C.C.H.A

Centre Châtelleraudais d'Histoire et d'Archives

Association fondée en 1999, le C. C. H. A. a pour but de découvrir, protéger, exploiter et mettre en valeur l’histoire et le patrimoine du pays châtelleraudais par les recherches en archives et de témoignages.

Les fêtes pendant la première guerre mondiale, Françoise Metzger

En ce début d’été 1914, malgré les tensions internationales et les menaces sur la paix, la population de Châtellerault profite au maximum des distractions offertes : concerts de la fanfare la Châtelleraudaise place de la République, de l’Harmonie au kiosque à musique,  voyages aux châteaux de la Loire ou sur le littoral breton, représentations théâtrales comme Ma tante d’Honfleur qui a fait un million de recettes lors des cent premières représentations. Le 14 Juillet a été fêté comme à l’habitude avec la retraite aux flambeaux du 13 et, le 14, un défilé des troupes et des sapeurs-pompiers suivi de manifestations sportives (gymnastique, course de vélos, envol de montgolfières) le tout rythmé par la musique et couronné par le feu d’artifice du pont Henri IV. Mais ce sont les séances de cinématographe qui attirent le plus de spectateurs, avec deux salles équipées, au Théâtre et rue Bourbon. Les avis sont partagés sur la qualité des programmes comme en atteste cette chronique anonyme du 20 juin 1914 signée  l’Observateur. « Chaque soir les promenades de notre ville sont sillonnées par de nombreux promeneurs amenés par les séances de cinématographe en plein air données par quelques cafés de la ville. Le dimanche en particulier, il y a une affluence extraordinaire de curieux. Rien de surprenant car, avec la vie chère, on aime bien les spectacles qui ne coûtent rien […]. Il faut convenir que ces spectacles de photographies animées sont vraiment intéressantes, mais il y a une chose de bien choquante, c’est de voir cette quantité d’enfants être déjà les spectateurs de tous les vices de l’humanité : mauvais ménages, querelles de famille, scènes d’adultères, liaisons irrégulières etc. etc. en un mot tout ce qui constitue les tares de notre société. […] Il me semble que si j’étais le maire de Châtellerault, je tolèrerais bien tous les cinémas en plein air, mais à condition qu’ils ne donnent que des films qui ne soient pas contraires à la moralité.»

 

La suite de l’article : Françoise Metzger, Les fêtes pendant la première guerre mondiale

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