Association fondée en 1999, le C. C. H. A. vise à la découverte, la sauvegarde et la promotion du patrimoine documentaire du Pays châtelleraudais.

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Table ronde sur l’école de la Manu 25 mai 2019

Dans le cadre du bicentenaire de la Manu, le CCHA et Manu-Chatel organisaient samedi 25 mai une table ronde sur l’école de la Manu. Elle s’est déroulée dans l’auditorium du Conservatoire de musique de Châtellerault (sur le site de la Manu) mis à la disposition des deux associations par la ville. 3 thèmes ont été présentés au nombreux public présent, ils sont résumés ci-dessous ainsi que les diaporamas projetés dans l’a.m.

 

Thème 1 : Vie de l’école           Animateur : Pierre Bugnet,  CCHA

 

Intervenants : Claude Boutillet,  Manu-Châtel, ancien élève et moniteur

Pierre Herpailler, Manu-Châtel, ancien élève

Claude Ligeard, CCHA, ancien élève

Pierre Herpailler  rappelle la sélectivité du concours d’entrée. Il évoque les conditions de travail durant les trois années d’étude : horaires identiques à ceux des ouvriers, exigences de sérieux et de discipline, importance du travail manuel dans différents domaines. Le diplôme délivré à l’issue de la troisième année était supérieur au CAP que les élèves passaient  parfois dans plusieurs spécialités. Il permettait une embauche immédiate dans les entreprises industrielles de la région.

Claude Ligeard complète ces propos. Il rappelle l’obligation de résultat qui était impérative dans toutes les matières (obligation de la moyenne). Il insiste également sur l’importance du sport et l’esprit de camaraderie régnant à l’école.

Claude Boutillet, sorti de l’école en 1952 a travaillé comme ouvrier à la Manu avant de passer le concours de moniteur tourneur. Il se souvient de la difficulté de ce concours puis du stage de formation suivi à Puteaux. Il a ensuite fait travailler les élèves par groupes de six, insistant notamment sur le respect des consignes de sécurité. Malgré les 45 heures de travail hebdomadaire demandées aux appentis, l’ambiance était excellente et les résultats aux CAP ne connaissaient jamais d’échec

Thème 2 : Vie de l’école           Animateur : Bernard Fy

Les différentes voies possibles pour les lauréats étaient : poursuivre des études dans les écoles de la DEFA ; travailler à la MAC ; travailler dans d’autres établissements d’Etat ; travailler dans des entreprises industrielles ou commerciales, locales ou non.

Michel Comte, promo 1951-54 

Instructeur d’armes au 2e BMRG. Usine de Domines : outilleur,  Panhard Paris dépannage des machines-outils  – Sud-aviation Toulouse  – 1962 SEPR future SEP projet de torpille à moteur à réaction -Imprimerie de L’Echo de la Mode Paris  – Leclanché Poitiers – Sochata – Jaeger –  Microméca

Claude Dubreuil, promo 1962-65 

2 ans à l’EFPN de la MAC – 1 an EFTS de Toulouse – Travaille au LRBA de Vernon 13 ans dessinateur projeteur : fusée Véronique. Retour à Châtellerault : dessinateur à la mairie de la ville : voirie, travaux publics, sauvegarde et déconstruction du site de la Manu- Responsable du BE  -responsable des Services Généraux (création de l’ITES, Ecole de cirque…) – directeur du Centre Technique Municipal.

Jean-Claude Viroulaud, promo 1967-70 

Ecole d’apprentissage : métier Tourneur – Le 20 juin 1970, intègre la SFENA  – Formation ADEPA machines à commandes numériques  Tour HZ à 2 tourelles, tour à palettisation – 1993 essaimage de SEXTANT-AVIONIQUE vers MECAFI Chef d’équipe, adjoint au directeur de production, maître de stages  

L’école incitait les apprentis à poursuivre des études dans la filière de l’armement, 13% des lauréats de de l’EFPN de la MAC, entre 1948 et 1965, ont ainsi poursuivi des études pour accéder au niveau technicien dans les ETN et 3% ont pu accéder au niveau ingénieur par les ETS.

Quatre anciens élèves ont bien voulu nous présenter leurs carrières. Elles sont diverses, variées et illustrent la polyvalence et l’aptitude à la mobilité professionnelle résultant de ces formations.

Le cas de environs 500 carrières duales dues à l’annonce de la fermeture de la MAC en 1961 avec des reconversions professionnelles vers des entreprises transférées à Châtellerault pour adoucir la transition a été évoqué.

Il apparait une convergence intéressante entre les anciens apprentis de l’EFPN de la MAC qui ont rejoint le LRBA de Vernon ou la SEPR puis la SEP ou la SFENA à la Brelandière et qui ont contribués à l’aventure spatiale européenne depuis les programmes précurseurs : les fusées Véronique, Diamant puis Ariane.

EFPN : Ecole de Formation Professionnelle Normale

MAC : Manufacture d’Armes de Châtellerault

DEFA : Direction des Etudes et Fabrications de l’Armement

ETN : Ecole Technique Normale

ETS : Ecole Technique Supérieure

LRBA : Laboratoire de Recherches en Balistique et Aérodynamique

SEPR : Société d’Etudes pour la Propulsion à Réaction

SEP : Société Européenne de Propulsion

SFENA : Société Française d’Equipements pour la Navigation Aérienne

Thème 3 : le rayonnement de l’esprits Manu Animatrice : Marie-Claude Albert

Participants :

  • Marc Bréjard
  • Jean-Claude Merle
  • Patrick Mortal

Projection de diapositives : – extrait du contrat d’apprentissage de Jean-Claude Massonneau chez Fabris, 1961 ( 16 ans) : valeurs de fidélité, respect, obéissance – La devise Travail, ordre, discipline

Mot d’introduction

-Lien avec la table ronde précédente sur les parcours (diapo 1) à partir d’un contrat d’apprentissage hors-Manu : valeurs transmises de « fidélité, respect, obéissance ».

-Explication de la devise inscrite dans l’une des salles de l’Ecole depuis 1941 ( diapo 2) : Travail, ordre, discipline, élaborée sous Vichy dans le cadre du programme de la « Révolution nationale », maintenue par la suite dans un contexte républicain et démocratique.

– Le point commun entre les interlocuteurs c’est d’être devenu formateur ou enseignant.

Jean-Claude Merle

Les étapes de son parcours :  de l’apprentissage, puis de l’Ecole technique Normale de l’Armement à l’Enseignement technique supérieur Universitaire (IUT de Poitiers).

3 années d’apprentissage de 1949 à 1952, CAP d’ajusteur, 4e année de perfectionnement à l’Ecole de St Etienne (Ecole de la DEFA)  : CAP de dessinateur détaillant puis Brevet d’Enseignement industriel spécialité Mécanicien

Durant deux ans, ouvrier qualifié à la MAC groupe V (ouvriers plus autonomes capables de changer des pièces et de régler la machine), affecté au fraisage du pistolet automatique 9 mm

Après le service militaire, préparation du Concours d’entrée à l’Ecole préparatoire de l’Armement à Limoges en cours du soir

1 an à cette Ecole puis entrée à l’Ecole technique Normale de l’Armement à Arcueil ( Reg parisienne) sur concours : deux ans

Choisit l’affectation à la MAC en 1962, mais non obtenue en raison du contexte de pré-fermeture de l’établissement.

Démissionne du corps des Techniciens de l’Armement et entrée à l’entreprise privée Jaeger ( équipements de précision pour l’automobile et l’industrie), affecté au contrôle-qualité

Devenu responsable de la formation pour les personnels de l’établissement

Formateur permanent (à l’issue d’un temps de vacataire) dans l’agence régionale du Bureau des temps élémentaires, un organisme de formation et de conseil, fonction exercée durant 20 ans : actions de formation inter-entreprises ( y compris dans le secteur hospitalier), action de formation en management…

 Marc Bréjard

Les étapes de son parcours : de l’Ecole d’apprentissage à l’enseignement technique en Lycée d’enseignent professionnel (Mécanique)

  • 3 années d’apprentissage à l’école de la Manu, 1961-1964
  • A Toulouse, école d’armement
  • A la SFENA en 1967
  • Au laboratoire de recherche balistique et aérodynamique de Vernon 1967-1970
  • Concours de l’Education nationale comme PCET, puis ENNA 5 Ecole Normale Nationale d’Apprentissage) à Paris.
  • Affecté ensuite comme professeur de Mécanique générale au CET de Vernon en Normandie, puis à celui de Montmorillon, et à celui du Verger en 1977 devenu LEP (Lycée d’enseignement professionnel). où il enseigne la maintenance des systèmes automatisés notamment dans les classes de baccalauréat professionnel qu’il a contribué à monter en 1986.

Résumé des interventions

Question 1 sur les valeurs: Est-ce que la devise « Travail, ordre, discipline » a continué à se diffuser au travers de votre expérience de formateur ? Dans quelle mesure ? Comment a-t-elle évolué au fil du temps et des secteurs dans lesquels vous êtes intervenus ?

Marc Bréjard  se souvient de cette devise affichée dans la salle de travail à l’Ecole de la Manu.  Il explique ce que cela lui évoque : « Travail » ce sont les horaires lourds, la rigueur ; l’ « Ordre » lui évoque une anecdote personnelle, « discipline », c’était faire comprendre les règles imposées dans la classe.

J.C Merle évoque aussi les horaires prolongés . Il explique l’importance de la discipline dans ses fonctions de formateur, notamment l’ obligation de respecter la demande du client, d’avoir une démarche-qualité.

Question 2 sur le contenu pédagogique de l’enseignement professionnel : L’apport d’une formation professionnelle de qualité dans votre métier de formateur au sein des entreprises et au sein de l’Education nationale ? Lien entre théorie et pratique ?

Marc Bréjard insiste sur une bonne capacité d’adaptation. Il a pratiqué une pédagogie de la rigueur et du travail bien fait et relié sans problème la formation pratique et théorique ( il précise qu’à la manu il y avait deux sortes de professeurs ). La liaison entre l’école et le milieu professionnel s’effectuait tout naturellement lors de stages en entreprise des élèves de Bac professionnel et il entretenait une bonne relation avec les tuteurs dans l’entreprise.

JC Merle insiste sur la pertinence d’ une pédagogie adaptée à toutes les formes d’intelligence, de l’abstrait au concret ou du concret à l’abstrait comme le démontrait Jean Grimal. A partir d’exemples d’entreprises où il est intervenu pour former le personnel, il affirme le postulat qu’il a toujours respecté :  donner du sens à ce qui est enseigné.

Question 3 : Qu’avez-vous retenu  de votre expérience professionnelle : de l’apprenti à l’ingénieur et au formateur en management, de l’apprenti au professeur ?

Marc Bréjard a retenu de son expérience d’apprenti, la somme de travail = 45 h / semaine, l’ obligation de faire toujours mieux et le plaisir du travail bien fait. En tant que professeur, il a transmis les mêmes valeurs, le respect des plans , la tolérance Zéro dans la réalisation des pièces, la bonne relation avec les élèves mis en position de réussir : certains de ses élèves devenus ingénieurs ou responsables de secteurs dans leur entreprise, ou entrepreneurs.

JC Merle a retenu l’importance de bien connaître le travail des exécutants quand on exerce des responsabilités, de bien maîtriser tous les savoirs et de les appliquer dans un environnement précis. Il a également retenu la nécessité de croiser deux cultures : « la culture descriptive »  fondée sur l’objet et la succession des tâches, et « la culture fonctionnelle » qui permet d’analyser pour élaborer une stratégie, un système, sur le long terme en dépassant les contraintes économiques de rentabilité, de commercialisation.

 

 Patrick Mortal conclut sur le réseau des écoles professionnelles de l’Armement : connivence ou rayonnement ? Il présente le positionnement de l’historien,  auteur d’une thèse de doctorat sur les armuriers de l’Etat du grand siècle (XVIIe siècle) à la globalisation ( 1665-1989) et co-auteur de l’ouvrage collectif qui vient de sortir ‘Hommes et femmes dans les usines d’armement en France en 1914-1919’ .

Le réseau des écoles de l’Armement de Terre, connivence ou rayonnement ?

La formation a toujours été une clé de l’efficience des établissements militaires étatiques : dans les vieux métiers le maître doit former des apprentis pour gagner son droit à pension, puis le passage définitif au système métrique conduit à ouvrir des cours.

La « révolution des machines » de la fin du XIXe siècle implique la création des écoles d’apprentissage ; étonnant : c’est alors que l’on exige de finir les pièces à la machine que le premier geste partagé par tous les apprentis est celui de la lime (la bâtarde) sur l’acier : indispensable apprentissage de la matière malléable…

Le rayonnement de ces écoles qui recrutent sur concours est horizontal (non recrutés en fin d’apprentissage ou reconvertis après les fermetures, l’efficience au travail des anciens apprentis se retrouve dans tous les métiers) et horizontal à l’interne : la pyramide des EFT, ETN, école d’ingénieur ouvre des chemins de promotion.

Cette ouverture est cependant le fruit d’un univers de connivence : entre directions et familles des ouvriers d’Etat dont les enfants bénéficient d’une priorité au recrutement, entre les syndicats et le ministère qui ont le même intérêt à la professionnalisation, entre les autorités politiques et économiques locales pour qui les personnels des « manus » sont un enjeu, entre directions et ouvriers (ceux-ci sont représentés dans la commission de recrutement), au sein de chaque promotion, espace de camaraderie durable, entre les générations dans un rapport de maître à disciple.

Au total, un système mobilisateur et efficace. On peut pourtant se demander si sa solidité même n’aura pas contribué à un certain retard à s’approprier les technologies nouvelles en fin d’époque, par exemple à passer d’une culture d’ingénierie des objets à une culture scientifique générale permettant d’intégrer différentes innovations aux systèmes d’armes…

Conclusion Diaporama

 

thème 2
Patrick Mortal – Jean-Luc Gillard

N°37 mai 2019 La Manu a 200 ans

Ce numéro 37 est publié à l’occasion de la tenue du forum du samedi 25 mai sur le site de la Manu, dans l’auditorium du Conservatoire, de 15 heures à 18 heures. Une table ronde sera organisée sur :
L’école d’apprentissage de la Manu et son rayonnement

présentée par le CCHA avec la participation de Manu-Châtel et Patrick Mortal, historien des usines de l’armement de l’État. Exposition à partir de 14 heures.

Sommaire du NUMÉRO SPÉCIAL La Manu a 200 ans

Les premiers manuchardsJoseph Chotard, p. 2

Travailler à la Manu, vivre à Châteauneuf, Françoise Metzger, p. 4

L’évolution des statuts et des conditions de travail à la Manu de 1819 à 1968, Marie-Claude Albert, Joseph Chotard, p. 17

 Frédéric-Guillaume Kreutzberger et la transformation de la Manu au XIXe siècle, Pierre Bugnet, p. 31 

Philippe-Jules Creuzé, entrepreneur de la Manu, 1835-1866, Pierre Bugnet, p. 41

Adrien Treuille, dernier entrepreneur de la Manu et maire d’Availles, Gloria Godard, Claudine Pauly, p. 44

 Les comités mixtes à la production (1944-1947) Direction et syndicats unis pour la reconversion de la Manu, Pierre Bugnet, Joseph Chotard, p. 52 

Les écoles de la Manu. Évolution des formations, des années 1930 aux années 1960,  Pierre Bugnet, p. 67 

La culture industrielle de la manufacture nationale d’armes de Châtellerault. Témoignage d’un ancien apprenti, Jean-Claude Merle, p. 80

 Manufacture d’armes de Châtellerault,  deux cent ans d’histoire du bâti en illustrations, Jean-Noël Lattwein, p. 90

Les tisserands de Saint-Rémy-sur-Creuse du XVIIe au XIXe siècle

Le soleil printanier n’a pas dissuadé les nombreux auditeurs venus ce samedi 23 mars 2019, dans la salle du Verger ; le conférencier, Guy Fréval, professeur agrégé d’histoire-géographie au lycée Marcelin Berthelot de Châtellerault, les a emmenés pour un voyage dans le temps et dans l’espace, à Saint-Rémy-sur-Creuse, sur les confins est de la Vienne, à deux pas de la Touraine. Des tisserands du chanvre y ont vécu dans les caves troglodytiques creusées dans la falaise qui surplombe la vallée de la Creuse. Ce lieu a étonné en son temps Le Touzé de Longuemar

(1803-1881), un passionné darchéologie, de géographie et de géologie qui fonda à Poitiers la Société des Antiquaires de l’Ouest et que cite Guy Fréval : il évoque dans ses Pérégrinations d’un touriste sur la limite de trois provinces, une étrange bourgade, une ruche renversée. Bien que remontant à 1856, sa description de l’habitat est toujours d’actualité comme en témoignent les cartes postales anciennes et – mieux encore – une visite du site à découvrir avec l’association Ethnicité. Quant aux occupants, qualifiés de pauvres familles, parias de Saint-Rémy avec une certaine condescendance par Longuemar, Guy Fréval est parti à leur recherche dans les rares documents où ils sont nommés : les registres paroissiaux qui les désignent comme tisserands, filtoupiers, cardeurs, puis les registres d’état civil, les recensements (le premier date de 1836), les archives notariales. La généalogie de deux familles, Champion et Bernard, permet aussi de sortir de l’anonymat ces humbles artisans.

La région – au sens large – est au 17e siècle grosse productrice de chanvre ; cette fibre a de multiples emplois : draps, torchons, et pour la navigation, cordages, voiles … Les tisserands sont déjà nombreux au 17e siècle : 52 hommes, auxquels il faut ajouter les femmes qui filent et cousent. À l’apogée, au 18e siècle,  ils sont 90 pour une population totale de 900 personnes. Saint-Rémy verra par la suite le nombre de ses habitants décliner régulièrement. Les produits du tissage sont destinés à la consommation locale ou vendus au marché le plus proche, La Haye, qui n’est qu’à trois kilomètres.

La proximité de la rivière permet le rouissage du chanvre, opération qui peut aussi se faire dans des « routoirs », bassins creusés à cet effet, ce qui évite la pollution du cours d’eau. La fibre trempe pendant 10 jours, dégageant une odeur forte. Bien que très modestes, les habitations troglodytiques ont deux avantages : elles conservent une température stable lors des périodes de grands froids et leur degré d’hygrométrie permet le filage du chanvre dans de bonnes conditions. Le statut des tisserands est moins précaire que celui des journaliers, et quand il y a ascension sociale, elle reste très modeste.

Le recensement de 1836 dénombre 35 tisserands qui disparaissent ensuite au cours du 19e siècle. Plusieurs facteurs se conjuguent pour expliquer ce déclin : la concurrence de l’industrie textile mécanisée, la recherche de conditions de vie moins rudes, l’exode rural qui touche en ce siècle de révolution industrielle, les deux groupes les plus modestes, journaliers et tisserands. Même si l’on tient compte de l’installation de tuileries, Saint-Rémy offre peu d’emplois, en revanche, il s’en crée à Descartes où la papeterie est en plein essor ; dans la cité ouvrière construite pour la main d’œuvre, les conditions de vie sont bien meilleures que dans les caves troglodytiques qui ont abrité des générations de tisserands disparus définitivement de Saint-Rémy-sur-Creuse.

A propos du CCHA

Fondé en 1999, le CCHA vise à la découverte, la sauvegarde et la promotion du patrimoine documentaire du Pays châtelleraudais. Il bénéficie de la collaboration des archives municipales et communautaires de Châtellerault, des archives de la Vienne, du SHD (Service historique de la Défense, centre de Châtellerault) et des musées de Grand Châtellerault.

Les liens avec l’université de Poitiers sont amplifiés par une convention contractée plus spécifiquement avec l’un des laboratoires de Sciences Humaines, le CRIHAM (centre de recherche interdisciplinaire en Histoire, Histoire de l’Art et Musicologie).

Le CCHA contribue à la réalisation de bases de données numériques à partir des archives sur la Première Guerre mondiale ; il travaille avec le CRIHAM à l’Atlas historique numérique de la Nouvelle Aquitaine.

Il entretient des partenariats avec des communes et des associations pour animer la vie culturelle de Grand Châtellerault : participation aux journées de l’Histoire, aux Journées du Patrimoine, à des salons du livre d’Histoire, aux manifestations organisées par les services « Pays d’art et d’histoire » et « Tourisme et attractivité » de Grand Châtellerault. Au niveau national, il participe aux travaux de la Mission du Centenaire de la Première Guerre mondiale, à l’histoire nationale des arsenaux.

Le Centre intervient aussi dans la vie sociale lors de séminaires avec des professionnels et des responsables associatifs, lors de causeries auprès des personnes âgées dans les foyers-logements, lors d’animations de quartiers.

Les interventions en milieu scolaire se développent : le DVD et le prochain thème de recherche sur l’éducation y seront propices.

Le CCHA est un milieu de recherche historique ouvert à tous. Il dispose d’un groupe de recherche en archives sur l’histoire du Châtelleraudais (le GRAHC) qui choisit de traiter un thème différent tous les trois ans. Thème actuel, de 2018 à 2020 : Éducation et formation dans le Châtelleraudais du XVIIIe au XXe siècle.

Ces recherches permettent de publier une revue semestrielle destinée aux adhérents et proposée à la vente lors des forums publics et salons. Y figurent les articles du GRAHC et les textes issus des conférences bimensuelles organisées par le Centre. Une collection de hors-série et des numéros spéciaux viennent enrichir ses productions. Des expositions sont également montées régulièrement.

                Un atelier de paléographie est animé par le conservateur des archives municipales et communautaires de Grand Châtellerault.

Le CCHA organise des sorties historiques et patrimoniales dans le Châtelleraudais.

 

Coordonnées : Jean-Luc.Gillard@wanadoo.fr,  ccha.chatellerault@gmail.com

http : //ccha.fr, page facebook : Centre Châtelleraudais d’Histoire et Archives

Les statuts du CCHA, la composition du conseil d’administration et du bureau

Ils datent de 1999, ils ont été modifiés en octobre 2013.CCHA_statut

Composition du conseil d’administration : Marie-Claude ALBERT, Françoise ALLIGNET, Bernadette ASSELIN, Nadia BIGOT, Claudie BOURREAU, Joseph CHOTARD, Bernard FY, Jean-Luc GILLARD, Jean-Noël LATTWEIN , Claude Ligeard, Françoise METZGER, Claudine PAULY,  membres élus, et Pascal BORDERIEUX, représentant les Archives Municipales et Communautaires, membre de droit.

Président :                               Jean-Luc Gillard

Vice -présidente :                   Claudine Pauly

Trésorière :                             Françoise Allignet

Trésorier-adjoint :                  Joseph Chotard

Secrétaire :                             Françoise Metzger

Secrétaire -adjointe :              Claudie Bourreau

Secrétaire aux conférences :  Marie-Claude Albert