C.C.H.A

Centre Châtelleraudais d'Histoire et d'Archives

Association fondée en 1999, le C. C. H. A. a pour but de découvrir, protéger, exploiter et mettre en valeur l’histoire et le patrimoine du pays châtelleraudais par les recherches en archives et de témoignages.

Le forum du 22 novembre 2014

En avant-première, une exposition sur la vicomté de Châtellerault était présentée avec le partenariat du service Tourisme de Véronique Boirel que nous remercions.

Il était également possible de découvrir l’ouvrage de Claudette Roussel, notre conférencière du jour, Deux grands bourgeois poitevins au XVe siècle : les Barbin à Poitiers, Paris et Puygarreau, paru en 2013 chez Geste Editions.

Propos sur la conférence

On aurait pu penser, en voyant le titre de cette conférence Puygarreau, son château, ses seigneurs  que le sujet allait être vite épuisé… mais c’était sans compter sur les connaissances et les ressources intarissables de Claudette Roussel, qui finalement nous présente les Barbin et leurs descendants aux XVIe et XVIIe siècles…Elle retrace dans un premier temps l’histoire de Jean Barbin, né en 1406 dans une famille bourgeoise poitevine. Il fait des études de juriste, très en vogue à cette époque, puis devient avocat et entre en politique à Poitiers, ce qu’il réussit, ses idées étant très proches des aspirations locales. Bien en place, on le retrouve au Parlement dans cette même ville.

Mais dans sa position, on se doit d’affirmer son rayonnement en achetant un domaine et des terres… C’est ce qu’il fait en 1432, lorsqu’il acquiert la seigneurie de Puygarreau. Cette même année, il épouse Françoise Gillier qui, plus tard, fondera le collège de Puygarreau à Poitiers pour y accueillir des jeunes peu fortunés, leur permettant ainsi d’accéder au savoir.

En 1436, les Anglais ayant quitté la France, le Parlement retourne à Paris. Jean Barbin s’expatrie. Il devient alors un conseiller du roi, représente à Paris la ville de Poitiers et celle de Châtellerault et participe à de grands procès dont celui de Jacques Cœur…

A cette période, Puygarreau s’agrandit, de nouvelles métairies sont achetées et Jean Barbin obtient l’autorisation de fortifier son château.

En succédant à Charles VII, Louis XI se sépare de ses conseillers et Jean Barbin revient en Poitou où il meurt en 1469, apparemment sans descendance directe puisque c’est un neveu du côté des Gillier qui reçoit l’héritage.

Nous allons suivre le fils de ce neveu, Bonaventure Gillier et ses descendants au cours du XVIe siècle. Bonaventure épouse une Tourangelle, issue d’une famille de la « finance royale ». Ses filles épouseront des hommes de la haute noblesse ou de la finance.

Puygarreau embellit… Son jardin s’inspire de ceux de Chenonceau… Les céréales, le bois, la vigne et les métairies assurent des revenus confortables. Mais la Réforme protestante va affecter les Gillier dont quelques uns semblent avoir un penchant pour le protestantisme. Cette période compliquée crée des dissensions au sein de la famille, si bien qu’au XVIIe siècle, malgré de bonnes alliances et des rentes, Puygarreau n’exerce plus sa haute autorité. On y mène alors un train de noblesse provinciale. Dans le même temps, Urbain Gillier, petit fils de Bonaventure, est gouverneur de Poitiers.

Quant au château, il continue à jouer son rôle économique et social : de nombreux employés y travaillent, des ruraux viennent apporter leurs produits, des échanges se font autour de la seigneurie. Malgré cela, les dépenses sont plus importantes que les rentrées en taxes, charges et cens ; il faut vendre des métairies et des terres. Puygarreau se maintient à peu près jusqu’en 1700. A la Révolution, il est vendu comme bien d’émigrés et démonté pierre par pierre.

Ce fut un agréable moment d’histoire châtelleraudaise qui a complété nos connaissances sur Puygarreau, un lieu que nous avons eu plaisir à visiter lors des journées du Patrimoine 2006.

                                                                                                                                       Jacqueline Gagnaire

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                                  Extrait du cadastre napoléonien.

 

N° 28 novembre 2014

 DOSSIER : CHÂTELLERAULT, RIVE GAUCHE

Les auberges et débits de boissons, Bernadette Arsonneau, p. 2

La participation électorale à Châteauneuf de 1871 à 1914, Alain Houisse, p. 15

Vie commerciale et artisanale à Châteauneuf , XIXe siècle et première moitié du XXe, Lucienne Guais, p. 24

L’agriculture de la rive gauche, Jean-Noël Lattwein, p. 36

La rue des Buttes du milieu du XIXe siècle à 1914, Françoise Metzger, p. 48

Histoire de chandelles, Geneviève Millet, p. 63

Et au milieu coule une rivière, Françoise Glain, p. 71

 Conférences

 Figures de l’Étranger en Châtelleraudais au XVIIIe siècle,

 Sébastien Jahan, p. 81

Varia

 Des tirailleurs algériens à Châtellerault, Pierre Bugnet, p. 95

Vive la Russie ! Une fête patriotique en octobre 1893,

Jean-Luc Gillard, p. 102

Des documents inédits 

Un atelier de la Manu en 1918,

Jean-François et Geneviève Millet, p. 114

La vie du CCHA

Le CCHA a découvert…

La tour de l’Architecte, à Monthoiron, Claudine Pauly, p. 116

Activités, p. 118

Infos, p. 124couv 28

 

Participation du CCHA aux journées d’Histoire de Monts sur Guesnes.

Le 11 novembre 2014, le CCHA était sur « deux fronts »…

À Châtellerault, à l’espace Clemenceau où quelques-uns d’entre nous, avec nos collègues du Souvenir français, ont accueilli les 195 visiteurs de l’exposition « La grande guerre dans la Vienne ».

Au château de Monts-sur-Guesnes, où trois espaces étaient proposés aux visiteurs du 6e salon du livre d’histoire et de la « Journée d’histoire ».

Des auteurs dédicaçaient leurs livres au rez-de-chaussée, notamment Jacques Bouquet dont la dernière publication « 1914-1918 un département de l’arrière dans la grande guerre la Vienne » sortait tout juste de l’imprimerie. Au premier étage, étaient présentées des publications pour les jeunes. Les amateurs d’histoire locale et de généalogie trouvaient, au troisième étage, les « associations d’historiques ». C’est là que le CCHA a présenté ses publications et activités.

A signaler que deux membres du CCHA œuvraient au sein de l’équipe qui organisait ces manifestations montoises.

Jean-Noël Lattwein

 

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Le CCHA en terre charentaise

                  Sortie historico-patrimoniale du samedi 25 octobre 2014

 

Quelques souvenirs d’une journée très riche avec tous nos remerciements à l’équipe aigrinoise qui a su si bien nous accueillir:

 

 

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  1. La charrette en partance pour Châtellerault…
  2. La présidente n’a pas peur du cheval !
  3. 10 h : première visite chez le bouilleur de cru, Dominique Petit.
  4. Devant une machine à pressurer très moderne.
  5. Quelques explications distillées avec passion.
  6. Le très bel alambic de cuivre teinté de rouge.
  7. On sent…
  8. On sent mais on voudrait bien goûter…
  9. Dominique Petit aime sa Charente, son métier et… sa femme.
  10. Midi : retour devant l’hôtel de ville.
  11. C’est le moment des discours devant les habitants du Pays d’Aigre.

12   14h30  Dominique Granjaud ayant à ses cotés le directeur du cognac

Gauthier explique les liens qui unissent Aigre et Châtellerault;

13 La remorque a perdu son moteur!

14. 15. 16. Dans les chais.

17. Une superbe maquette de la charrette.

18. L’alambic rutilant.

19. Le « Paradis » ; on voudrait bien tous y aller !

20. 21. 16 h 30 : promenade dans le village d’Aigre (1000 habitants)

22. 17h : Le mystère de ces pierres n’est pas éclairci… Même la guide-conférencière donne sa langue au ccha !

 

 

Merci à tous les photographes !

Claudine Pauly

 

 

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Le forum du 18 octobre 2014

 

Ce fut une journée très chargée pour le CCHA ! Après l’assemblée générale, une exposition était présentée par Bernard Poignand et Marie-Christine et Claude Ligeard.

Si Bernard exposait des équipements, décorations et souvenirs de la Grande Guerre, Marie-Christine et Claude nous proposaient de découvrir la vie de Robert Gemehl, un p’tit gars de Tivoli qui vécut la Première Guerre mondiale.

Ces souvenirs nous faisaient revivre une page d’histoire montrant, s’il en était besoin l’importance des archives familiales.

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Les deux expositions, clichés de G. Millet

Propos sur la conférence

C’est avec plaisir que le Centre Châtelleraudais d’Histoire et d’Archives recevait ce samedi 18 octobre un « récidiviste » comme s’en amuse la Présidente, Claudine Pauly, lors de la présentation du conférencier. Jacques Bouquet, historien local reconnu, est déjà venu à plusieurs reprises partager le fruit de ses recherches avec les Châtelleraudais.

« La participation à l’effort de guerre en 1914-1918 dans le châtelleraudais » a captivé l’auditoire. Les trois points développés : participation au titre de la solidarité, effort économique et effort patriotique ont été largement illustrés d’exemples vécus que nous évoquerons ici.

Après avoir dressé un bilan démographique et économique à la veille de la guerre, Jacques Bouquet aborde les manifestations de solidarité qui se mettent en place dès 1914.

On voit rapidement apparaître des comités de secours aux blessés avec la création d’hôpitaux temporaires ainsi que des comités d’assistance aux hôpitaux militaires destinés à recueillir des fonds. Le maire de Châtellerault, Admira Derouau, médecin, collecte des pansements, des gilets de flanelle et du linge pour les soldats blessés. En janvier 1916, la municipalité vote une aide financière à répartir entre les différentes structures hospitalières installées en ville. Et pour entretenir le moral des blessés, le personnel de la manufacture d’armes fait du théâtre : on paie son entrée et on donne à la quête pour les bonnes œuvres.

On rencontre aussi un peu partout des réfugiés du nord de la France et de Belgique qui ont fui les zones de combats. Des accueils leur sont proposés et on cherche à leur donner du travail pour pallier l’absence des hommes mobilisés.

A Montmorillon, un instituteur belge remplace dans sa classe, le maître parti à la guerre…

A Châtellerault, un prêtre fait son prône en Flamand pour les Belges…

Un comité d’aide aux réfugiés du Nord organise des concerts pour venir en aide aux familles nécessiteuses…   Mais il faut aussi penser aux soldats du front à l’approche de l’hiver : les femmes et les fillettes des écoles se mettent à tricoter des pulls, des gants, des chaussettes et des cache-nez… On achemine également vers le front pommes de terre et haricots par chemin de fer. En 1915, un comité départemental de secours aux prisonniers fait parvenir des colis aux soldats.

Sur le plan économique, des efforts sont demandés à l’échelon national en lien avec les dépenses de la guerre. On propose à la population de participer à des emprunts et à une collecte d’or… En 1915 et 1916, est créée «La journée du poilu ». Des écoliers se cotisent même pour acheter des ballons afin de distraire les hommes des tranchées…

Dans les campagnes, les chevaux, les bœufs, le foin et la paille sont réquisitionnés, des vaches aussi, ainsi que des productions végétales, des pommes de terre en particulier.

On assiste alors en réaction, à un effort important dans le monde agricole si bien que les rendements ne diminuent pas : les femmes remplacent les hommes aux champs et on voit se multiplier dans nos campagnes, les ânes et les mulets plus faciles à mener pour elles que les gros chevaux de labour.

En 1917, le ministre de l’Agriculture demande aux écoles de cultiver des espaces de terre jusque-là négligés. A Oyré, par exemple, les fleurs des parterres sont arrachées pour planter pommes de terre et topinambours… Les enfants de la maternelle de Montbernage à Poitiers élèvent des lapins qui seront vendus au profit des Pupilles de Guerre.

Quant à l’effort patriotique, il concerne surtout le 32e Régiment d’Infanterie de Châtellerault et le 125e de Tours, souvent ensemble au combat et qui seront de toutes les batailles.

Le 32e RI envoyé en Moselle pour défendre Nancy, est présent à la 1ère bataille de la Marne où les Allemands sont repoussés. On le retrouve à Ypres puis à Verdun et dans la Somme en 1916. En 1918, il participe à la deuxième bataille de la Marne, là où le front allemand est enfoncé conduisant à la victoire.

La lecture émouvante d’un extrait du journal de marche du 32e RI, à Verdun à la fameuse cote 304, est faite par Jacques Bouquet : en mai 1916, des soldats par centaines se font tuer par les tirs ennemis, les blessés ne peuvent être secourus, des galeries de tranchées s’effondrent sur les hommes, le ravitaillement n’arrive plus…

Tous ces morts, toutes ces disparitions, les conditions atroces des combats font déplacer le président Poincaré et le roi des Belges qui rendent visite aux soldats sur le front.

Malgré quelques mutineries, le 32e RI s’est conduit au cours des combats de façon exemplaire. Il est cité en août 1917 à l’ordre de l’armée à titre collectif par le maréchal Pétain. En 1915, il avait déjà reçu une citation avec « croix de guerre ». A cette occasion, des écoliers d’une école de Châtellerault s’étaient cotisés pour offrir au régiment une croix en or… Enfin, en septembre 1918, nouvelles félicitations de Pétain qui permet aux soldats du régiment de porter la fourragère aux couleurs rouge et verte de la croix de guerre.

Partout en France le bilan des pertes est catastrophique comme dans l’arrondissement de Châtellerault. L’agriculture, l’économie auront du mal à repartir mais on peut constater que des efforts ont été faits dans tous les domaines et par tous au cours de ces quatre années de guerre afin d’aider et de soutenir les plus touchés par ce terrible conflit.

 

Jacqueline Gagnaire

 

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L’assistance pendant la conférence, cliché de G. Millet