C.C.H.A

Centre Châtelleraudais d'Histoire et d'Archives

Association fondée en 1999, le C. C. H. A. a pour but de découvrir, protéger, exploiter et mettre en valeur l’histoire et le patrimoine du pays châtelleraudais par les recherches en archives et de témoignages.

N°29 Châtellerault Rive gauche

DOSSIER : CHÂTELLERAULT, RIVE GAUCHE

 Les abattoirs de Châtellerault, Claudine Pauly, p. 2

 Les débuts du service postal dans le faubourg de Châteauneuf,Jean-Luc Gillard, p. 17

 Lieux-dits sur la nationale après le pont d’Estrées, Lucile Degorce, p. 32

 

La population active de Châtellerault en 1911, Jean-Noël Lattwein, p. 41

 Conférences

 La mobilisation de la manufacture en 1914-1918,   Marie-Claude Albert, Pierre Bugnet, p. 44

« Mémoire des hommes », un site internet à la mémoire des combattants, Sylvain Lebreton, p. 54

Varia

Le chanvre ; La culture et l’usine d’Ouzilly, Geneviève Millet, p. 64

Une campagne électorale à l’américaine en 1910,   Alain Houisse, p. 74

 Des documents inédits 

 Une chanson d’avant-guerre Marie-Claude Albert et Denise Hoyen, p. 88

 

 La vie du CCHArevue 29

Quand l’hôtel Alaman était un hôpital, Pierre Bugnet, p. 90

Foire de la Saint-Roch, Arlette Banos

Un journaliste du XIXème siècle exprimait son opinion sur la foire de la St Roch (article relevé dans l’Echo Châtelleraudais N°418 du 29/07/1860) :
« Je me suis souvent demandé pourquoi Châtellerault avait pris St Roch pour patron de sa fête. Nous n’avons jamais eu ni église ni chapelle sous l’invocation de ce saint. Sa statuette n’est au coin d’aucune rue. Si nos ancêtres qui l’ont choisi ont voulu un saint avec une bête, pourquoi pas Saint Antoine, pourquoi pas Saint Luc, pourquoi pas tout autre ?
Un antiquaire de mes amis qui explique les hiéroglyphes et trouve que les quadrupèdes des corniches et des guirlandes des vieilles maisons en ruine signifient une foule de choses dont le profane n’a pas idée, prié de me dire ce qu’il en était, m’a répondu que les chartes du pays n’en faisaient pas mention. J’ai feuilleté les deux volumes de l’« Histoire de Châtellerault » de l’abbé Lalanne , je n’ai rien trouvé qui ait fait adopter tel saint plutôt que tel autre. Si c’est l’animal qui a fait choisir le saint, pourquoi le chien plutôt que le compagnon de Saint Antoine, plutôt que l’oiseau de Saint Luc. Vous me direz : qu’est-ce que cela peut vous faire ?
Je suis de votre avis, rien. Mais enfin, quand un problème vous trotte par la tête, on n’est pas libre de ne pas en chercher la solution.
Cette solution que nous avons demandée vainement aux archives et aux archéologues, nous croyons nous souvenir de l’avoir vue taillée en relief sur une pierre trouvée dans les décombres de l’ancienne chapelle du châteaufort à Châteauneuf.
Cette pierre représentait plusieurs personnages maigres, allongés, chétifs, agenouillés devant St Roch et son chien.
Faut-il un grand effort d’imagination pour reconnaître que St Roch était invoqué dans les cas de peste et contre les maladies contagieuses, et un grand fléau s’étant abattu sur le Poitou en 1477, nos pères l’implorèrent promettant de le reconnaître pour patron s’il voulait les en délivrer. Ce qui eut lieu probablement en ce temps là, et ce qui fait que de nos jours, Châtellerault jouit certainement d’un air salubre et que les épidémies qui à plusieurs époques ont frappé les diverses contrées du Poitou, ne l’on jamais atteint.
Cette explication nous semble naturelle et satisfaisante. Elle est la bonne ; ce qui le prouve, c’est cette affection qui nous saisit tous dès l’enfance et qui nous suivant dans nos plus longs voyages et jusque sur les rives étrangères, ne nous fait jamais penser à la patrie sans nous faire penser également à notre cher Saint Roch ».

 

La suite de l’article : Arlette Banos, Foire de la Saint-Roch

Les cirques à Châtellerault, Arlette Banos

Au XIXème siècle  les cirques étaient très appréciés lors de leur passage à Châtellerault. Pour les enfants et aussi pour les adultes, c’était synonyme de fête

En 1883, le Grand CIRQUE AMERICAIN à Châtellerault – dimanche 10 août sur le nouveau Champ de Foire. – Deux représentations.
C’est le seul qui voyage en Europe avec un personnel aussi nombreux d’artistes remarquables et un matériel aussi complet.
Le Grand Cirque Américain est également l’unique établissement faisant concurrence au célèbre Barnum de New-York.
Il présente une quantité d’animaux domptés et dressés en liberté.
C’EST LA GRANDE ATTRACTION DU JOUR :
-Course de Jockeys et d’Amazones – Steeple-Chase – Courses de chariots – Les postillons russes – Courses de chevaux en liberté – Gladiateurs – Courses romaines – Jeux des Arènes , etc.
Sports hippiques – Ecuyers américains – Intermèdes comiques par toute une armée de clowns – Concours d’athlètes, etc.
L’Administration met à la disposition du public : 1.000 places à 3fr. – 3.000 places à 2f. –4.000 places à 1fr.
Grande CALVACADE à midi ½
Le public peut, comme curiosité, aller voir monter les immenses tentes ; la rapidité avec laquelle s’opère ce travail l’intéressera . (Echo Châtelleraudais du 18 août 1888).

 

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Fêtes d’autrefois aux Ormes, Colette Braguier, Pierre Braguier

L’Assemblée des Ormes.

Au début du XXème siècle, comme tous les gros bourgs, Les Ormes a son assemblée annuelle. Elle a lieu le dernier dimanche d’août.
A une époque où la télévision et le cinéma n’existent pas, les fêtes sont très recherchées, les gens n’hésitent pas à se déplacer. La fête aux Ormes est très réputée dans le châtelleraudais et draine ainsi toute une foule venue des alentours. On descend de Poizay, on vient de La Haye (Descartes), on vient de l’Indre et Loire, Pussigny, Antogny en carriole. Mais surtout, un train entier de voyageurs vient de Châtellerault, ils en descendent déjà joyeux à l’idée qu’ils vont bien s’amuser ce jour-là. On peut prendre plusieurs trains depuis Châtellerault, même l’express. En effet, le comte d’Argenson, lorsqu’il avait vendu une portion de sa ferme de la Poste aux Chevaux à la Société des Chemins de Fer d’Orléans, avait monnayé l’arrêt aux Ormes de deux trains express. Cet arrangement lui est bien pratique pour monter à Paris assurer sa fonction de député et en revenir dans la journée. Cette facilité profite à tout le monde.
Le bourg des Ormes dépend énormément de la présence de son châtelain. C’est sa raison d’exister depuis trois siècles et cette dépendance se fait toujours sentir à l’aube du XXème siècle. Le chef de famille, à cette époque, est Marc Pierre Voyer d’Argenson, né le 9 mars 1877. Il est maire des Ormes, conseiller général du canton de Dangé et député de la Vienne. Il participe aux frais de l’assemblée en prêtant son concours et les cours de son château.

 

La suite de l’article : Colette Braguier, Pierre Braguier, Fêtes d’autrefois aux Ormes

Les fêtes pendant la première guerre mondiale, Françoise Metzger

En ce début d’été 1914, malgré les tensions internationales et les menaces sur la paix, la population de Châtellerault profite au maximum des distractions offertes : concerts de la fanfare la Châtelleraudaise place de la République, de l’Harmonie au kiosque à musique,  voyages aux châteaux de la Loire ou sur le littoral breton, représentations théâtrales comme Ma tante d’Honfleur qui a fait un million de recettes lors des cent premières représentations. Le 14 Juillet a été fêté comme à l’habitude avec la retraite aux flambeaux du 13 et, le 14, un défilé des troupes et des sapeurs-pompiers suivi de manifestations sportives (gymnastique, course de vélos, envol de montgolfières) le tout rythmé par la musique et couronné par le feu d’artifice du pont Henri IV. Mais ce sont les séances de cinématographe qui attirent le plus de spectateurs, avec deux salles équipées, au Théâtre et rue Bourbon. Les avis sont partagés sur la qualité des programmes comme en atteste cette chronique anonyme du 20 juin 1914 signée  l’Observateur. « Chaque soir les promenades de notre ville sont sillonnées par de nombreux promeneurs amenés par les séances de cinématographe en plein air données par quelques cafés de la ville. Le dimanche en particulier, il y a une affluence extraordinaire de curieux. Rien de surprenant car, avec la vie chère, on aime bien les spectacles qui ne coûtent rien […]. Il faut convenir que ces spectacles de photographies animées sont vraiment intéressantes, mais il y a une chose de bien choquante, c’est de voir cette quantité d’enfants être déjà les spectateurs de tous les vices de l’humanité : mauvais ménages, querelles de famille, scènes d’adultères, liaisons irrégulières etc. etc. en un mot tout ce qui constitue les tares de notre société. […] Il me semble que si j’étais le maire de Châtellerault, je tolèrerais bien tous les cinémas en plein air, mais à condition qu’ils ne donnent que des films qui ne soient pas contraires à la moralité.»

 

La suite de l’article : Françoise Metzger, Les fêtes pendant la première guerre mondiale

Fêtes patronales et de quartier, Geneviève Millet

C’est un culte fort ancien, maintenu avec ferveur, ainsi qu’en témoignent nos journaux. De nombreuses professions vénèrent un saint-patron. C’est un protecteur, un conseiller, un consolateur, un signe de Dieu à leurs côtés. En général, on lui demande l’abondance dans les récoltes ou le bon déroulement du métier. Nous avons trouvé trace à Châtellerault de la fête des maçons, en mai 1851, des artilleurs en décembre 1876, des charpentiers en mars 1877-78-80, des couteliers en avril 1900. Saint-Fiacre est fêté par les jardiniers fin août –début septembre au début du XXe siècle, saint-Crépin par les cordonniers en novembre 1900, saint-Eloi par les forgerons de 1900 à 1913 puis reprise à partir de 1925. Les laboureurs honorent la saint-Blaise depuis la fin du XIXe siècle jusqu’à nos jours, les pompiers la Sainte-Barbe depuis1879 au moins, les musiciens la Sainte-Cécile. Voici les principales fêtes patronales. La Saint-Fiacre, la Saint-Crépin la Saint-Eloi ont disparu en temps que célébrations d’un corps de métier. Les commerçants, les forains, les cafetiers tenaient également leur fête dans les années 1910 jusqu’à la seconde guerre.

 

La suite de l’article : Geneviève Millet, Fêtes patronales et de quartier