C.C.H.A

Centre Châtelleraudais d'Histoire et d'Archives

Association fondée en 1999, le C. C. H. A. a pour but de découvrir, protéger, exploiter et mettre en valeur l’histoire et le patrimoine du pays châtelleraudais par les recherches en archives et de témoignages.

N°21, Migrants d’Europe et d’Amérique

DOSSIER « LES MIGRATIONS »

Les réfugiés espagnols, MC Albert p.2-22

Les émigrés italiens, G. Millet p.23-37

Les portugais, J.N. Lattwein p.38-46

La colonie allemande de M. Pérusse, J. Gagnaire p.47-55

Les émigrés acadiens au XVIII siècle, F. Glain p.56-72

Métiers chez les ressortissants suisses, G. Millet p.73-75

L’adaptation d’une jeune polonaise, C. Pauly p.76-78

Les photographes châtelleraudais de 1860 à 1939, C. Escanecrabe p.79-95

Varia

La Vienne à Cenon, une si longue histoire, C.Pauly 96-100

Une entreprise de plâtrerie, G. Millet p.101-107

Camille Guérin, un scientifique d’exception d’origine châtelleraudaise, S. Thénault D. Tête p.108-112

AUX SOURCES DES ARCHIVES

Les Archives de l’Armement, A.E. Lebourgeois

LE CCHA A APPRECIE

Les quartiers de Châteauneuf, F. Metzger p.113-116

 

Les Allemands du Marquis. La colonie agricole de Pérusse des Cars (depuis 1763), Sébastien Jahan

Immigration et intégration dans les brandes du Châtelleraudais au XVIIIe siècle

L’histoire des colons allemands du marquis de Pérusse des Cars reste un épisode méconnu de notre passé régional, en raison de son échec partiel et, surtout, du raz-de-marée acadien qui déferle sur les brandes châtelleraudaises à partir des années 1773 et 1774. Abordée en détail par Ernest Martin dans un ouvrage des années 1930 consacré aux exilés de la Nouvelle France, l’expérience allemande y joue le rôle de répétition malheureuse du projet acadien. Bien qu’un peu ancien, le livre d’Ernest Martin fait toujours autorité, au moins sur l’aspect agronomique de la question. Un aspect que les pages qui vont suivre n’ont donc pas l’ambition de renouveler. Cela ne veut pas dire que l’entreprise ne soit pas souhaitable. Au contraire : la résurgence d’une histoire rurale cette dernière décennie ouvrirait sans doute d’autres perspectives passionnantes à une telle question. Cela signifie simplement que ma démarche prioritaire est autre : elle consistera à parler de cette colonie moins comme une expérimentation agricole liée à la figure tutélaire du marquis de Pérusse (ce que pourrait laisser entendre le titre de cet article) que comme un cas particulier et exceptionnel d’installation collective d’étrangers en Poitou.

 

La suite de l’article : Sébastien Jahan, Les Allemands du Marquis. La colonie agricole de Pérusse des Cars (depuis 1763)

Le marquis de Pérusse des Cars et la Physiocratie, Jacqueline Gagnaire, Claudine Pauly

M. de Pérusse

Louis Nicolas de Pérusse des Cars dont le nom est le plus souvent associé à celui des Acadiens qu’il reçut sur ses terres au XVIIIe siècle est un personnage important du Châtelleraudais qui mérite, à plus d’un titre, d’être connu.

Né en 1724 dans une famille de haute noblesse limousine dont la notoriété remonte au IXe siècle, il est le dernier enfant d’une fratrie de dix.
Très jeune, il entre au service de l’armée. Il y fait  une brillante carrière, franchissant rapidement les grades subalternes avant de commander un régiment à l’âge de 20 ans.
Après de nombreuses campagnes et des années de métier, le marquis de Pérusse des Cars possède à la fin de sa carrière active, un régiment de son nom stationné en Westphalie-Rhénanie.
A 26 ans, en 1750, il épouse une très riche héritière du Bas-Poitou, Jeanne de la Hette d’Artaguette d’Yron qui lui donnera trois enfants, deux garçons et une fille. Le fils aîné, décédé à l’âge de 10 ans, est inhumé en l’église Saint-Ambroise de Monthoiron. Après son mariage, la seigneurie de Monthoiron intéresse vivement le Marquis et on le voit, trois ans plus tard, effectuer ses premières visites et faire dresser un état des lieux. C’est en 1755 qu’il acquiert définitivement, pour un prix relativement bas, le château, et son importante ferme, cinq métairies et des terres. A cette époque, il est toujours militaire  ce qui ne l’empêche pas de faire de grands projets pour son domaine…

 

La suite de l’article : Jacqueline GAGNAIRE, Claudine PAULY, Le marquis de Pérusse des Cars et la Physiocratie