C.C.H.A

Centre Châtelleraudais d'Histoire et d'Archives

Association fondée en 1999, le C. C. H. A. a pour but de découvrir, protéger, exploiter et mettre en valeur l’histoire et le patrimoine du pays châtelleraudais par les recherches en archives et de témoignages.

Manu 2015

Comme depuis plusieurs années le CCHA sera présent sur le site de la Manu ;

vous pourrez le retrouver entre 10 h et 18 h dans la rue des Métiers (AFPA)  avec un diaporama

« L’évolution architecturale de la manufacture de Châtellerault », des plans et des expositions sur Châteauneuf.

 

 

Des balades découvertes des extérieurs du Centre d’Archives de l’Armement et du Personnel Civil  sont organisées à 10 h 30, 11 h 30, 14 h, 15 h, 16 h, 17 h.

 

Ces visites, assurées par des membres du CCHA, sont gratuites mais soumises à certaines conditions, le C.A.A.P.C étant un établissement militaire.

 

  • Présentation d’une pièce d’identité pour tout visiteur de plus de 12 ans (visite néanmoins accessible aux enfants de moins de 12 ans)

 

  • Interdiction de filmer et de prendre des photos

 

  • Interdiction d’entrer avec des animaux

 

  • Inscription préalable obligatoire à l’Office de Tourisme  05 49 21 05 47

qui constitue des groupes de 15 personnes maximum

 

L’accueil se fera au « point infos » situé devant le conservatoire où seront délivrés les tickets portant l’horaire choisi pour la visite.

 

RENDEZ-VOUS LE 23 AOUT !

Circuit historique de commémoration de la Grande Guerre

En ce beau matin du 20 juin 2015, le CCHA avait fixé  rendez-vous aux participants, en présence des autorités, au pied du Monument aux Morts du jardin public de Châtellerault.

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Le cortège mené par de vaillantes ancêtres de l’Amicale Rétro Locomotion du Pays Châtelleraudais

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et suivi d’une trentaine de voitures anciennes des années 1920 à 1980, s’ébranla en direction de Senillé et de son Monument aux Morts, le dernier inauguré dans le département de la Vienne en 1998 dont les membres des Amis du Vieux Senillé nous dressèrent l’historique.

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Monthoiron avait mis « les petits plats dans les grands » pour nous accueillir ensuite. Les enfants des écoles et les sapeurs pompiers étaient venus renforcer les anciens combattants pour l’ émouvante  lecture de lettres d’un soldat à son épouse, puis la Chanson de Craonne.

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Trois expositions installées à la mairie préparées par des Monthoironnais ou prêtées par le CRDP attirèrent les participants avant un repas convivial organisé par Monthoiron Loisirs au son de l’orgue de Barbarie.

En clôture de notre périple, la place d’Archigny nous attendait pour l’historique du Monument aux Morts et le dépôt d’une plaque commémorative portant le nom de tués lors du conflit non signalés sur le monument.

Une exposition de documents élaborés par Histoire et Patrimoine d’Archigny vint compléter notre visite dans cette commune.

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A toutes les étapes, un accueil enthousiaste et convivial, des associations très impliquées, des chauffeurs de voitures anciennes très désireux de faire partager leur passion, un soleil radieux, et, au dessus de tout cela, une journée à la mémoire de tous ces hommes qui, il y a un siècle, ont répondu à l’appel de leur pays pour défendre des valeurs qui  nous sont toujours chères aujourd’hui.

Informations pratiques

FERMETURES DES ARCHIVES

 

  Archives Municipales de Châtellerault : 29 juin au 3 juillet

Archives Départementales de Poitiers : 1er au 14 juillet

Archives de l’Armement de Châtellerault : 10 au 21 août (l’accès n’est actuellement possible que sur réservation – voir site)

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A propos de la conférence du 30 mai 2015

Quelque 80 personnes se sont retrouvées, samedi dernier, au moulin de Chitré dominant de toute son histoire les eaux de la Vienne bouillonnant à ses pieds. C’était vraiment le lieu idéal pour partager la passion de notre conférencier Yves Texier pour le Pinail…

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Yves Texier, ancien principal de collège et maire honoraire de Vouneuil-sur-Vienne, habite au pied du Pinail ; c’est son fief et également celui de Pascal Dubec, conservateur du site, à la tête de l’association qui gère ce lieu unique en France, le GÉRÉPI (GEstion de la RÉserve du PInail)
Yves qui a publié un livre à propos de la «Bataille de Poitiers», celle de 732, comme chacun sait, présente une autre bataille qui s’est livrée sur le Pinail pendant près de 1 000 ans. Mais avant, il faut dire combien on est frappé par l’intérêt qu’il porte à cette lande désertique, parsemée de trous d’eau où poussent la brande, quelques arbres et arbustes et où grouille une foule d’insectes et d’amphibiens rares. Il dit être séduit, à chaque promenade par le lieu, la beauté des matins de givre, par les brouillards, les couchers de soleil ou simplement par les ajoncs et les bruyères en fleur… Un lieu pour se ressourcer, assure-t-il.
Mais cette vaste lande n’a pas toujours été un havre de paix… À l’origine trois communes : Vouneuil, Bonneuil et Saint-Cyr s’y partagent des droits d’usage. Sur ces communaux, on vient couper la brande, ramasser les glands, le bois, y faire paître ses moutons et on peut aussi y chasser et pêcher… Mais au fil du temps des convoitises déclenchent des conflits qui vont durer presque jusqu’à nos jours. Les communes et les habitants concernés se défendent et veulent préserver leurs droits et avantages, bien maigres pourtant, mais pour eux, souvent une question de survie. Les grands s’en mêlent… Le Roi avec sa forêt, les seigneurs des alentours… plus tard des bourgeois de Châtellerault et d’ailleurs… tout le monde veut sa part de Pinail… Malheureusement, c’est ce que nous appellerions aujourd’hui « la rentabilité » qui les guide, ce qui ne convient pas à tout le monde. S’en suivent donc de permanents procès et toutes sortes d’actions judiciaires qui vont «empoisonner» la vie des communes, aller jusqu’à des menaces de mort ou à des incendies criminels.
Mais le sous-sol du Pinail, aussi, fait des envieux : on en extrait la pierre meulière, cette pierre recherchée pour moudre le grain, la meilleure. On en fait des meules pour les moulins ; le pain est important et souvent principale ressource alimentaire. Cette exploitation est également à l’origine de rivalités. Extraite par des meuliers dans des conditions épouvantables, la pierre est exportée par voie d’eau. Historiquement, le Pinail est considéré comme la plus grande carrière de meulière au monde.
Oui, des années de luttes se sont succédées depuis le Moyen Âge pour tenter de conserver ces fameux droits que des intérêts, particuliers ou publics, s’acharnaient à vouloir enlever aux communes et à leurs habitants. Peu à peu les temps ont changé et les esprits se sont apaisés.
Aujourd’hui, le calme est revenu sur le site. Le GÉRÉPI réunit tous les acteurs concernés et le Pinail est devenu depuis 1988, Espace Naturel Protégé. On pense y accueillir des touristes, mais dans les limites du respect de la nature.
Yves Texier termine en insistant justement sur le respect que l’on doit porter à ce territoire façonné par les hommes et qui mérite un hommage particulier.

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Des photos projetées sur grand écran tout au long de la conférence, nous ont transportés dans cet univers exceptionnel qui va tenter, sans aucun doute, bon nombre de visiteurs.

Jacqueline Gagnaire

Circuit historique de commémoration de la Grande Guerre

 

Le 20 juin 2015, le Centre Châtelleraudais d’Histoire et d’Archives organise avec la participation de l’Amicale Rétro Locomotion du Pays Châtelleraudais

UN CIRCUIT HISTORIQUE DE COMMÉMORATION DE LA GRANDE GUERRE

Circuit en voitures de l’époque et voitures anciennes

Châtellerault-Senillé-Monthoiron-Archigny

Rassemblement du départ : à 8 h, devant le monument aux morts de Châtellerault (jardin public, avenue Pierre-Abelin)

Cette sortie est ouverte à tous.
Vous pouvez vous inscrire jusqu’au 10 juin auprès de Claudine Pauly :
– 05 49 93 64 16 ou 07 85 77 84 70
– claudine.pauly@wanadoo.fr

Chèque à envoyer ou à déposer avant cette date :
– CCHA, 48 rue Arsène-et-Jean-Lambert, 86100 Châtellerault
– Claudine Pauly, 2 rue des Lises, 86210 Monthoiron

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A propos du forum du 21 mars 2015

Vengeance, empoisonnement, affaire Poupault, si l’on ajoute à cela le mot prison, titre de l’exposition présentée dans la salle de conférence… on se croit dans une série noire ! Pour le 83e forum du CCHA, notre conférencier, Gwénaël Murphy, joue les Maigret et ce n’est pas pour déplaire aux quelque 75 personnes venues partager le suspense. Marie-Claude Albert présente Gwénaël, agrégé et docteur en histoire, co-fondateur du CCHA en 1999 avec Pascal Borderieux, notre archiviste châtelleraudais. Il est l’historien par excellence « des gens ordinaires » et des femmes en particulier. N’a-t-il pas fait sa thèse sur « les religieuses en Poitou » ?
Mais les femmes qui l’intéressent ne sont pas toutes vertueuses et ses recherches l’amènent aussi à se pencher sur des histoires d’empoisonnement, très en vogue au XIXe siècle, son récent livre «Les vénéneuses» en témoigne.
Revenons donc à notre mystérieuse affaire : un mari, un beau-fils et une belle-mère en sont les principaux personnages… Qui est vraiment la victime ? Le beau-fils, François, qui se plaint à son médecin de maux de ventre et de nausées et qui clame que Jeanne, sa belle-mère, veut sa mort ? Ou bien Jeanne, l’accusée qui nie farouchement avoir versé du vert de gris dans la nourriture de son« fillâtre » ? Mais le médecin accuse, la rumeur aussi…
On assiste comme dans un film aux différents interrogatoires, avec les questions et les réponses, qui vont mener l’accusée aux Assises. On attend les résultats des prélèvements effectués à partir de résidus retrouvés au fond des « vases ». Ils sont accablants : ces restes contiennent du verre broyé et de la limaille de cuivre qui peuvent, selon le médecin du beau-fils entrainer la mort. Nous voilà donc en présence d’une tentative de meurtre et Jeanne est arrêtée. De février à août 1832, date de son procès en Assises, elle est incarcérée à Châtellerault puis à Poitiers. Elle subit d’autres interrogatoires avec témoins mais affirme toujours être innocente en dépit de ses rapports on ne peut plus conflictuels avec François Philippe son beau-fils.
Et le père, Jacques Philippe, dans cette affaire ? Ancien soldat de l’armée de Napoléon, 22 ans de carrière militaire, il tient un cabaret au Champ de Foire à Châtellerault. Au cours de ses nombreuses campagnes, il s’est marié et a eu un fils François : le plaignant. C’est en 1821 seulement qu’il épouse Jeanne Poupault, 43 ans, célibataire, 1 m 35, le visage ravagé par la petite vérole, mais certainement apte à aider au cabaret…On devine que les années passées à courir l’Europe, à côtoyer la mort et les horreurs de la guerre, les dures conditions de vie souvent allégées par l’alcool, n‘ont pas fait de ce mari un modèle de douceur… Mais à son sujet le silence est total. De lui on ne parle pas. Il n’est même pas interrogé ni cité dans le cadre de l’enquête et bien pis, il disparait totalement du paysage au moment du procès ! Un suspect potentiel qui aurait fait accuser sa femme pour s’en débarrasser ?
Quoi qu’il en soit, le 20 août 1832, au Palais de Justice de Poitiers, Jeanne Poupault qui risquait la « peine infamante » est déclarée non coupable par le jury d’Assises.
On peut retrouver cette femme brisée à Châtellerault où elle finit par entrer, à l’âge de 78 ans, « veuve et sans asile » à l’Hospice de la ville. Elle y décède peu de temps après en 1856.
Un bien agréable moment pour des auditeurs passionnés par l’histoire mais aussi par un conférencier qui a su nous faire revivre pleinement cette « affaire » et souvent avec humour. Merci Gwénaël !
Jacqueline Gagnaire

TravailL’ouvrage collectif auquel Gwénaël Murphy a participé,
« Les Vénéneuses. Figures d’empoisonneuses de l’Antiquité à nos jours »,
paru en février 2015 aux Presses Universitaires de Rennes.