C.C.H.A

Centre Châtelleraudais d'Histoire et d'Archives

Association fondée en 1999, le C. C. H. A. a pour but de découvrir, protéger, exploiter et mettre en valeur l’histoire et le patrimoine du pays châtelleraudais par les recherches en archives et de témoignages.

compte rendu du 89ème forum du CCHA

Le CCHA présentait, à l’occasion de son 89ème forum tenu à Scorbé-Clairvaux, trois travaux du groupe de recherche sur la guerre 1914-1918 : les femmes à Châtellerault, le vote de la loi des 3 ans et le portrait de la commune qui nous accueillait, au début du siècle.

Bernard Fy nous a ainsi présenté les caractéristiques de Scorbé-Clairvaux, commune rurale de la vallée de l’Envigne, comprenant, en 1911, 1451 habitants, qu’il a qualifiée de « plus prospère du canton de Lencloître », indiquant que « pratiquement tous les ménages disposaient d’une maison ».

A partir de plusieurs sources dont les archives municipales, il a illustré cette prospérité par les deux ressources principales de la commune :

La foire agricole : 30 % des recettes inscrites au budget communal provenant des droits de placement perçus,

L’agriculture avec plus des deux tiers des actifs agricoles propriétaires, la diversité des productions tant animales que végétales dont les cultures maraichères.

Les principales dépenses portaient sur la voierie.

Les autres acteurs de la vie économique ont aussi été présentés et parmi eux, 17 artisans, des cantonniers, des  employés du chemin de fer…

Des images inédites ont illustré la vie au bourg : la chapelle Sainte Néomaye, les écoles, les fêtes (vignerons à la Saint-Vincent, laboureurs à la Sainte-Blaise…), en présence d’une fanfare de 30 musiciens…

Desservi par le chemin de fer, animé par sa foire agricole et se préparant à l’électrification, le bourg était largement  ouvert à la modernité.

 

La foire les anguillettes pour le site du CCHA

 

Françoise Metzger nous a décrit la vie des femmes à Châtellerault en 1911. Elle a rappelé l’évolution de leur statut social et de leurs loisirs (fête de charité de 1911). A la lumière du recensement de la population, elle a brossé le portrait des travailleuses : domestiques, couturières, lingères, brodeuses, mais aussi commerçantes, employées de grand magasin, des administrations de la rive droite, enseignantes ou professionnelles de santé….

 

Corset Illustration 2 juillet 1911

 

Alain Houisse a présenté le contexte politique dans lequel a été votée la loi des 3 ans en 1913. Il a relevé et analysé, au travers de la presse du département de la Vienne, les positions du personnel politique sur l’allongement du service militaire de 2 à 3 ans.

Les contributions de F. Metzger et A. Houisse sont disponibles dans la RHPC n°31 qui vient de paraître.

 

Jean-Noël Lattwein

Le 89ème forum du CCHA

89e forum

de l’Histoire châtelleraudaise

 

      Samedi 21 mai 2016, 16 h          Scorbé-Clairvaux

    Espace du Champ de Foire (salle principale)            

 

 

PRÉSENTATION DE  TRAVAUX DU GROUPE DE RECHERCHE

 

Scorbé-Clairvaux au début du XXe siècle

Bernard Fy

 

Les Châtelleraudaises en 1911

Françoise Metzger

 

1913-1914 : de la loi des 3 ans aux élections législatives

Alain Houisse

 

 

DÉBAT

PRÉSENTATION DES PUBLICATIONS DU CCHA

 

                                            Entrée libre et gratuite

avec le soutien de  la Ville de Châtellerault et de la CAPC

Compte rendu du 88ème forum du CCHA

A propos du forum du 19 mars 2016

Pour sa deuxième conférence de l’année, le CCHA a fait appel à un de ses anciens membres, Pierrick Hervé, actuellement professeur en classes préparatoires au lycée Guist’hau de Nantes. Auteur d’une thèse sur Le deuil, la patrie, et la construction de la mémoire de la Grande Guerre, en particulier à travers l’étude des monuments aux morts de la Vienne (1998), il a orienté son propos dans une perspective nécessairement plus limitée en répondant à cette question : pourquoi la bataille de Verdun – qui ne fut pas la plus meurtrière – occupe-t-elle une telle place dans la mémoire collective ?

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Bien qu’ils soient l’objet de nombreuses rétrospectives en cette année du centenaire, les événements de 1916 méritaient d’être rappelés dans un premier temps, d’autant qu’ils font prendre à la guerre une tournure inédite. On peut parler alors de « batailles totales » dans lesquelles l’objectif affiché est de faire perdre à l’ennemi le plus grand nombre d’hommes. La volonté de Falkenhayn de « saigner » la France entre dans une stratégie globale, dont le but dernier est de réduire la puissance de la Grande Bretagne. De son côté, la France a attribué à Verdun une sorte de valeur symbolique ; aurait-elle perdu définitivement cette bataille que le cours de la guerre n’en aurait peut-être pas été changé. Mais, entre autres sous la pression du colonel Driant, on a fait de la défense de Verdun un enjeu prioritaire. La stratégie allemande et l’obstination de la défense française expliquent donc ce que fut cet enfer, où l’on a pu comptabiliser 3500 morts au km²…

De février à juillet, l’offensive allemande gagne du terrain, puis la donne s’inverse ; la bataille est « terminée » le 15 décembre, après la reprise des forts de Douaumont et de Vaux. Victoire française, mais à quel prix ? La formule « celui qui n’a pas fait Verdun n’a pas fait la guerre » donne à cette bataille un statut particulier, qui s’explique quantitativement par le nombre élevé de pertes humaines, mais aussi par ce que les soldats ont vécu pendant ces dix mois. Verdun est devenu la bataille du citoyen français dans la mesure où, « grâce au » système de « roulante » mis en place par Pétain, les deux tiers des divisions françaises y ont participé.
Le conférencier s’est attaché à décrire ce qui attendait le soldat désigné pour « monter » à Verdun, cheminement vers l’horreur dont l’organisation même pouvait lui donner le sentiment d’être conduit à l’abattoir. Certes animé par un « patriotisme terrien et défensiste », selon les termes des auteurs de Verdun 1916, Antoine Prost et Gerd Krumeich, il se retrouve exposé à un déluge de feu et à des conditions de vie totalement déshumanisantes. Pour ceux qui ont eu l’heur de survivre, s’est forgée une forme particulière de camaraderie qui a beaucoup fait pour la sacralisation de Verdun dans la mémoire collective, plaçant Verdun au sommet d’une sorte de hiérarchie militaire, puis faisant de Verdun une métonymie de toute la Grande Guerre.

Dans un dernier temps Pierrick Hervé a donc évoqué cette construction de la mémoire, une mémoire nationale et combattante, manifestée à travers des monuments (les bornes de la Voie Sacrée, le mémorial de la dite « tranchée des baïonnettes »), la médaille de la ville de Verdun, de nombreux gestes symboliques. C’est à la citadelle de Verdun que s’est faite la désignation du « soldat inconnu », en novembre 1920, par exemple. L’ossuaire de Douaumont, édifié à l’initiative de Mgr Ginisty, occupe une place importante dans la série des commémorations, 1936, 1966, 1984 (François Mitterrand et Helmut Kohl se tenant la main). Les politiques se sont emparés de cette mémoire, dont on peut se demander ce qu’elle deviendra, une fois passée l’effervescence du centenaire.
Pour information : Pierrick Hervé collabore à une plateforme numérique qui est une mine de renseignements pour qui s’intéresse à cette période de l’histoire, considérée sous l’angle du vécu des contemporains : il s’agit des documents de la famille Résal, environ 3500 lettres échangées, et une centaine de photographies, extraordinaire corpus à consulter à l’adresse plateforme1418.com.
Selon les habitudes, la conférence était accompagnée d’une exposition, rassemblant quelques objets évocateurs de l’année 1916, mais présentant principalement les unes de journaux de l’époque, classées chronologiquement. Gravures tragiques, caricatures féroces des chefs de la Triple Alliance, et dès la fin d’octobre, annonce de la défaite de Falkenhayn, puis de la reprise de Douaumont. On fera un sort particulier à La Lanterne, se préoccupant déjà de repeupler la France avec un article intitulé « Faisons beaucoup d’enfants » ; ou au « journal périodique de la vie du front », Le rire aux éclats, proclamant : « nos manuscrits sont français, ils ne se rendent pas. »

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Un double diaporama a permis d’admirer des cartes postales envoyées aux familles en 1916 : pour les unes, des productions en série de l’Inter Art Company, de Londres, cartes humoristiques destinées à une petite fille et libellées en français et en anglais ; pour les autres, dessins originaux réalisés par Jean Desailly, prisonnier à Würburg, qui contournait l’interdiction d’écrire un message au dos de la carte en dessinant au recto des images de ses activités, comme les moissons.
C’est ce genre de documents que le CCHA continue de collecter, pour entretenir non pas tant le devoir de mémoire que le devoir d’histoire.
Compte-rendu de Marie-Hélène Martin-Lambert
Photos de Bernard Fy

86ème forum du CCHA

Mémoires d’un élu local communiste aux responsabilités nationales et internationales.

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C’est le samedi 21 novembre 2015, sous un ciel automnal que la salle Camille Pagé a abrité une assistance curieuse de suivre le parcours d’un militant politique engagé et élu républicain.

Auparavant deux évènements majeurs, et non des moindres, ont servi de préambule :
Après deux années de vice-présidence et cinq de présidence, Claudine Pauly appelait à sa succession Jean-Luc Gillard. Le C.C.H.A. est toujours entre d’excellentes mains et Mme Pauly ne sera jamais très loin puisqu’elle prend de nouveau la vice-présidence de notre association. Bon courage et félicitations à eux.

 

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Le second évènement fut le dépôt officiel des documents de M. Fromonteil aux archives municipales et communales (4 ensembles, 40 dossiers, 2 mètres linéaires). M. Borderieux, conservateur, attire l’attention sur ce dépôt exceptionnel qui nécessitera un inventaire, un classement pour permettre son accessibilité sur le site communautaire.

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Enfin nous parvenons au cœur de ce 86e forum, la vie de ce tourangeau né en 1930 dans un milieu républicain laïc, républicain de gauche.
On le suit tout d’abord sur les routes de l’exode en 1940 avec les mitraillages aériens, puis son retour à Tours au lycée. La Libération le verra à 14 ans, grâce à ses connaissances de l’anglais, le traducteur des américains au balcon de l’hôtel de ville de Tours devant 100 000 habitants.
Volontaire, il part dans les Vosges dans le cadre de l’aide des jeunes à la reconstruction .
Son soutien de jeune militant se traduit en mai 1947 par son adhésion au Parti Communiste Français suite à l’exclusion des ministres communistes du gouvernement par P. Ramadier. Puis naturellement il s’engage dans le combat des luttes des peuples désirant leur indépendance (Indochine, Afrique noire et Maghreb) époque durant laquelle les femmes militent de leur côté pour la paix d’une façon très active. La guerre froide le voit interdit de séjour à Tours, nécessitant son arrivée à Poitiers. En 1954 appelé du contingent, il sert au 126ème R.I. à Brive où il participe ardemment à l’occupation de la caserne, refusant de servir en Algérie.
A son retour, il est avec J.J. Servan Schreiber de l’hebdomadaire L’Express, fondateur de l’association des anciens combattants ‘’ F.N.A.C.A.’’, où il siège comme vice-président.
Nous le retrouvons ensuite à la section du P.C. à Châtellerault puis à la section départementale, âge d’or du parti, où il est de toutes les luttes sociales et politiques (mai 1968 17 usines occupées). En 1975, c’est en leader de la Gauche qu’il aborde une élection partielle à Châtellerault où le rapport Gauche-Droite se joue avec l’arrivée d’Edith Cresson.
Ses responsabilités l’amènent à rencontrer les plus grands hommes politiques du moment et aux côtés de Georges Marchais dans le contexte de soutien à l’U.R.S.S. il vit les luttes internes et l’opposition feutrée qui se fait jour dans l’appareil du parti.
Apres deux heures d’une passionnante évocation de militantisme, notre conférencier se prit au jeu des questions avec son auditoire, avant de se joindre à lui autour d’un verre bien mérité !

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Compte-rendu de Francis Garnier

 

 

Disponibilité de revues anciennes

RHPC
Si vous êtes intéressés par ces revues anciennes,
ccha.chatellerault@gmail.com
N°     Thèmes     Auteur     Année
3   L’école privée en Châtelleraudais (1900-1939)  J. Bouquet   2002
Aimée de James, religieuse de Lencloître (1755-1794)  G. Murphy  2002
8   Bains-douches et bateaux-lavoirs à Châtellerault, 1830-1930  G. Millet 2004
femmes du Poitou sous l’Occupation I. Soulard 2004
9    Le syndicalisme des ouvriers de l’Etat avant 1914. L’exemple des    établissements du Poitou-Charentes L. Cantamessa 2005
Le marquis de Pérusse des Cars et la physiocratie. J. Gagnaire, C. Pauly 2005
10   Les sociétés musicales châtelleraudaises dans les fêtes L. Guais 2005
Les fêtes d’aviation à Châtellerault G. Millet 2005
11   Foire de la saint Roch A. Banos 2006
Les fêtes pendant la première guerre mondiale F. Metzger 2006
12    Les Châtelleraudais et la guerre 1939-1945 M.C. Albert 2006
Charles Arambourou, premier opérateur du cinématographe en Poitou D. Taillé 2007
14   Le passage de Bordeaux-Paris à Châtellerault P. Hervé
J. Soulard 2007
La commémoration de la Commune de Paris à Châtellerault (1871-1914) C.A. Krauskopf 2007
17    L’immigration à Châtellerault des années vingt à aujourd’hui N. Sivasli 2009
Châtellerault et la guerre 14-18 vue par Charles et Eugène Arambourou P. Bugnet, M. Pergant 2009
Prix d’une revue : 2 € (+ 2 € 75 si envoi)

Circuit historique de commémoration de la Grande Guerre

En ce beau matin du 20 juin 2015, le CCHA avait fixé  rendez-vous aux participants, en présence des autorités, au pied du Monument aux Morts du jardin public de Châtellerault.

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Le cortège mené par de vaillantes ancêtres de l’Amicale Rétro Locomotion du Pays Châtelleraudais

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et suivi d’une trentaine de voitures anciennes des années 1920 à 1980, s’ébranla en direction de Senillé et de son Monument aux Morts, le dernier inauguré dans le département de la Vienne en 1998 dont les membres des Amis du Vieux Senillé nous dressèrent l’historique.

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Monthoiron avait mis « les petits plats dans les grands » pour nous accueillir ensuite. Les enfants des écoles et les sapeurs pompiers étaient venus renforcer les anciens combattants pour l’ émouvante  lecture de lettres d’un soldat à son épouse, puis la Chanson de Craonne.

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Trois expositions installées à la mairie préparées par des Monthoironnais ou prêtées par le CRDP attirèrent les participants avant un repas convivial organisé par Monthoiron Loisirs au son de l’orgue de Barbarie.

En clôture de notre périple, la place d’Archigny nous attendait pour l’historique du Monument aux Morts et le dépôt d’une plaque commémorative portant le nom de tués lors du conflit non signalés sur le monument.

Une exposition de documents élaborés par Histoire et Patrimoine d’Archigny vint compléter notre visite dans cette commune.

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A toutes les étapes, un accueil enthousiaste et convivial, des associations très impliquées, des chauffeurs de voitures anciennes très désireux de faire partager leur passion, un soleil radieux, et, au dessus de tout cela, une journée à la mémoire de tous ces hommes qui, il y a un siècle, ont répondu à l’appel de leur pays pour défendre des valeurs qui  nous sont toujours chères aujourd’hui.