C.C.H.A

Centre Châtelleraudais d'Histoire et d'Archives

Association fondée en 1999, le C. C. H. A. a pour but de découvrir, protéger, exploiter et mettre en valeur l’histoire et le patrimoine du pays châtelleraudais par les recherches en archives et de témoignages.

Louisbourg,un passé commun oublié (1717-1758), Anthony Belin

A-LES ACADIENS ET LA FONDATION DE  LOUISBOURG (1717-1758)

Les exilés de PORT ROYAL

Le roi d’Espagne Charles II mourut en 1700. Il désigna son petit neveu, petit-fils de Louis XIV et dauphin de France comme successeur. Cette succession ne fut pas du goût de l’empereur d’Autriche, gendre de Charles II par son premier mariage avec la fille unique du roi espagnol. L’Empereur revendiqua le trône espagnol pour son fils cadet, issu de son troisième mariage avec Eléonore de Palatinat-Neubourg. Ainsi débuta la guerre de Succession d’Espagne (1701-1714) opposant les Franco-Espagnols aux Anglo-Austro-Hollandais. Le conflit opposa surtout les Anglais aux Français. Les traités d’Utrecht, entre l’Angleterre et la France, en 1713, firent perdre à la France Terre-Neuve (à l’exception d’un droit de pêche dans ses alentours) où se trouvait Plaisance et l’Acadie orientale (actuels Nouveau-Brunswick et Nouvelle-Écosse) . Les habitants de Plaisance durent donc s’exiler et furent rapatriés à Saint-Pierre, en attendant de s’établir ailleurs, dans les colonies françaises. Les Anglais contrôlèrent ainsi l’entrée du golfe du Saint-Laurent, à l’exception de l’Ile Royale. Cette île se retrouva ainsi au cœur de la rivalité anglo-française et la construction d’une forteresse sur cette île devint donc primordiale.

 

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Le marquis de Pérusse des Cars et la Physiocratie, Jacqueline Gagnaire, Claudine Pauly

M. de Pérusse

Louis Nicolas de Pérusse des Cars dont le nom est le plus souvent associé à celui des Acadiens qu’il reçut sur ses terres au XVIIIe siècle est un personnage important du Châtelleraudais qui mérite, à plus d’un titre, d’être connu.

Né en 1724 dans une famille de haute noblesse limousine dont la notoriété remonte au IXe siècle, il est le dernier enfant d’une fratrie de dix.
Très jeune, il entre au service de l’armée. Il y fait  une brillante carrière, franchissant rapidement les grades subalternes avant de commander un régiment à l’âge de 20 ans.
Après de nombreuses campagnes et des années de métier, le marquis de Pérusse des Cars possède à la fin de sa carrière active, un régiment de son nom stationné en Westphalie-Rhénanie.
A 26 ans, en 1750, il épouse une très riche héritière du Bas-Poitou, Jeanne de la Hette d’Artaguette d’Yron qui lui donnera trois enfants, deux garçons et une fille. Le fils aîné, décédé à l’âge de 10 ans, est inhumé en l’église Saint-Ambroise de Monthoiron. Après son mariage, la seigneurie de Monthoiron intéresse vivement le Marquis et on le voit, trois ans plus tard, effectuer ses premières visites et faire dresser un état des lieux. C’est en 1755 qu’il acquiert définitivement, pour un prix relativement bas, le château, et son importante ferme, cinq métairies et des terres. A cette époque, il est toujours militaire  ce qui ne l’empêche pas de faire de grands projets pour son domaine…

 

La suite de l’article : Jacqueline GAGNAIRE, Claudine PAULY, Le marquis de Pérusse des Cars et la Physiocratie

Mourir au XVIIème siècle, attitudes des habitants de Châtellerault, Manon Schmitt

Si aujourd’hui la mort est perçue comme le point final de la vie, au XVIIème siècle, elle est un moment de passage : les hommes de l’Ancien Régime considéraient que la mort ouvrait à la vie éternelle. Le christianisme est en effet une religion de salut : il enseigne que l’homme est composé d’un corps périssable et d’une âme immortelle destinée, soit au bonheur qui est d’être avec Dieu au paradis, soit au malheur qui est la damnation en enfer avec Lucifer. C’est Dieu, qui, au moment du jugement particulier, après la mort, décidera de placer l’âme du défunt au paradis ou en enfer. Comme sous l’Ancien Régime la très grande majorité des Français, et aussi des Châtelleraudais, sont catholiques pratiquants, ils vivent dans une peur panique du jugement de Dieu à l’heure de leur mort, et dans la menace de l’enfer.
L’intérêt de cette étude est de comprendre comment chacun vivait ce moment décisif qu’est le moment du trépas, comment chacun préparait sa mort, et tentait d’assurer le salut de son âme au paradis. Quelles étaient les pratiques et les attitudes religieuses des Châtelleraudais à l’heure de la mort ?

 

La suite de  l’article : Manon Schmitt, Mourir au XVIIème siècle, attitudes des habitants de Châtellerault

La désobéissance civile en Châtelleraudais, 1815-1852, Gwénaël Murphy

La désobéissance civile consiste, si l’on se réfère à Henry David Thoreau, inventeur du terme en 1846, le refus de se soumettre à une loi jugée inique par ceux qui la contestent.
Aujourd’hui, le concept de désobéissance civile s’est étendu à de nombreuses personnes notamment par les actions très médiatiques des altermondialistes (manifestations anti-OGM) ou celles des mouvements anti-pub, certains ne voyant dans ces actions que la dégradation de bien, d’autres y voyant un acte salutaire visant a faire modifier la politique des autorités. De fait, même si la définition de notre sujet demeure difficile à établir avec limpidité, nous présenterons les différents actes perpétrés par des individus ordinaires ou des groupes contre les autorités locales ou nationales ou contre les lois qu’elles sont censées défendre, ce que l’on nommait alors les « séditions ». Trois temps vont composer cette étude : une réflexion sur les « petites désobéissances » avec l’exemple du braconnage, un travail sur l’insoumission politique sous l’angle des chants et des provocations séditieuses perpétrés par des individus en public, enfin une narration d’une émeute contre la cherté des denrées alimentaires à Lencloître.

 

La suite de l’article : Gwénaël Murphy, La désobéissance civile en Châtelleraudais, 1815-1852

Le syndicalisme des ouvriers de l’Etat avant 1914. L’exemple des Etablissements du Poitou-Charentes, Laurent Cantamessa

L’Etat, avant la Première Guerre mondiale, est présent dans de nombreux secteurs d’activité et notamment dans ceux touchant à l’armement. Il existe en Poitou-Charentes, quatre grands établissements de cette nature : l’Arsenal de Rochefort et la Fonderie de Ruelle, travaillant pour la Marine, la Manufacture d’armes de Châtellerault et la Poudrerie nationale d’Angoulême, placées sous l’autorité du ministre de la Guerre.

Dans ces départements dont l’économie est dominée par l’activité agricole et au sein de villes qui, Angoulême mise à part, ne possèdent pas d’autres industries notables, ces établissements occupent, en raison de leur importance, une place particulière. Plus de 750 ouvriers travaillent à la Poudrerie nationale au début du siècle, alors que la Fonderie de Ruelle en occupe un nombre supérieur à 1500. Ceci en fait les principaux établissements industriels de l’agglomération d’Angoulême. L’arsenal de Rochefort emploie environ 2700 ouvriers jusqu’à la guerre.
Enfin, le nombre d’ouvriers travaillant à la Manufacture de Châtellerault varie en fonction des commandes qui lui sont confiées. De 1886 à 1890, alors que la Manufacture connaît une phase de grande prospérité liée à la fabrication du fusil Lebel, 5800 ouvriers y travaillent. Signe de l’importance de la Manufacture à Châtellerault, la population de la ville varie en fonction de l’évolution de son activité.

 

La suite de l’article : Laurent Cantamessa, Le syndicalisme des ouvriers de l’Etat avant 1914. L’exemple des Etablissements du Poitou-Charentes

L’action collective dans le Châtelleraudais au XXe siècle, David Hamelin

Aujourd’hui les conflits sociaux qui s’illustrent par des manifestations et des mouvements de grèves font partie du paysage social commun des français mais aussi des Châtelleraudais. Pourtant si l’on s’attache à examiner ce phénomène sur la longue durée, ce que nous proposons de faire aujourd’hui, nous remarquons qu’il n’en fut pas toujours été ainsi. Le conflit social est en effet une expression fluctuante et déterminé par de nombreux facteurs : structures des rapports sociaux, environnement économique… Tout en participant à l’évolution des rapports sociaux le conflit n’en demeure pas moins une simple expression de ces rapports.
Il ne s’agit pas d’examiner aujourd’hui l’ensemble des expressions collectives à caractère public que Châtellerault a connu durant le siècle qui vient de s’achever, la tâche serait bien trop grande et pourrait manquer de cohérence mais il s’agit de montrer davantage l’articulation existant entre l’environnement social local et les poussées grévistes..
Pour mener à bien cette recherche, nous avons découpé notre objet en deux périodes distinctes au cours du XXème siècle. La première qui s‘étend de l’extrême fin du 19ème siècle à l944 est une période d’expérimentation conflictuelle. En effet pouvoirs publics, syndicats ouvriers ou patronat se familiarisent avec les nouveaux moyens d’expression collective mis en place par les législateurs de la Troisième République. Aussi les formes, la nature et les dimensions sociales et symboliques du conflit évoluent, sans pour autant prendre une forme définitive. La période qui suit et qui se prolonge jusqu’à aujourd’hui se caractérise par l’institutionnalisation du conflit social sous l’effet de différents facteurs que nous évoquerons plus bas. Cette institutionnalisation n’empêche aucunement l’éclosion de conflits violents, mais si ceux-ci permettent d’infléchir les décisions initialement prises par les pouvoirs publics, ils ne remettent pas forcément en cause l’existence de l’ordre établi.

 

La suite de l’article : David Hamelin, L’action collective dans le Châtelleraudais au XXe siècle