C.C.H.A

Centre Châtelleraudais d'Histoire et d'Archives

Association fondée en 1999, le C. C. H. A. a pour but de découvrir, protéger, exploiter et mettre en valeur l’histoire et le patrimoine du pays châtelleraudais par les recherches en archives et de témoignages.

Les enfants et la violence dans le Châtelleraudais au XIXe siècle, Naïk Feillet

Le XIXe siècle inaugure l’ère de « l’enfant désiré, choyé (…) l’ère de l’enfant- roi » ; cette expression de François Lebrun s’appuie sur les travaux sur l’enfance au XIXe siècle. Ces études s’accordent pour conclure à une plus grande prise en compte de la place des plus jeunes dans la famille et dans la société. Les sensibilités à l’égard de l’enfance se nourrissent de sentiments multiples et complexes ; la place de l’enfant est tributaire de nuances d’époques, de lieux, de genre, d’âges, de fortunes ou encore d’éducation. François Lebrun ajoute que ce modèle de l’enfant-roi, « ne se diffuse que lentement au cours du XIXe siècle depuis la noblesse et surtout la bourgeoisie où il s’est élaboré pendant les deux siècles précédents, jusqu’aux classes populaires. Certaines campagnes résistent plus longtemps au modèle ». Cette évolution devient plus prégnante dans la seconde partie du XIXe siècle et la protection de l’enfance se concrétise par l’adoption de mesures législatives tandis que des thèmes néo-malthusiens et natalistes se développent parallèlement à la baisse des naissances. Le poids des traditions se heurte aux contraintes morales et économiques, aux progrès de la médecine et de la réflexion politique. La révolution pastorienne et les modifications des structures familiales introduisent, non une rupture mais un changement dans la représentation de l’enfant.

 

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Violences contre les Gendarmes au XIXème siècle, Gwénaël Murphy

Au fil des siècles, les législations évoluent et étendent de plus en plus le champ d’action de la force publique. Au XIXème siècle déjà, les forces de l’ordre peuvent ainsi se rendre dans les foyers pour y régler, au nom de la loi, des conflits qui ne sont plus laissés à la seule discrétion des membres de la famille. L’inceste, les meurtres d’enfants mais aussi les femmes battues ou supprimées pour des raisons d’intérêts ou d’opportunités familiales amènent les gendarmes à intervenir. Cette ingérence est peu admise dans les campagnes. Au cours des interventions ou des investigations le gendarme, agissant souvent seul, sans les techniques de précaution enseignées aujourd’hui, peut y laisser la vie.
D’autre part, l’ordonnance royale de 1820 demande à la Gendarmerie Nationale « d’assurer la police des routes, des foires et des marchés, de surveiller les mendiants, les vagabonds et les gens sans aveu ». Elle illustre l’ampleur et la diversité des missions de police civile de ces militaires. Parmi les forces de l’ordre qui prêtent serment pour faire respecter la loi, avec les policiers, les Gardes nationaux, les huissiers ou les gardes champêtre, les gendarmes sont toutefois ceux qui subissent le plus de violences dans la première moitié du XIXème siècle : les deux tiers de ces actes leur sont destinés. Lors de la verbalisation d’un braconnier, l’arrestation d’un contrebandier ou d’un déserteur, ils se heurtent à des résistances individuelles, qui deviennent vite collectives par le jeu des solidarités familiales et communautaires. Agissant parfois seul, sans les techniques de précaution contemporaines, il peut y laisser sa vie.

 

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