C.C.H.A

Centre Châtelleraudais d'Histoire et d'Archives

Association fondée en 1999, le C. C. H. A. a pour but de découvrir, protéger, exploiter et mettre en valeur l’histoire et le patrimoine du pays châtelleraudais par les recherches en archives et de témoignages.

N°32 de l’avant-guerre à l’après-guerre 14-18

Scorbé-Clairvaux, entre 1900 et 1914, une commune rurale du Châtelleraudais avant la Grande Guerre, Bernard Fy

La veuve Boiron-Guillot, libraire et imprimeur. Châtellerault, première moitié du XXe siècle, Christiane Escanecrabe

Un soldat blessé en 1914, Fernand Lécuillier Claudie et Alain Bourreau

Les élections d’avril-mai 1914 dans l’arrondissement de Châtellerault Alain Houisse

 Varia

De l’apprenti à l’ingénieur. Témoignage sur la formation à la Manu Jean-Claude Merle

 Conférences

Mémoires d’un élu communiste aux responsabilités locales, nationales et internationales, Paul Fromonteil

Un poilu châtelleraudais, Raoul Bouchet (1914-1916) au cœur des Archives, Pascal Borderieux

D’autres regards sur la guerre 14-18 Conférence de la Ligue des Droits de l’Homme, commentée Françoise Metzger

Des camps dans la Vienne, 1939-194 Conférences des archives départementales de la Vienne, commentées par Marie-Claude Albertcouv130

A propos de la conférence du 15 mars 2014 « Mémoire des Hommes ».

Malgré le soleil printanier incitant à la promenade dans le parc du château, les visiteurs se pressent, ce samedi, dans la  salle du Verger, côté journaux anciens, pour découvrir cette fois-ci les numéros de la presse nationale portant sur les années 1915, 1916 et 1917. Ces  journaux sont toujours présentés par Francis Garnier qui a récemment enrichi sa collection d’un exemplaire rare d’un journal de tranchée.

Centenaire oblige et la Grande Guerre, à l’honneur, devient le thème incontournable du CCHA pour les quatre années à venir. Ce thème, nous le retrouvons aujourd’hui avec Sylvain Lebreton, notre conférencier qui nous propose  une autre façon d’entrer en contact avec l’Histoire en utilisant le site internet « Mémoire des Hommes ».

Sylvain Lebreton est chef du département des Archives de l’Armement à Châtellerault. Il  est le principal concepteur du site et c’est lui qui a porté ce projet de 2000 à 2004… Ce jeune conférencier va nous conter l’histoire de ce site, d’un réel intérêt historique qui  permet, entre autre, de consulter en ligne 1 400 000 fiches  individuelles de soldats morts pour la France entre 1914 et 1918, un défit   technologique  passionnant et parfois difficile. Entrons donc dans les coulisses du site…

Faut-il rappeler que la Grande Guerre c’est plus de 9 millions de morts et autant de dossiers individuels. Ces  archives de guerre, entreposées sur deux niveaux dans le parking sous-terrain  d’un immeuble voué  à la destruction, suscitent de sérieuses inquiétudes quant à leur devenir. Pas question de voir disparaître  les témoignages de cette guerre ainsi que ceux concernant les déportés et les prisonniers de 39-45.

Mais les bulls passent et très peu d’archives sont sauvées (seulement 1%) parmi lesquelles les 1 400 000 fiches des soldats de la guerre 14-18 ! Le reste  disparait  dans la démolition du lieu de stockage ! Sylvain Lebreton est déterminé, il faut aller jusqu’au bout de l’idée… Proposition est faite d’un projet de numérisation.  A l’époque,  en 1990, le projet est jugé irréalisable. Après bien des années et de nombreuses demandes, il est accepté en 1999 et considéré, alors, comme un projet innovant, technologiquement moderne et valorisant pour les archives.

Une équipe se crée, un budget est alloué par le Secrétariat d’Etat aux Anciens Combattants, il faut calculer au plus juste, prendre contact avec les prestataires qui vont numériser les fiches, établir un coût…Voici l’équipe confrontée au « business » ! En 2000, un marché est passé… à La Châtre. Le travail va pouvoir commencer.

Puis d’autres  problèmes surgissent  avec  l’écriture des noms africains, indochinois… et les prénoms.  Lequel est le prénom usuel, lequel doit-t-on garder ?  Il faut également mentionner sur la fiche : mort sur le front ou mort à l’hôpital…  Que faire pour un soldat mort d’une pneumonie et non pas le fusil à la main ?  7 % des décès sont d’origine médicale et les médecins consultés refusent que ces cas-là soient mentionnés. Ensuite des retards de transport avec la Poste après le 11 septembre 2001 vont perturber  considérablement le travail en cours.

En 2003, le site est bien avancé. Il faut lui donner un nom ! « poilu.fr » est refusé d’emblée ! Mais le site « Mémoire des Hommes » plaît, il est retenu. L’inauguration a lieu à Paris le 5 novembre, un peu avant le 11…

Ensuite, c’est aux médias que notre équipe doit faire face : dossier de presse à constituer, rencontres avec les journalistes des radios, de la télévision, conférences de presse devant trois caméras !   Stressant, mais un grand moment professionnel, assure Sylvain Lebreton. En 2004, le site vit enfin après quatre années de travail. Depuis, Mémoire des Hommes ne cesse de se développer. Il a beaucoup de succès auprès des professeurs, des élèves, des généalogistes, des historiens et parallèlement, le courrier afflue accompagné souvent de nouveaux renseignements !

Le site répertorie également les monuments aux morts des différentes communes ainsi que des fichiers comportant les morts de la guerre d’Algérie, du Maroc ou d’Indochine. Y sont adjoints maintenant les marins, les aviateurs et les soldats de la 2e guerre mondiale, tous morts pour la France.

Quel avenir pour le site ? En projet : répertorier les fusillés de 14-18, les réformés, les noms des morts médaillés, les Alsaciens-Lorrains enrôlés sous l’annexion, les résistants de 39-45, les troupes françaises du Levant…

Mémoire des Hommes est un site dédié aux combattants qui relie les familles à leurs morts. C’est aussi un défit technologique ainsi qu’un outil de qualité offert au public. D’autres ont pris maintenant  le site en main, l’essentiel a été fait.

Cette conférence très enrichissante a réuni une soixantaine de personnes parmi lesquelles nous avons été heureux de compter monsieur Nicolas Jacob, directeur des Archives de l’Armement, accompagné de madame Anne-Elyse Lebourgeois, archiviste, madame Sophie Brégeault, conservatrice des Musées, ainsi que monsieur Pascal Borderieux, archiviste et ses collègues Murielle Pergant et Louis Poisay.

 

Jacqueline Gagnaire

 

 

N° 23, Guerres et réfugiés

Guerres et réfugiés

Dossier : Les migrations

 Les réfugiés de Saint-Domingue en Châtelleraudais (1775-1885),  Gwénaël Murphy, p. 2

Les migrants belges,  Geneviève Millet, p. 14

Chinois et Kabyles à la Manu (1914-1918), Geneviève Millet, p. 27

Migrations à Châtellerault…quelques enseignements,  Jean-Noël Lattwein, p. 36

Conférences

Les réfugiés espagnols de la guerre civile dans la Vienne entre juillet 1936 et juin 1940, Léo Lepinçon, p. 42

Les « gens du voyage », Marie Bidet, p. 64

Les bombardements de Châtellerault, 1940-1944,  Jonathan Largeaud, p. 69

Varia

Des commerçants juifs à Châtellerault  pendant la guerre 1939-1945,  Jacqueline Gagnaire, p. 87 

La Vienne à Chitré, une activité intense jusqu’au XIXe siècle, Claudine Pauly, p. 92

Aux sources des archives

L’actualité de la recherche universitaire, Gwénaël Murphy, p. 102

Des documents inédits : Le kiosque, Geneviève Millet, p. 104

Le CCHA a comparé

Exhibitions et le village noir à Châtellerault, Geneviève Millet, p. 106

 

 

 

Châtellerault et la guerre 1914-1918 vue par Charles et Eugène Arambourou, Pierre Bugnet, Muriel Pergant

Charles ARAMBOUROU (1858-1919) et son fils Eugène (1879-1952) ont photographié les événements de la vie quotidienne à Châtellerault durant plus d’un demi-siècle, des années 1880 à la fin de la deuxième guerre mondiale.
La Ville de Châtellerault possède 17064 plaques de verre, 238 négatifs celluloïd et 9 tirages de Charles et Eugène ARAMBOUROU : 1126 plaques ont été achetées aux enchères et le reste a été donné par Monsieur André CHÊNE, photographe professionnel.
A l’occasion du 90ème anniversaire de l’armistice de 1918 les Archives municipales de Châtellerault et le CCHA ont unis leurs efforts pour présenter une sélection de ces photographies relatant divers aspects de la première guerre mondiale tels que les Châtelleraudais les ont vécus. Cinquante clichés ont été retenus, dont certains inédits. Ils ont été numérisées par André CHÊNE et Geneviève MILLET a réalisé le montage en diaporama.
Il s’agit de photographies prises dans les rues, au sein de la population, et dans des lieux publics ou privés dont la destination a été modifiée par les nécessités du moment. Par contre les institutions militaires en sont absentes, notamment la Manufacture d’armes.
La présentation commentée de ces images était accompagnée de la lecture par Pascal BORDERIEUX de lettres d’un combattant, Raoul BOUCHET. Vingt-et-une de ces photographies sont reproduites dans les pages suivantes.

La suite de l’article : Pierre Bugnet, Muriel Pergant, Châtellerault et la guerre 1914-1918

Les fêtes pendant la première guerre mondiale, Françoise Metzger

En ce début d’été 1914, malgré les tensions internationales et les menaces sur la paix, la population de Châtellerault profite au maximum des distractions offertes : concerts de la fanfare la Châtelleraudaise place de la République, de l’Harmonie au kiosque à musique,  voyages aux châteaux de la Loire ou sur le littoral breton, représentations théâtrales comme Ma tante d’Honfleur qui a fait un million de recettes lors des cent premières représentations. Le 14 Juillet a été fêté comme à l’habitude avec la retraite aux flambeaux du 13 et, le 14, un défilé des troupes et des sapeurs-pompiers suivi de manifestations sportives (gymnastique, course de vélos, envol de montgolfières) le tout rythmé par la musique et couronné par le feu d’artifice du pont Henri IV. Mais ce sont les séances de cinématographe qui attirent le plus de spectateurs, avec deux salles équipées, au Théâtre et rue Bourbon. Les avis sont partagés sur la qualité des programmes comme en atteste cette chronique anonyme du 20 juin 1914 signée  l’Observateur. « Chaque soir les promenades de notre ville sont sillonnées par de nombreux promeneurs amenés par les séances de cinématographe en plein air données par quelques cafés de la ville. Le dimanche en particulier, il y a une affluence extraordinaire de curieux. Rien de surprenant car, avec la vie chère, on aime bien les spectacles qui ne coûtent rien […]. Il faut convenir que ces spectacles de photographies animées sont vraiment intéressantes, mais il y a une chose de bien choquante, c’est de voir cette quantité d’enfants être déjà les spectateurs de tous les vices de l’humanité : mauvais ménages, querelles de famille, scènes d’adultères, liaisons irrégulières etc. etc. en un mot tout ce qui constitue les tares de notre société. […] Il me semble que si j’étais le maire de Châtellerault, je tolèrerais bien tous les cinémas en plein air, mais à condition qu’ils ne donnent que des films qui ne soient pas contraires à la moralité.»

 

La suite de l’article : Françoise Metzger, Les fêtes pendant la première guerre mondiale