C.C.H.A

Centre Châtelleraudais d'Histoire et d'Archives

Association fondée en 1999, le C. C. H. A. a pour but de découvrir, protéger, exploiter et mettre en valeur l’histoire et le patrimoine du pays châtelleraudais par les recherches en archives et de témoignages.

Foire de la Saint-Roch, Arlette Banos

Un journaliste du XIXème siècle exprimait son opinion sur la foire de la St Roch (article relevé dans l’Echo Châtelleraudais N°418 du 29/07/1860) :
« Je me suis souvent demandé pourquoi Châtellerault avait pris St Roch pour patron de sa fête. Nous n’avons jamais eu ni église ni chapelle sous l’invocation de ce saint. Sa statuette n’est au coin d’aucune rue. Si nos ancêtres qui l’ont choisi ont voulu un saint avec une bête, pourquoi pas Saint Antoine, pourquoi pas Saint Luc, pourquoi pas tout autre ?
Un antiquaire de mes amis qui explique les hiéroglyphes et trouve que les quadrupèdes des corniches et des guirlandes des vieilles maisons en ruine signifient une foule de choses dont le profane n’a pas idée, prié de me dire ce qu’il en était, m’a répondu que les chartes du pays n’en faisaient pas mention. J’ai feuilleté les deux volumes de l’« Histoire de Châtellerault » de l’abbé Lalanne , je n’ai rien trouvé qui ait fait adopter tel saint plutôt que tel autre. Si c’est l’animal qui a fait choisir le saint, pourquoi le chien plutôt que le compagnon de Saint Antoine, plutôt que l’oiseau de Saint Luc. Vous me direz : qu’est-ce que cela peut vous faire ?
Je suis de votre avis, rien. Mais enfin, quand un problème vous trotte par la tête, on n’est pas libre de ne pas en chercher la solution.
Cette solution que nous avons demandée vainement aux archives et aux archéologues, nous croyons nous souvenir de l’avoir vue taillée en relief sur une pierre trouvée dans les décombres de l’ancienne chapelle du châteaufort à Châteauneuf.
Cette pierre représentait plusieurs personnages maigres, allongés, chétifs, agenouillés devant St Roch et son chien.
Faut-il un grand effort d’imagination pour reconnaître que St Roch était invoqué dans les cas de peste et contre les maladies contagieuses, et un grand fléau s’étant abattu sur le Poitou en 1477, nos pères l’implorèrent promettant de le reconnaître pour patron s’il voulait les en délivrer. Ce qui eut lieu probablement en ce temps là, et ce qui fait que de nos jours, Châtellerault jouit certainement d’un air salubre et que les épidémies qui à plusieurs époques ont frappé les diverses contrées du Poitou, ne l’on jamais atteint.
Cette explication nous semble naturelle et satisfaisante. Elle est la bonne ; ce qui le prouve, c’est cette affection qui nous saisit tous dès l’enfance et qui nous suivant dans nos plus longs voyages et jusque sur les rives étrangères, ne nous fait jamais penser à la patrie sans nous faire penser également à notre cher Saint Roch ».

 

La suite de l’article : Arlette Banos, Foire de la Saint-Roch

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