C.C.H.A

Centre Châtelleraudais d'Histoire et d'Archives

Association fondée en 1999, le C. C. H. A. a pour but de découvrir, protéger, exploiter et mettre en valeur l’histoire et le patrimoine du pays châtelleraudais par les recherches en archives et de témoignages.

La Poste de Châtellerault. Histoire et architecture, Céline Martel

La mise en œuvre d’une véritable architecture postale intervient, en France, à partir des années 1880. S’engage alors une série de mutations au sein des édifices postaux qui deviennent le reflet d’une politique, d’une administration, d’impératifs sociaux, de progrès techniques, etc.

Au plan politique et administratif…

Les services des Postes et des Télégraphes fusionnent en 1879 pour créer un ministère dissout puis rattaché au ministère du Commerce et de l’Industrie en 1887. S’en suivra une longue série de transferts ministériels. Si l’État acquiert les réseaux de la Société des Téléphones en 1889, ce n’est qu’en 1929 qu’est créé le ministère des Postes, Télégraphes et Téléphones. La Poste fait également siennes de nouvelles missions dans le domaine bancaire avec l’ouverture de la Caisse Nationale d’Épargne, en 1882, suivie, en 1917, par la création des Chèques Postaux.
L’appartenance au territoire national et au service public se manifeste en façade et  dans la salle des guichets par l’introduction, dans le décor, de symboles républicains (« République Française » ou « RF », coq gaulois, faisceaux de licteurs, etc.) associés à ceux des Postes, Télégraphes et Téléphones (inscriptions, monogramme « P.T.T. », tête et attributs de Mercure, fils du télégraphe, godets téléphoniques, etc.).

 

La suite de l’article : Céline Martel, La Poste de Châtellerault. Histoire et architecture

 

L’industrie châtelleraudaise et ses capacités d’innovation, Marie Ferru

L’approfondissement de la mondialisation et les changements qui l’accompagnent (accélération du changement technique, concurrence accrue, demande versatile, etc.) affectent les entreprises mais également les territoires sur lesquels elles sont inscrites. Certains acteurs redoutent en France un processus de désindustrialisation de l’économie provenant de délocalisations vers les pays en développement, initiées pour bénéficier du différentiel de coût du travail et entraînant une baisse des effectifs industriels. Certains territoires semblent concernés par ce mouvement et présentent a priori des problématiques de reconversion industrielle fortes, à l’instar de villes moyennes traditionnellement centrées sur le secondaire comme la vallée de l’Arve, le bassin de Nogent, Oyonnax ou le Choletais. Ces villes moyennes, dont la définition et les limites sont encore floues (cf. Andrieu, 2007), constituent un niveau intermédiaire essentiel, bien souvent occulté relativement aux grandes métropoles, considérées comme des territoires plus dynamiques et dont les enjeux semblent plus prégnants.
L’industrie du Châtelleraudais, territoire le plus industriel de la région Poitou-Charentes, a fait l’objet d’une attention particulière des décideurs locaux, suite aux décisions récentes de fermetures d’entreprises. Nous nous proposons ici d’établir une analyse économique approfondie de l’industrie châtelleraudaise en nous appuyant sur une monographie de l’industrie châtelleraudaise, dans une perspective dynamique. La construction historique des compétences de ce territoire nous permet de mieux comprendre son positionnement économique actuel et ses capacités d’innovation.
Nous reviendrons dans un premier temps sur la situation économique de Châtellerault avant de rendre compte de l’histoire industrielle de ce territoire. Plus précisément, grâce à un travail d’enquête auprès d’entreprises du territoire, nous proposerons une reconstruction de sa trajectoire cognitive, de ses reconversions sectorielles et de sa spécialisation actuelle. Nous mettrons ainsi en évidence l’existence d’un « système local de compétences » (Grossetti, Zuliani et Guillaume, 2006) autour des savoir-faire de la mécanique et soulignerons certains enjeux économiques du territoire châtelleraudais. Nous observons enfin, grâce à des données issues de questionnaires auprès des établissements locaux, que les établissements du Châtelleraudais innovent au moins autant que les autres territoires grâce à l’intégration d’innovations déjà existantes sur le marché et à l’établissement de collaborations inter-entreprises majoritairement non locales

La suite de l’article : Marie Ferru, L’industrie châtelleraudaise et ses capacités d’innovation

 

 

La coutellerie à Naintré, Catherine Falloux

Article écrit pour la Communauté d’Agglomération du Pays Châtelleraudais à l’occasion d’un parcours de découverte.

La coutellerie à Naintré

Durant plus d’un siècle, entre 1840 et 1950, les rives du Clain accueillent de grandes coutelleries industrielles qui se succèdent depuis Naintré jusqu’à la confluence de la Vienne. Ces manufactures, issues de la révolution industrielle, appartiennent à l’histoire de la coutellerie châtelleraudaise dont les origines remontent au Moyen Âge. Dès le XVIe siècle, les maîtres couteliers de Châtellerault sont reconnus parmi les meilleurs du royaume.
Cette activité s’est développée grâce au réseau hydrographique de la région. Par la Vienne arrivent les matières premières, le fer et le charbon de bois du Nivernais, mais aussi les bois exotiques, la corne, l’ivoire ou la nacre destinés à la fabrication des manches. Les bateaux repartent chargés de couteaux, ciseaux, poignards, dagues, rasoirs et autres articles de coutellerie qui, à partir du bassin de la Loire, sont vendus dans tout le pays, parfois à l’étranger.
Si les eaux de l’Ozon, de l’Envigne ou de la Vienne ont refroidi les meules des maîtres couteliers, servi à la trempe des lames et parfois actionné quelques soufflets de forges dans les ateliers familiaux, celles du Clain font tourner les puissantes roues des manufactures à Naintré et Cenon où se concentrent, à partir du XIXe siècle, toute l’activité coutelière.

 

La suite de l’article : Catherine Falloux, La coutellerie à Naintré

 

Ateliers de broderie, brodeuses depuis le XVIIe siècle jusqu’à la Seconde guerre mondiale, Geneviève Millet

L’art de la broderie est presque aussi ancien que celui du tissage, c’est le premier de tous les arts plastiques.
A Châtellerault, tout semble avoir commencé en février 1640 quand le duc d’Orléans fonde un établissement des Filles de Notre-Dame, ordre de Saint-Augustin, pour l’instruction des jeunes demoiselles1. Les Filles de Notre-Dame s’installent à l’hôtel du Chastelet, acheté à François Lucas, sieur de Vangueille (lui-même le tenant, depuis 1623, de René Allamant, sieur de Guépéan). Cinq religieuses, sortant d’un monastère de Lorraine complètement ruiné par les guerres, forment le noyau de cette maison : Alix de la Croix, supérieure ; Elizabeth d’Olstise Liégeois, Charlotte Gabrielle Bélière, Marie Archange Arnault, Marie-Catherine Huguet et Françoise d’Olmère. L’établissement devient vite florissant, on y compte trente religieuses s’occupant de quatre cents externes et de nombreuses pensionnaires. Les soeurs enseignent à leurs élèves, en plus des matières habituelles, la broderie. Les religieuses maîtrisent parfaitement cet art car, dans de nombreux couvents, la broderie et les dentelles font depuis toujours partie de la vie monastique et, en Lorraine, la broderie s’est développée depuis le XVe siècle.

1. Abbé Lalanne, Histoire de Chatelleraud et du Chatelleraudais, Châtellerault, 1859, t. II, p. 159 à 162.

La suite de l’article : Geneviève Millet, Ateliers de broderie, brodeuses depuis le XVIIe siècle jusqu’à la Seconde guerre mondiale

 

Broderies réalisées à Châtellerault, Françoise Merle

Le filet brodé

Sur un cadre métallique rectangulaire ou carré, de diverses dimensions, on réalise le filet le plus souvent avec un fil de lin ou de coton, en utilisant une aiguille dont chaque extrémité se termine par une fourche permettant d’enrouler le fil dessus dans le sens de la longueur ; cette aiguille fait office de navette et permet la réalisation de mailles nouées entre elles et leur régularité se fait à l’aide d’une baguette en bois, acier ou ivoire dont le choix du diamètre délimite la grosseur. Le filet terminé a l’aspect d’une grille aux mailles nouées aux 4 angles.
Sur ce filet s’exécute la broderie, souvent avec le même fil que celui-ci. Les motifs sont majoritairement réalisés au point de reprise, mais il en existe des plus ouvragés. Les broderies peuvent représenter des formes géométriques, des fleurs, des animaux, des personnages.
Le filet brodé a été utilisé en ameublement, en linge et vêtements d’église ou incrusté dans des vêtements civils.

 

La suite de l’article : Françoise Merle, Broderies réalisées à Châtellerault