C.C.H.A

Centre Châtelleraudais d'Histoire et d'Archives

Association fondée en 1999, le C. C. H. A. a pour but de découvrir, protéger, exploiter et mettre en valeur l’histoire et le patrimoine du pays châtelleraudais par les recherches en archives et de témoignages.

Les fêtes d’autrefois à Thuré, Geneviève Millet

Texte préparé essentiellement à partir de la réunion de l’association :   « Ma commune au fil de l’histoire », le  4décembre 2004, une quarantaine de personnes étaient présentes ; témoignage recueilli auprès de Mme Muller pour Besse, quelques articles de journaux.

Les fêtes religieuses

Noël

C’était une fête de famille et une fête religieuse, on ne voyait pas les illuminations d’aujourd’hui. Avant la guerre, le seul arbre de Noël, garni par les jouets destinés aux enfants, était à l’école privée. Les cadeaux et les tricots venaient de la comtesse du Réau (Elle habitait le château de la Barbelinière, elle est décédée en 1952). Une petite fille a reçu, en 1932, son premier jouet au sapin de Noël de l’école : un jeu de dames et un jeu de l’oie, quel beau cadeau. A l’école laïque, point d’arbre de Noël. La directrice de l’école privée préparait les enfants à réaliser des pièces de théâtre, des danses, dans les années 1930.
Dans les familles, on fêtait Noël très simplement : on installait une crèche, on mettait la bûche de No dans la cheminée, une souche souvent, qui devait durer la semaine. Les cadeaux, c’était des oranges, des chocolats un petit Jésus en sucre, mais très rarement des jouets.
La journée du 24, on travaillait comme à l’accoutumée et, le soir venu, on allait à la messe de minuit. Au retour, on donnait aux bêtes une ration supplémentaire de paille (ou de betteraves avant la messe de minuit), leur cadeau de Noël en quelque sorte. Puis on allait se coucher, le réveillon n’existait pas.
Pendant la messe, on admirait la superbe crèche de l’église. Celle de Sossay, toujours installée par une dame catéchiste était très large. On chantait les cantiques traditionnels.
A la maison, on plaçait les souliers dans la cheminée. C’est le petit Jésus qui venait, pas le père Noël.
Après la seconde guerre, on note des changements : apparition du réveillon après la messe du 24 au soir, des jeux comme cadeaux dans les souliers. On parle désormais du père Noël.
Certains dictons sont tenaces : « quand il fait noir la nuit de Noël, on a des noix toute l’année ». La raison en est simple, la sainte vierge qui lançait des noix partout ne voyait pas où elle les envoyait ! Quand la nuit était claire, elle les dispersait.

 

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La femme au coeur des fêtes, Maria Desmurs

L’origine des Rosières remonte à Saint-Médard, évêque de Noyon, qui en 530 à Salency (Oise) aurait couronné de roses sa sœur, jeune fille particulièrement irréprochable. Puis la coutume s’étend à d’autres communes. A l’époque de Louis XV on offre une bague, une petite dot. Pour la cérémonie, la Rosière est vêtue de blanc, entourée de jeunes filles vêtues également de blanc et escortées de musiciens. Les noces de la Rosière sont l’occasion d’une fête de la jeunesse du village et de réjouissances qui réunissent toute la population locale.
Dans l’arrondissement de Châtellerault, l’élection des Rosières est pratiquée au début du XIXéme siècle.  L’empereur Napoléon 1er ordonne des réjouissances publiques pour augmenter son prestige, gagner la faveur de la population et s’assurer la fidélité de ses soldats. En même temps il met à l’honneur la femme vertueuse, dans tout le territoire de l’Empire. Méditerranéen, soucieux de resserrer les liens de la famille quelques peu distendu sous le Directoire par des mariages de courte durée, (en fait on divorce surtout dans la capitale, à Châtellerault il n’y a que six divorces pour cette période2), il « respecte la femme en tant que mère, [mais il] la soumet en tant qu’épouse 3».
La première Rosière de Châtellerault est dotée le jour du sacre de l’empereur, le 2 décembre 1804. Napoléon 1er  ordonne que ce jour soit marqué par des actes d’humanité et de bonté paternelle envers des jeunes filles pauvres et vertueuse dans chaque arrondissement de l’empire. La Rosière reçoit ce jour là une dot de 600 F.

 

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Les Châtelleraudais et la guerre 1939-1945, Marie-Claude Albert

Le samedi 3 décembre 2005, environ 400 personnes se sont rassemblées durant près de quatre heures au nouveau théâtre pour participer à un vaste forum consacré à l’histoire et à la mémoire de la Seconde guerre mondiale à Châtellerault. La manifestation se tenait sous l’égide de la municipalité, du Centre châtelleraudais d’Histoire et d’Archives et des Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation. Organisée sous la forme de trois tables rondes animées par deux historiens du CCHA, Pierrick Hervé et Gwénaël Murphy, elle fut ponctuée par le chant profond des « bluettistes » guidés par Michèle Debain. Une impressionnante mobilisation collective s’est ainsi effectuée autour du livre Châtellerault sous l’Occupation, Geste éditions, du film Allons enfants de Bastien Chastagnier, et du site du mémorial de la Vienne réalisé par Vrid ( Vienne résistance internement déportation) vrid-memorial.com.
Ce forum fut dédié aux morts de la ville, à ces Châtelleraudais qui avaient mis leur vie au service de la liberté contre le nazisme. Ont été cités les noms de résistantes et résistants décédés au cours de l’année 2005 : Suzanne Lavergne, Isabelle Douteau, Emile Lecointre, Paul Denis. Il fut aussi rendu hommage à tous les particuliers et familles qui ont accepté de confier leurs témoignages et leurs archives.
Ponctuée par les mises au point et les questions essentielles de Pierrick Hervé, la première table ronde fut consacrée à l’ouvrage Châtellerault sous l’Occupation présenté  d’abord sous les traits d’une aventure humaine. Autour de l’auteur, une véritable équipe a en effet permis au projet d’aboutir, alliant les compétences de l’archiviste Pascal
Borderieux, des professeurs d’histoire-géographie Pierrick Hervé, Jean-Louis Lamouraux et Marianne Mabille, des étudiants Sébastien Joubert et Loïc Rondeau, des collectionneurs Marc Négrault et Olivier Guignard, du photographe André Chêne, du président de la délégation territoriale des Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation, Roland Gaillon, sans oublier l’auteur de la préface, l’historien, spécialiste de cette période, Eric Alary. Il importe aussi de préciser qu’ont été associés, par l’intermédiaire de leurs travaux, d’anciens élèves du Collège Descartes et du Lycée Marcelin Berthelot, lauréats du Concours national de la Résistance et de la Déportation.

 

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Targé 1670-1899, deux siècles et demi d’histoire démographique, Jack Pichon

Les registres paroissiaux sont une source documentaire de pre­mière importance pour qui veut retracer la vie d’une paroisse. Même quand leurs rédacteurs n’y ont pas consigné, outre les actes réglementaires : baptêmes, ma­riages et décès, des renseigne­ments concernant les naissances extraordi­naires, les causes de décès, les épidémies, leurs réflexions sur les conditions clima­tiques, les récoltes, ou bien d’ordre politique ou personnel.
À Targé les curés qui se sont succédé ont respecté rigoureuse­ment les consignes épiscopales.
L’histoire d’une paroisse ou d’un village peut s’aborder de deux façons : recueillir, ordonner et commenter les faits histo­riques et les anecdotes. C’est le propre des histoires locales traditionnelles. Ou bien recueillir et interpré­ter des chiffres pour en faire une histoire quantitative.
Le dépouillement des registres paroissiaux et d’état civil de­puis 1670 jusqu’en 1899, car ils n’étaient pas consultables après cette date, m’a permis de faire une étude démographique de la paroisse sur près de deux siècles et demi.
Cette paroisse essentiellement rurale n’a que très peu évolué au cours des siècles. La population est restée stable au cours des siècles. De 300 ha­bitants répartis dans 86 feux au xviie siècle, on n’en dénombrera  que 301 au recensement de 1901. Contrairement à une idée généralement admise, Targé compte peu de familles nombreuses.
La découverte d’un rôle de taille tarifée de l’année 1746, va permettre d’évaluer le degré de richesse de nos paroissiens du xviiie siècle, d’avoir 4 instanta­nés sur la structure socioprofes­sionnelle, de connaître l’importance et la com­position des ex­ploitations ainsi que le type de culture et d’élevage pratiqué.
La propriété individuelle se multiplie lors de la vente des biens natio­naux. Des professions nouvelles apparaissent après l’im­plantation de la Ma­nufacture d’Armes de Châtellerault. Le mi­lieu sociopro­fessionnel se diversi­fie au xixe siècle.
Malgré les petits nombres qui parfois peuvent mettre en doute l’approche statistique, ces chiffres rendent cependant possible une vision de la vie des Targéens et des Targéennes aux temps modernes.

 

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Les Artistes du Châtelleraudais de 1890 à 1970, Geneviève Millet

Ils sont plusieurs à être « montés » à Paris, comme on a l’habitude de dire. On ne peut parler des artistes sans évoquer leur lieu de travail, toute cette époque de la fin du XIXe et de la 1ère moitié du XXe siècle. Régor se classe dans la rubrique chanteur fantaisiste, il a beaucoup fréquenté les music-halls.

Les music halls parisiens

Les cafés chantants qui sont devenus les cafés concerts sont apparus au XIXe siècle en France. Ils se sont développés dans toute l’Europe. Le terme de music hall apparaît dans nos dictionnaires début XXe siècle. C’est une invention anglaise : salle de musique, concerts, théâtre, spectacles variés. Legrand-Chabrier et Gustave Fréjaville sont considérés comme les deux grands apôtres du music hall. La Cigale est le 1er établissement à être appelé music hall, en 1891. Les chansonniers sont nés avec les couplets de la Révolution. Au XIXe siècle, ils débutent dans les guinguettes et aux carrefours. A la fin du siècle, ils sont dans de véritables théâtres.
Depuis 1840, certains cafés proposaient à Paris des spectacles de variétés et des divertissements populaires : musiciens, chanteurs, danseurs. Les artistes et les comiques s’y produisent. Le Ba-Ta-Clan commence en 1865, puis dans les années 1880 à 1900, le Petit Casino, fréquenté par Toulouse Lautrec.

 

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Charles Arambourou, premier opérateur du cinématographe en Poitou, Daniel Taillé

Fils d’Antoine Arambourou, basque espagnol réfugié en France, exerçant la profession de photographe, et de Laurence Mazaury, Charles Théophile Arambourou naît à Saint-Junien (Haute-Vienne) le 21 mai 1858.
Il passe son adolescence en Touraine, à Lahaye (aujourd’hui Descartes) où ses parents se sont installés. Puis après un court séjour à Marigny-Marmande où il suit les traces de son père comme photographe, il s’établit définitivement à Châtellerault, ouvrant, sur le boulevard Blossac, au numéro 41 très exactement, un studio de photographie.
Dès lors, il est de tous les événements marquants de la vie châtelleraudaise, se fixant comme mission précise d’immortaliser par la photographie, les instants inoubliables de la vie publique et privée. Il ne reste pas non plus insensible au charme de toute sa région d’adoption, le Poitou. Avec une bicyclette ou un tricycle, il sillonne les campagnes et les villes, amassant un nombre impressionnant de clichés dont la plupart seront édités en cartes postales, cartes qui feront bien plus tard les délices des collectionneurs d’images du passé. Très vite, la notoriété de Charles Arambourou dépasse les frontières de la cité châtelleraudaise : « Il est dans toute l’acceptation du terme, un excellent photographe, qu’il ne faut pas confondre avec ceux qui viennent de temps à autre s’installer sur nos places… » peut-on lire dans les colonnes de la presse poitevine.

 

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