C.C.H.A

Centre Châtelleraudais d'Histoire et d'Archives

Association fondée en 1999, le C. C. H. A. a pour but de découvrir, protéger, exploiter et mettre en valeur l’histoire et le patrimoine du pays châtelleraudais par les recherches en archives et de témoignages.

Syndicats et syndicalistes à Châtellerault, 1944-1968, David Hamelin

Traiter un sujet tel que le syndicalisme confédéré dans le Châtelleraudais nécessite d’interroger la nature et le contenu du matériel disponible pour le chercheur.
L’histoire sociale du département de la Vienne est un de ces chantiers dont les fondations sont à peine posées. Les études scientifiques ou extra-universitaire sont assez rares et il n’existe aucune réelle dynamique collective à ce sujet. On ne peut donc s’appuyer que partiellement sur  les travaux existants. Quelles sont dans ces conditions les archives que nous pouvons mettre à profit pour réinsérer le syndicalisme dans son environnement et son histoire locale ? Il existe en premier lieu les archives « préfectorales » composées de rapports de police, des Sous-Préfets ou des renseignements généraux, ainsi que les archives d’origine syndicale (compte-rendus de congrès et de réunions, tracts…). La presse quotidienne départementale ou les organes militants locaux peuvent compléter utilement les types d’archives précitées. Enfin pour la période la plus récente, les entretiens oraux et l’accès à la documentation personnelle de militants peuvent être considérés comme des formes singulières d’archives et s’avérer très instructifs pour le chercheur.
La présente contribution n’abordera que les principales organisations syndicales confédérées agissant dans le Chatelleraudais, à savoir la CGT, la CGT-FO à partir de 1948, la CFTC et la CFDT à compter de 1965. Dans ces conditions, il s’agira pour nous de comprendre et d’analyser les ressorts de l’action syndicale dans le Chatelleraudais.

 

La suite de l’article : David Hamelin, Syndicats et syndicalistes à Châtellerault, 1944-1968

Le syndicalisme des ouvriers de l’Etat avant 1914. L’exemple des Etablissements du Poitou-Charentes, Laurent Cantamessa

L’Etat, avant la Première Guerre mondiale, est présent dans de nombreux secteurs d’activité et notamment dans ceux touchant à l’armement. Il existe en Poitou-Charentes, quatre grands établissements de cette nature : l’Arsenal de Rochefort et la Fonderie de Ruelle, travaillant pour la Marine, la Manufacture d’armes de Châtellerault et la Poudrerie nationale d’Angoulême, placées sous l’autorité du ministre de la Guerre.

Dans ces départements dont l’économie est dominée par l’activité agricole et au sein de villes qui, Angoulême mise à part, ne possèdent pas d’autres industries notables, ces établissements occupent, en raison de leur importance, une place particulière. Plus de 750 ouvriers travaillent à la Poudrerie nationale au début du siècle, alors que la Fonderie de Ruelle en occupe un nombre supérieur à 1500. Ceci en fait les principaux établissements industriels de l’agglomération d’Angoulême. L’arsenal de Rochefort emploie environ 2700 ouvriers jusqu’à la guerre.
Enfin, le nombre d’ouvriers travaillant à la Manufacture de Châtellerault varie en fonction des commandes qui lui sont confiées. De 1886 à 1890, alors que la Manufacture connaît une phase de grande prospérité liée à la fabrication du fusil Lebel, 5800 ouvriers y travaillent. Signe de l’importance de la Manufacture à Châtellerault, la population de la ville varie en fonction de l’évolution de son activité.

 

La suite de l’article : Laurent Cantamessa, Le syndicalisme des ouvriers de l’Etat avant 1914. L’exemple des Etablissements du Poitou-Charentes

L’action collective dans le Châtelleraudais au XXe siècle, David Hamelin

Aujourd’hui les conflits sociaux qui s’illustrent par des manifestations et des mouvements de grèves font partie du paysage social commun des français mais aussi des Châtelleraudais. Pourtant si l’on s’attache à examiner ce phénomène sur la longue durée, ce que nous proposons de faire aujourd’hui, nous remarquons qu’il n’en fut pas toujours été ainsi. Le conflit social est en effet une expression fluctuante et déterminé par de nombreux facteurs : structures des rapports sociaux, environnement économique… Tout en participant à l’évolution des rapports sociaux le conflit n’en demeure pas moins une simple expression de ces rapports.
Il ne s’agit pas d’examiner aujourd’hui l’ensemble des expressions collectives à caractère public que Châtellerault a connu durant le siècle qui vient de s’achever, la tâche serait bien trop grande et pourrait manquer de cohérence mais il s’agit de montrer davantage l’articulation existant entre l’environnement social local et les poussées grévistes..
Pour mener à bien cette recherche, nous avons découpé notre objet en deux périodes distinctes au cours du XXème siècle. La première qui s‘étend de l’extrême fin du 19ème siècle à l944 est une période d’expérimentation conflictuelle. En effet pouvoirs publics, syndicats ouvriers ou patronat se familiarisent avec les nouveaux moyens d’expression collective mis en place par les législateurs de la Troisième République. Aussi les formes, la nature et les dimensions sociales et symboliques du conflit évoluent, sans pour autant prendre une forme définitive. La période qui suit et qui se prolonge jusqu’à aujourd’hui se caractérise par l’institutionnalisation du conflit social sous l’effet de différents facteurs que nous évoquerons plus bas. Cette institutionnalisation n’empêche aucunement l’éclosion de conflits violents, mais si ceux-ci permettent d’infléchir les décisions initialement prises par les pouvoirs publics, ils ne remettent pas forcément en cause l’existence de l’ordre établi.

 

La suite de l’article : David Hamelin, L’action collective dans le Châtelleraudais au XXe siècle

Le Front populaire dans le Châtelleraudais 1934-1939, David Hamelin

Nous tenons, tout d’abord, à saluer les organisateurs de cette semaine consacrée au Front Populaire. Il s’agit, en effet, de la  première initiative dans le département ayant pour but de commémorer publiquement un des évènements majeurs, une des périodes clefs de notre histoire locale. Au cours de cette initiative, vous avez, de surcroît, eu l’occasion d’entendre des conférenciers de talent, et qui ont très peu eu l’occasion d’intervenir dans notre département malgré la présence d’une Université importante.

Avant de nous plonger dans le coeur de notre communication, il apparaît nécessaire d’apporter  quelques  remarques sur les commémorations du Front Populaire.

Force est de constater, que le souvenir du Front Populaire semble se dissiper avec les années. Certes les acteurs de cette époque nous ont quitté pour la plupart et ne font plus vivre de manière sensible cette période, mais ce phénomène n’explique pas tout. A l’heure où la gauche se cherche et ambitionne de réunir les différentes sensibilités qui la composent (aujourd’hui autour du clivage gauche gestionnaire/gauche antilibérale ou anticapitaliste), il paraît étonnant que les uns ou les autres ne revisitent pas cette période, avec bien entendu un appareil critique et distancié, mais au moins pour prendre la mesure du travail accompli par nos prédécesseurs. En l’espace de vingt ans le Front Populaire est passé, au sein de la gauche politique, du patrimoine politique collectif et revendiqué à un vieux souvenir parfois empli de clichés.
Les commémorations sont salutaires et nécessaires pour transmettre la mémoire collective. Vous me permettrez cependant de m’inquiéter du peu de recherches nouvelles ou inédites sur cette période, cantonnant le Front Populaire dans une image figée.

 

La suite de l’article : David Hamelin, Le Front populaire dans le Châtelleraudais 1934-1939