C.C.H.A

Centre Châtelleraudais d'Histoire et d'Archives

Association fondée en 1999, le C. C. H. A. a pour but de découvrir, protéger, exploiter et mettre en valeur l’histoire et le patrimoine du pays châtelleraudais par les recherches en archives et de témoignages.

La ligne de démarcation, Eric Alary

En 1940, lorsque l’armistice franco-allemand entre en vigueur, la France est occupée par les Allemands sur une large partie de son territoire. Déjà en 1870 et 1914-1918, des départements français du Nord-Est ont connu l’occupation allemande. Toutefois, celle qui commence en 1940 est singulière, car les militaires allemands ont conçu une parcellisation de la France en fonction de leurs besoins militaires, économiques, politiques et idéologiques. Tantôt objets de chantage, tantôt objets d’espoir pour le régime de Vichy, toutes les zones ont été contraignantes qui pour la vie quotidienne des Français, qui pour la bonne marche de l’économie, mais aussi les individus traqués par les polices françaises et allemandes. Cela a incontestablement pesé sur les relations franco-allemandes, sur la politique de collaboration et naturellement sur la vie quotidienne des Français.
Deux histoires défilent parallèlement et parfois, se chevauchent : une histoire de la ligne officielle – c’est-à-dire celle de son instauration, de ses aspects techniques, juridiques, politiques et économiques- et une histoire de la ligne clandestine- à savoir celle des activités illégales interzones, françaises et allemandes des passages. Sur cette dernière, la réponse à toutes nos interrogations est parfois difficile ou incomplète, tant il est vrai que des milliers de personnes ont franchi la ligne de démarcation sans que nous puissions jamais toutes les compter ou les situer sur le tracé. L’histoire de la ligne s’est souvent bornée à celle de ses passeurs, presque toujours résumée de façon romanesque. L’histoire de la clandestinité du passage interzone embrasse le monde des passeurs, des passagers clandestins et donc, des répressions exercées. Le département de la Vienne a été l’un des treize départements divisé par la ligne de démarcation jusqu’au 1er mars 1943. Châtellerault a souvent servi d’étape de transition vers la France non occupée.

 

La suite de l’article : Eric Alary, La ligne de démarcation

Le Front populaire dans le Châtelleraudais 1934-1939, David Hamelin

Nous tenons, tout d’abord, à saluer les organisateurs de cette semaine consacrée au Front Populaire. Il s’agit, en effet, de la  première initiative dans le département ayant pour but de commémorer publiquement un des évènements majeurs, une des périodes clefs de notre histoire locale. Au cours de cette initiative, vous avez, de surcroît, eu l’occasion d’entendre des conférenciers de talent, et qui ont très peu eu l’occasion d’intervenir dans notre département malgré la présence d’une Université importante.

Avant de nous plonger dans le coeur de notre communication, il apparaît nécessaire d’apporter  quelques  remarques sur les commémorations du Front Populaire.

Force est de constater, que le souvenir du Front Populaire semble se dissiper avec les années. Certes les acteurs de cette époque nous ont quitté pour la plupart et ne font plus vivre de manière sensible cette période, mais ce phénomène n’explique pas tout. A l’heure où la gauche se cherche et ambitionne de réunir les différentes sensibilités qui la composent (aujourd’hui autour du clivage gauche gestionnaire/gauche antilibérale ou anticapitaliste), il paraît étonnant que les uns ou les autres ne revisitent pas cette période, avec bien entendu un appareil critique et distancié, mais au moins pour prendre la mesure du travail accompli par nos prédécesseurs. En l’espace de vingt ans le Front Populaire est passé, au sein de la gauche politique, du patrimoine politique collectif et revendiqué à un vieux souvenir parfois empli de clichés.
Les commémorations sont salutaires et nécessaires pour transmettre la mémoire collective. Vous me permettrez cependant de m’inquiéter du peu de recherches nouvelles ou inédites sur cette période, cantonnant le Front Populaire dans une image figée.

 

La suite de l’article : David Hamelin, Le Front populaire dans le Châtelleraudais 1934-1939

Violences contre les Gendarmes au XIXème siècle, Gwénaël Murphy

Au fil des siècles, les législations évoluent et étendent de plus en plus le champ d’action de la force publique. Au XIXème siècle déjà, les forces de l’ordre peuvent ainsi se rendre dans les foyers pour y régler, au nom de la loi, des conflits qui ne sont plus laissés à la seule discrétion des membres de la famille. L’inceste, les meurtres d’enfants mais aussi les femmes battues ou supprimées pour des raisons d’intérêts ou d’opportunités familiales amènent les gendarmes à intervenir. Cette ingérence est peu admise dans les campagnes. Au cours des interventions ou des investigations le gendarme, agissant souvent seul, sans les techniques de précaution enseignées aujourd’hui, peut y laisser la vie.
D’autre part, l’ordonnance royale de 1820 demande à la Gendarmerie Nationale « d’assurer la police des routes, des foires et des marchés, de surveiller les mendiants, les vagabonds et les gens sans aveu ». Elle illustre l’ampleur et la diversité des missions de police civile de ces militaires. Parmi les forces de l’ordre qui prêtent serment pour faire respecter la loi, avec les policiers, les Gardes nationaux, les huissiers ou les gardes champêtre, les gendarmes sont toutefois ceux qui subissent le plus de violences dans la première moitié du XIXème siècle : les deux tiers de ces actes leur sont destinés. Lors de la verbalisation d’un braconnier, l’arrestation d’un contrebandier ou d’un déserteur, ils se heurtent à des résistances individuelles, qui deviennent vite collectives par le jeu des solidarités familiales et communautaires. Agissant parfois seul, sans les techniques de précaution contemporaines, il peut y laisser sa vie.

 

La suite de l’article : Gwénaël Murphy, Violences contre les Gendarmes au XIXème siècle

Dancings d’autrefois, Geneviève Millet

Le théâtre municipal
Construit de 1842 à 1844 sur l’emplacement de l’ancienne chapelle des Minimes, sous Louis Philippe, il devient municipal en 1860. Des travaux de rénovation, en 1899 portent la capacité de la salle de théâtre de 550 à 606 spectateurs. En face d’elle, au 1er étage, la salle de la Redoute parquetée offre une grande surface. Dans les journaux les plus anciens, Mémorial de 1876, Echo de Châtellerault  des années 1850, on voit que le bâtiment accueille des troupes de théâtre, des concerts, des revues, mais on y donne également des bals, des bals travestis soit dans la salle du théâtre qui peut se transformer (rebord à 50 cm de haut pouvant accueillir un plancher) soit dans la salle de la Redoute.

 

La suite de l’article : Geneviève Millet, Dancings d’autrefois

Petit Casino dans le tourbillon politique, Geneviève Millet

Au XIXe siècle les cafés-concerts sont en vogue en Europe. Rodolphe Salis, né à Naintré et enterré à Châtellerault (1851-1897), crée à Paris en 1881, sur la butte Montmartre, le cabaret
du Chat-Noir. L’invention de Salis sert de modèle à de nombreux cabarets dans les villes de France, Châtellerault possède elle aussi son « Beuglant »1. Le Mémorial du Poitou annonce pour le 31 mai 1900 l’ouverture de la saison d’été à l’Alcazar et présente le programme. L’entrée est libre, il suffit de consommer. Pendant une bonne dizaine d’années, l’Alcazar, appelé de 1906 à 1911 Petit-Casino, fait la joie des Châtelleraudais qui peuvent assister aux prestations de nombreux artistes : chanteurs, comiques, prestidigitateurs, pétomanes, équilibristes, acrobates, contorsionnistes etc.…On y danse, on y chante, on y boit. On dit que le plafond de la salle était décoré des fresques grivoises, il n’en reste rien aujourd’hui.

 

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