C.C.H.A

Centre Châtelleraudais d'Histoire et d'Archives

Association fondée en 1999, le C. C. H. A. a pour but de découvrir, protéger, exploiter et mettre en valeur l’histoire et le patrimoine du pays châtelleraudais par les recherches en archives et de témoignages.

Compte rendu du Forum du samedi 12 mai 2012 : la restauration des monuents historiques. L’Hôtel Alamand de Châtellerault

Guy Quintry-Lamothe, architecte des monuments historiques, est venu, samedi 12 mai, salle du Verger parler de « restauration du patrimoine». Une centaine de personnes présentes ont apprécié la projection de photos et leurs commentaires permettant de suivre les transformations et l’évolution des travaux des monuments restaurés, tous classés ou inscrits à l’inventaire des monuments historiques. Le conférencier, architecte formé à l’école de Chaillot et spécialiste de la restauration des monuments historiques, travaille donc en permanence au chevet de nos vénérables édifices auxquels il redonne vie…

Mais depuis quand s’occupe-t-on des bâtiments anciens en France ? Un peu d’histoire nous ramène à Prosper Mérimée qui, entré dans des bureaux ministériels, devient inspecteur des monuments historiques en 1834. Il fait, au fil de ses visites en France, un classement des monuments et en suit également les restaurations. Pour lui, il convient de consolider, nettoyer, conserver, ne rien ajouter. La lecture de sa critique acerbe et drôle à la fois, concernant la restauration « ratée » de l’église Saint-Jacques à Châtellerault fait sourire le public… mais suite à son rapport accablant, le clocher droit incriminé est supprimé en 1874.

Quand Saint-Jacques avait ses deux clochers… (coll. particulière)

Revenons à notre époque pour suivre monsieur Quintry-Lamothe dans ses interventions auprès de monuments de la région. Il s’est penché sur l’état des églises de Blanzay, de Colombiers, de Saulgé, où des fresques ont été restaurées et protégées, de Scorbé-Clairvaux qui a vu, grâce à un énorme travail, son clocher entièrement repris, ses arcs et ses appuis consolidés.

Le bâtiment de l’école Saint-Gabriel, à Châtellerault datant du XVe siècle, a été remis en état. A Archigny, la ferme acadienne no 1, construite en 1774, a été restaurée à l’identique en tenant compte des procédés utilisés à cette époque. A Poitiers c’est une maison du XVIe, située Grand’ rue qui a retrouvé son aspect médiéval. Toujours à Poitiers des travaux importants ont été entrepris à la Préfecture et très récemment à l’Hôtel de ville. Le bâtiment de l’actuelle patinoire de Châtellerault, installée dans les anciennes forges de la manufacture, sur un site protégé, est en projet de restauration. Les travaux doivent débuter en juin. Toujours en images, suivent des restaurations de petits manoirs ainsi que celles des châteaux de Vendeuvre, Touffou et même Azay-le-Rideau.

Puis, l’architecte nous présente un autre aspect de la restauration de monuments historiques, celui de la « réutilisation » des lieux ; là, on restaure l’ancien en y mêlant des éléments modernes comme le verre ou le fer. Certains de ces bâtiments sont transformés en lieux d’exposition ou en musée comme à Angers où sont présentées des sculptures de David d’Angers. C’est aussi le cas de La Roche Foucault, où le couvent des carmélites a été reconverti, entre autres utilisations, en salle de spectacle, avec fauteuils escamotables…

Enfin notre conférencier termine par l’Hôtel Alamand, à Châtellerault, édifice exceptionnel, inscrit aux monuments historiques en 1932. Il se trouve sur le site de l’ancien hôpital, à la sortie nord de la ville. Ce bâtiment n’est en réalité que le reste d’un important ensemble qui comportait trois ailes et dont nous avons pu voir un plan. Construit vers 1520, par Nicolas Alamand, ambassadeur de France en Italie et proche de François Ier, l’hôtel ou plutôt la partie restante est actuellement en voie de restauration ; extérieurement et intérieurement puisque des aménagements fonctionnels permettront d’accueillir des services municipaux et l’office de tourisme.

Monsieur Quintry-Lamothe en vient, avant de conclure, à parler des équipes d’ouvriers qui mènent à bien ses chantiers. Qu’ils soient de la région ou venus de plus loin, ils se doivent dans tous les cas, d’être compétents.

Ce fut un agréable voyage, mêlant Art et Histoire avec bonheur.

Jacqueline Gagnaire

La Poste de Châtellerault. Histoire et architecture, Céline Martel

La mise en œuvre d’une véritable architecture postale intervient, en France, à partir des années 1880. S’engage alors une série de mutations au sein des édifices postaux qui deviennent le reflet d’une politique, d’une administration, d’impératifs sociaux, de progrès techniques, etc.

Au plan politique et administratif…

Les services des Postes et des Télégraphes fusionnent en 1879 pour créer un ministère dissout puis rattaché au ministère du Commerce et de l’Industrie en 1887. S’en suivra une longue série de transferts ministériels. Si l’État acquiert les réseaux de la Société des Téléphones en 1889, ce n’est qu’en 1929 qu’est créé le ministère des Postes, Télégraphes et Téléphones. La Poste fait également siennes de nouvelles missions dans le domaine bancaire avec l’ouverture de la Caisse Nationale d’Épargne, en 1882, suivie, en 1917, par la création des Chèques Postaux.
L’appartenance au territoire national et au service public se manifeste en façade et  dans la salle des guichets par l’introduction, dans le décor, de symboles républicains (« République Française » ou « RF », coq gaulois, faisceaux de licteurs, etc.) associés à ceux des Postes, Télégraphes et Téléphones (inscriptions, monogramme « P.T.T. », tête et attributs de Mercure, fils du télégraphe, godets téléphoniques, etc.).

 

La suite de l’article : Céline Martel, La Poste de Châtellerault. Histoire et architecture