C.C.H.A

Centre Châtelleraudais d'Histoire et d'Archives

Association fondée en 1999, le C. C. H. A. a pour but de découvrir, protéger, exploiter et mettre en valeur l’histoire et le patrimoine du pays châtelleraudais par les recherches en archives et de témoignages.

Châtellerault et la guerre 1914-1918 vue par Charles et Eugène Arambourou, Pierre Bugnet, Muriel Pergant

Charles ARAMBOUROU (1858-1919) et son fils Eugène (1879-1952) ont photographié les événements de la vie quotidienne à Châtellerault durant plus d’un demi-siècle, des années 1880 à la fin de la deuxième guerre mondiale.
La Ville de Châtellerault possède 17064 plaques de verre, 238 négatifs celluloïd et 9 tirages de Charles et Eugène ARAMBOUROU : 1126 plaques ont été achetées aux enchères et le reste a été donné par Monsieur André CHÊNE, photographe professionnel.
A l’occasion du 90ème anniversaire de l’armistice de 1918 les Archives municipales de Châtellerault et le CCHA ont unis leurs efforts pour présenter une sélection de ces photographies relatant divers aspects de la première guerre mondiale tels que les Châtelleraudais les ont vécus. Cinquante clichés ont été retenus, dont certains inédits. Ils ont été numérisées par André CHÊNE et Geneviève MILLET a réalisé le montage en diaporama.
Il s’agit de photographies prises dans les rues, au sein de la population, et dans des lieux publics ou privés dont la destination a été modifiée par les nécessités du moment. Par contre les institutions militaires en sont absentes, notamment la Manufacture d’armes.
La présentation commentée de ces images était accompagnée de la lecture par Pascal BORDERIEUX de lettres d’un combattant, Raoul BOUCHET. Vingt-et-une de ces photographies sont reproduites dans les pages suivantes.

La suite de l’article : Pierre Bugnet, Muriel Pergant, Châtellerault et la guerre 1914-1918

Les fêtes pendant la première guerre mondiale, Françoise Metzger

En ce début d’été 1914, malgré les tensions internationales et les menaces sur la paix, la population de Châtellerault profite au maximum des distractions offertes : concerts de la fanfare la Châtelleraudaise place de la République, de l’Harmonie au kiosque à musique,  voyages aux châteaux de la Loire ou sur le littoral breton, représentations théâtrales comme Ma tante d’Honfleur qui a fait un million de recettes lors des cent premières représentations. Le 14 Juillet a été fêté comme à l’habitude avec la retraite aux flambeaux du 13 et, le 14, un défilé des troupes et des sapeurs-pompiers suivi de manifestations sportives (gymnastique, course de vélos, envol de montgolfières) le tout rythmé par la musique et couronné par le feu d’artifice du pont Henri IV. Mais ce sont les séances de cinématographe qui attirent le plus de spectateurs, avec deux salles équipées, au Théâtre et rue Bourbon. Les avis sont partagés sur la qualité des programmes comme en atteste cette chronique anonyme du 20 juin 1914 signée  l’Observateur. « Chaque soir les promenades de notre ville sont sillonnées par de nombreux promeneurs amenés par les séances de cinématographe en plein air données par quelques cafés de la ville. Le dimanche en particulier, il y a une affluence extraordinaire de curieux. Rien de surprenant car, avec la vie chère, on aime bien les spectacles qui ne coûtent rien […]. Il faut convenir que ces spectacles de photographies animées sont vraiment intéressantes, mais il y a une chose de bien choquante, c’est de voir cette quantité d’enfants être déjà les spectateurs de tous les vices de l’humanité : mauvais ménages, querelles de famille, scènes d’adultères, liaisons irrégulières etc. etc. en un mot tout ce qui constitue les tares de notre société. […] Il me semble que si j’étais le maire de Châtellerault, je tolèrerais bien tous les cinémas en plein air, mais à condition qu’ils ne donnent que des films qui ne soient pas contraires à la moralité.»

 

La suite de l’article : Françoise Metzger, Les fêtes pendant la première guerre mondiale