terrestre).

 

 

La dame d’Availles : compte-rendu de conférence

98e forum du CCHA consacré à la vie et l’œuvre de

Cora Robinet – Millet,

présentée par Gloria Godard

Cora Robinet nait à Paris en 1798 dans une famille bourgeoise, d’un père bourguignon et d’une mère nantaise. Rien ne la dispose alors à la carrière éclectique qu’elle allait suivre. La mort prématurée de sa mère alors qu’elle avait douze ans, a probablement contribué à forger son caractère. Attitude singulière pour une femme au XIXe siècle, elle choisit son époux, François Millet, qui est le frère de sa mère. Cette situation familiale particulière nécessite cependant une dispense obtenue du roi Louis XVIII. Son mari étant nommé sous intendant militaire à Châtellerault, le couple s’installe au domaine de la Cataudière, commune d’Availles-en-Châtellerault où, profitant de l’éloignement du mari pour raisons professionnelles, elle dirige le domaine et y installe une ferme. Quatre enfants naissent de cette union et ils profitent de l’esprit visionnaire de leur mère qui les élève de manière égalitaire, nous sommes alors dans les années 1830.

L’agronome

À partir de 1838, la sériciculture, l’art « d’éduquer » les vers à soie, va occuper une partie significative de sa vie en pays Châtelleraudais. Il s’agit d’installer une magnanerie et de développer cette activité originale au domaine. Cet élevage, partant de la couvaison d’œufs de papillons bombyx, passant par le nourrissage des larves et finissant par la récolte du fil enveloppant leurs cocons, le fil de soie, est complexe et peu diffusé en France. La méticulosité d’une femme et d’une mère est adaptée à cette activité permettant d’obtenir des résultats, progressifs et probants. L’alimentation de cet élevage avec des feuilles de murier blanc, nécessite la plantation de ces arbres en quantité adéquate sur les terres du domaine, soit deux hectares. Esprit innovant, elle s’essaie à la génétique des lépidoptères avec des résultats contrastés. La tentative de coloration des œufs pour obtenir du fil de soie coloré n’aboutit pas. Elle obtient par croisement une nouvelle race de papillon baptisée Cora.

Militante féministe avant l’heure, elle profite de la présentation de cette activité pour inciter les femmes à se mêler d’agriculture, premier pas vers l’émancipation.

En 1850 la Cataudière est vendue et la famille Millet se déplace en Touraine.

Chroniqueuse, femme de lettres et encyclopédiste

Son activité d’écriture est éclectique : conseils aux jeunes filles pour choisir un mari, puériculture, publication de manuels scolaires d’agriculture destinés aux filles.

Son œuvre majeure en 1845, La Maison Rustique des Dames est une véritable encyclopédie de la vie rurale au XIXe siècle : organisation des jardins potagers et fruitiers, choix de variétés, recettes et menus de repas pour chaque jour de l’année. Cet ouvrage sera l’objet de 20 éditions successives et sera traduit en trois langues.

En 1868 elle publie La Maison Rustique des Enfants. C’est un manuel d’éducation qui apprend les bonheurs simples de la vie rurale. Elle est adepte avec réserves de Jean-Jacques Rousseau car : « Ce n’est qu’un homme… »

Cora Robinet -Millet est admise en tant que première femme à la très masculine Société d’Agriculture. C’est aussi la première Française titulaire du grade de Chevalier du Mérite Agricole, le célèbre « poireau », en reconnaissance de son influence sur la profession.