Une saga en Châtelleraudais : les Dufaulin-Hérault

La conférence-rencontre coorganisée et présentée par le service Pays d’Art et d’Histoire de la CAGC et le CCHA, le samedi 29 septembre 2018, au théâtre Blossac, est l’aboutissement d’un travail de recherches documentaires et généalogiques de près de deux ans.

Le point de départ est un fonds photographique exposé à Monthoiron à l’occasion de la manifestation Un village, des patrimoines. Comment identifier les lieux et les personnages ?

Grâce à un travail patient et persévérant de Claudine Pauly, des réponses apparaissent : il s’agit de la propriété des Sains, à Monthoiron, appartenant à la famille Dufaulin, dont elle a retrouvé des descendantes. Celles-ci, Dominique Hurel et Marie-France Vandier, retracent d’abord les origines protestantes de cette famille depuis le XVIIe siècle et déroulent le fil généalogique. Les personnages centraux de cette saga s’avèrent être Amédée et Amélie Dufaulin, mariés en 1848, et leurs deux filles Amélie et Lucy, respectivement arrière-grands-mères de M.-F. Vandier et D. Hurel. L’accent est mis sur Amédée, gérant de l’un des premiers grands magasins parisiens, Les Trois Quartiers, sur Lucy, au caractère bien affirmé qui chasse, peint, sculpte et épouse le peintre Charles Gautier, sur Maurice Languereau, un autre membre de la famille, créateur de La Semaine de Suzette, magazine qui voit naitre, d’abord modestement, un personnage promis à un grand succès : Bécassine. La fille ainée du couple, Amélie, épouse en 1872 un personnage qui n’en est encore qu’au début d’un parcours politique riche et long puisque s’étendant sur plus de 40 ans : Alfred Hérault, député, conseiller général, président du Conseil général de la Vienne, Premier président de la Cour des Comptes.

En conclusion de la conférence, le public a été convié, salle de la Redoute, à retrouver, sur plus de 40 photographies, les personnages évoqués ainsi que des scènes de la vie quotidienne aux Sains.

  1. Hurel a dédicacé deux de ses ouvrages : Le défi d’Augustine et La Baronne, tandis que M.-F. Vandier a présenté les Souvenirs d’Alfred Hérault.

Compte- rendu du forum du 26 mai

Résidant dans un autre département et une autre région, c’est en voisin que monsieur Romain Taillefait, responsable de la Maison du Souvenir de Maillé, est venu le samedi 26 mai nous remémorer une page douloureuse de notre histoire : 25 août 1944, Maillé. Histoire et mémoire d’un massacre oublié.

Il nous a tout d’abord proposé un film d’1/2 heure composé de témoignages de survivants recueillis en 1984 : l’arrivée des allemands dans le village, les exactions et le massacre systématique (124 victimes), la volonté d’écraser le village par une destruction au canon. Le film évoque aussi le procès en 1952 mais largement passé sous silence, la reconstruction rapide du village grâce à l’aide financière d’un couple d’Américains, la mémoire vive ou obturée des survivants durant toutes les années d’après-guerre.

A l’issue de ce film très émouvant car fondé sur l’humain, le conférencier replace l’événement dans le contexte national : débarquées le 6 juin en Normandie, les troupes alliées descendent vers la Loire tandis que d’autres gagnent Paris qu’elles libèrent ce même 25 août. Puis, à l’aide de cartes aériennes du village et de ses environs,  il expose les caractères et le déroulement chronologique de l’événement : la présence, à proximité, du camp de Nouâtre dont les troupes allemandes ont fait une base de ravitaillement – les sabotages en août 1944 sur la ligne de chemin de fer traversant la commune – une fusillade improvisée contre deux voitures allemandes dans la soirée du 24 août – la venue de troupes allemandes en provenance de Châtellerault très tôt le matin du 25 et qui doivent se cacher dans un bois pour échapper au mitraillage de l’aviation alliée sur un convoi ferré – l’entrée de la colonne allemande vers 9 h 30 par le sud du village – le massacre systématique, y compris dans les fermes isolées jusqu’à midi, avant le retour à Châtellerault – le bouclage des lieux par un cordon de troupes – le pilonnage par l’artillerie allemande de la partie nord du village.

Monsieur Taillefait a ensuite choisi de donner la parole aux membres du public. Un témoignage émouvant est apporté par un auditeur de la conférence, âgé de 10 ans en août 1944 et présent à moins de deux kilomètres de Maillé. Les questions principales portent sur les auteurs du massacre, leur provenance, leur motivation, les manifestations et les raisons de l’« oubli » auquel le village a dû faire face durant des décennies, le rôle de la Maison du Souvenir. Le conférencier y répond point par point en s’appuyant sur des documents sélectionnés. Il s’agit d’éléments de la 17e Panzer Grenadier Division SS Götz von Berlichingen, stationnés à Châtellerault, présence tragiquement confirmée par l’exécution le même jour de cinq personnes près du lycée Berthelot par d’autres membres de cette division. La volonté est de frapper pour terroriser, faire pression. D’autres villages frôlent le massacre : Bonnes, Bonneuil-Matours. A partir de juin 1944, la France est considérée comme terre hostile, l’Allemagne pense qu’elle peut encore gagner la guerre mais qu’il faut imposer la terreur comme à Ascq, Tulle et Oradour. Alors que ce dernier a été pris en charge sur le plan mémoriel dès 1946 pour en faire un symbole, un exemple, rien de tel pour Maillé, et la mémoire est enfouie dans les terrassements de la reconstruction pour 50 ans.

Depuis 1994, les archives départementales, des historiens Français, Anglais, Allemands travaillent sur la question ; un comité d’habitants s’est mis en place débouchant sur la création de la Maison du Souvenir. Au-delà de la relation des faits et de l’expression des témoignages, sans rien occulter de la violence, elle s’emploie à œuvrer au rapprochement des jeunesses françaises et allemandes dans une Europe en paix.

 

La dame d’Availles : compte-rendu de conférence

98e forum du CCHA consacré à la vie et l’œuvre de

Cora Robinet – Millet,

présentée par Gloria Godard

Cora Robinet nait à Paris en 1798 dans une famille bourgeoise, d’un père bourguignon et d’une mère nantaise. Rien ne la dispose alors à la carrière éclectique qu’elle allait suivre. La mort prématurée de sa mère alors qu’elle avait douze ans, a probablement contribué à forger son caractère. Attitude singulière pour une femme au XIXe siècle, elle choisit son époux, François Millet, qui est le frère de sa mère. Cette situation familiale particulière nécessite cependant une dispense obtenue du roi Louis XVIII. Son mari étant nommé sous intendant militaire à Châtellerault, le couple s’installe au domaine de la Cataudière, commune d’Availles-en-Châtellerault où, profitant de l’éloignement du mari pour raisons professionnelles, elle dirige le domaine et y installe une ferme. Quatre enfants naissent de cette union et ils profitent de l’esprit visionnaire de leur mère qui les élève de manière égalitaire, nous sommes alors dans les années 1830.

L’agronome

À partir de 1838, la sériciculture, l’art « d’éduquer » les vers à soie, va occuper une partie significative de sa vie en pays Châtelleraudais. Il s’agit d’installer une magnanerie et de développer cette activité originale au domaine. Cet élevage, partant de la couvaison d’œufs de papillons bombyx, passant par le nourrissage des larves et finissant par la récolte du fil enveloppant leurs cocons, le fil de soie, est complexe et peu diffusé en France. La méticulosité d’une femme et d’une mère est adaptée à cette activité permettant d’obtenir des résultats, progressifs et probants. L’alimentation de cet élevage avec des feuilles de murier blanc, nécessite la plantation de ces arbres en quantité adéquate sur les terres du domaine, soit deux hectares. Esprit innovant, elle s’essaie à la génétique des lépidoptères avec des résultats contrastés. La tentative de coloration des œufs pour obtenir du fil de soie coloré n’aboutit pas. Elle obtient par croisement une nouvelle race de papillon baptisée Cora.

Militante féministe avant l’heure, elle profite de la présentation de cette activité pour inciter les femmes à se mêler d’agriculture, premier pas vers l’émancipation.

En 1850 la Cataudière est vendue et la famille Millet se déplace en Touraine.

Chroniqueuse, femme de lettres et encyclopédiste

Son activité d’écriture est éclectique : conseils aux jeunes filles pour choisir un mari, puériculture, publication de manuels scolaires d’agriculture destinés aux filles.

Son œuvre majeure en 1845, La Maison Rustique des Dames est une véritable encyclopédie de la vie rurale au XIXe siècle : organisation des jardins potagers et fruitiers, choix de variétés, recettes et menus de repas pour chaque jour de l’année. Cet ouvrage sera l’objet de 20 éditions successives et sera traduit en trois langues.

En 1868 elle publie La Maison Rustique des Enfants. C’est un manuel d’éducation qui apprend les bonheurs simples de la vie rurale. Elle est adepte avec réserves de Jean-Jacques Rousseau car : « Ce n’est qu’un homme… »

Cora Robinet -Millet est admise en tant que première femme à la très masculine Société d’Agriculture. C’est aussi la première Française titulaire du grade de Chevalier du Mérite Agricole, le célèbre « poireau », en reconnaissance de son influence sur la profession.

Bécassine et la Grande Guerre, 27 janvier 2018, salle Camille-Pagé à Châtellerault

Devant une salle comble, Nicole Pellegrin ouvre l’année 2018 des conférences du CCHA. Chargée de recherche au CNRS, anthropologue du vêtement et historienne des femmes, elle se présente d’emblée comme « féministe et pacifiste ». C’est avec ce double regard qu’elle nous propose sa lecture des albums de Bécassine, la première héroïne féminine de bande dessinée. Inventée par deux hommes – Maurice Languereau, dit Caumery le scénariste (Claudine Pauly nous apprend qu’il séjournait à la Maison des Saints à Monthoiron où il avait des attaches familiales), et Joseph Porphyre Pinchon le dessinateur – elle voit le jour dans La Semaine de Suzette. Cet hebdomadaire qui paraît à partir de 1905, est destiné aux petites filles de bonnes familles. Les aventures de Bécassine proposées sur deux pages, sont rassemblées ensuite dans les albums édités par Gautier-Languereau. La Semaine de Suzette qui a manifesté des sentiments « anti-boches » pendant la première guerre, est interdite par les Allemands en 1940 et ne reparaît qu’en 1946. Bien avant la « ligne claire » popularisée par les dessinateurs belges, Pinchon innove avec un tracé simplifié sur fond blanc ; la mise en page est pleine de mouvement, les vignettes de textes disposée de façon irrégulière.

Anaïk Labornez (lisez « la bornée ») dite Bécassine, née à Clocher – les – Bécasses, représente la femme du peuple chassée de sa Bretagne natale par la misère : elle se place alors comme domestique à Paris. Facile à repérer dans sa robe verte – qui ne correspond à aucun costume breton authentique – armée d’un éternel parapluie rouge, elle semble niaise et servile mais est en réalité pleine de bon sens, et fait à la fois rêver et rire les jeunes lectrices. Bécassine qui est allée à l’école de la République écrit, certes avec des « fotes » ; bien que représentée sans bouche (allusion à l’interdiction de la langue bretonne) elle parle, et beaucoup plus que ses contemporaines issues des classes populaires ! Son image non sexuée, comme plus tard celle de Tintin qui voit le jour en 1929, reste immuable dans les divers albums.

La période 1914-1918 est au cœur de trois albums : Bécassine pendant la guerre (1916) réédité en 1947 sous le titre Bécassine et la Grande Guerre, Bécassine chez les Alliés (1917) et Bécassine chez les Turcs (1919). La guerre, menée par les hommes, y est présentée sans montrer les combats, de façon édulcorée pour ne pas choquer les jeunes lectrices et exorciser l’angoisse présente dans toutes les familles. Bécassine tricote, essaie de devenir infirmière, travaille comme ses contemporaines : elle porte le calot et la musette de la poinçonneuse de tickets dans le métro. Tour à tour garde-barrière, aviatrice, conductrice de voitures, elle témoigne de l’émancipation temporaire et fragile des femmes. Bécassine donnait déjà avant-guerre une vision positive des étrangers, italiens, espagnols, maghrébins, turcs vivant en France ; à contre courant de l’image des troupes coloniales présentées comme des « nettoyeurs de tranchées », voire des cannibales, elle devient marraine de guerre du prince Boudou de Tombouctou qui se révèle être peintre et fin lettré. Invraisemblable, caricaturale mais attachante, Bécassine fait partie des héroïnes qui ont marqué plusieurs générations. La preuve en est donnée par la très riche exposition présentée : livres et poupées apportés par des membres du CCHA, albums du réseau des médiathèques du Grand Châtellerault, collection de la Semaine de Suzette de Danièle Bégeaut- Köhler. M. Hamon, dont la grand-mère a quitté sa Bretagne natale dans les mêmes conditions que Bécassine, nous a fait découvrir de très nombreux livres, objets, disques … dédiés à l’héroïne de la Semaine de Suzette.

Françoise Metzger

Le texte complet de cette conférence paraitra dans un prochain numéro de la revue.

Compte rendu du 96ème forum du CCHA : la Libération en chansons.

Venu en janvier 2016 nous offrir La Grande guerre en chansons, monsieur Jean-Marie Augustin, professeur émérite de droit de l’Université de Poitiers, a accepté l’invitation du CCHA de présenter sa nouvelle conférence : La Libération en chansons. Devant un public nombreux, attentif, puis rapidement entrainé par des chansons rappelant des souvenirs d’enfance ou d’adolescence, il a parcouru en une dizaine de chansons la période des années 1944-1946 marquée par la libération de la France et ses lendemains immédiats.

Il  débute par 3 chansons caractéristiques des forces qui ont permis la libération du territoire : le Chant des partisans, signe de reconnaissance des maquis et des résistants, la Marche de la 2e DB pour l’armée française qui s’est ralliée au général de Gaulle, symbolisée par le serment de Koufra de mars 1941 du général Leclerc, et le Chant des Africains pour la 1e Armée française, commandée par le général De Lattre de Tassigny, appelée aussi armée Rhin et Danube, largement composée de troupes indigènes d’Afrique noire et d’Afrique du nord. Bien évidemment, il n’oublie pas les autres acteurs incontournables de la libération que furent les forces Alliées (Britanniques, troupes du Commonwealth, Américains), mais annonce son choix d’orienter ses propos vers les acteurs nationaux.

La Libération, c’est une action militaire violente, mais c’est aussi la joie, l’enthousiasme, la délivrance. Monsieur Augustin oriente alors son propos vers des chansons plus distrayantes, mais qui placent toujours en avant la notion de liberté. Il nous fait écouter Fleur de Paris de l’automne 1944 avec le retour des couleurs tricolores, puis Oh la la de J. Pils qui relate la rencontre d’un GI américain et d’une jeune parisienne, rencontre qui se termine très moralement par un mariage, symbole du renouveau de la vie… et du rapprochement franco-américain. Le « tube » de la Libération, c’est bien sûr Le Petit Vin Blanc, avec les bals, le désir de s’amuser, la volonté de « mettre Vichy entre parenthèses » et de retrouver une certaine ambiance du Front Populaire.

Les lendemains de la libération militaire ne résolvent pas, comme par enchantement, tous les problèmes du pays, notamment économiques. Il faut passer par une difficile période de reconstruction, vaste chantier du Gouvernement provisoire de la République. Alors monsieur Augustin décide de convoquer l’espérance, l’optimisme, par la chanson Et hop, on s’en sortira qui appelle tous les français à unir leurs forces pour la production permettant le redressement.

 Après la Libération, la chanson française connait un véritable essor à la radio, dans les cabarets, avec des références fréquentes et fortes aux « années noires » telle la chanson Nuit et Brouillard interprétée par J. Ferrat.

La conférence était accompagnée d’une exposition d’une quinzaine de panneaux sur la libération de Châtellerault prêtée par le service des archives de Grand Châtellerault.

Un compte rendu plus complet de la conférence sera proposé dans un prochain numéro de la Revue d’Histoire du Pays Châtelleraudais.

Bref résumé du 95ème forum du CCHA

Le 95e forum du CCHA du samedi 28 octobre 2017 nous a conduit sur les traces d’une séquence de la Seconde Guerre mondiale, le Service du Travail Obligatoire (STO), et dans les pas d’un Châtelleraudais qui en fut la victime, Colbert Lebeau.

Une exposition très riche accompagnait la conférence : des documents originaux de la période 1943-1945 relatifs au STO, des lettres, des journaux, des panneaux d’affiches de propagande, une biographie de C. Lebeau… Un film sur les réquisitions pour le STO à la Manu en 1943 tissait le lien entre l’écrit et l’oral, le document et le témoignage.

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Dans une première partie de la conférence, Marie-Claude Albert s’employa à replacer le STO dans son contexte. Elle évoqua la tentative du régime nazi d’attirer des travailleurs volontaires français en Allemagne avec la promesse d’un bon salaire et l’ opportunité pour les volontaires de réaliser un acte moral fort : permettre la libération des prisonniers détenus dans les camps depuis le printemps 1940. C’est la Relève. Mais celle-ci ne rencontra pas le succès escompté par les nazis. Dès lors, vint le temps de la réquisition par le Service du Travail Obligatoire, particulièrement active en 1943-1944. M.C. Albert expliqua comment, sous la pression du régime nazi, les autorités françaises furent amenées à promulguer les lois qui appelaient au recensement les hommes nés en 1920, 1921, 1922, afin de répondre aux exigences toujours croissantes du ministre Sauckel. Certains partirent, d’autres refusèrent et durent se cacher pour échapper aux recherches des autorités, voire rejoindre un maquis et entrer dans la lutte active : la conférencière donna des chiffres et des pourcentages de départs et de refus, notamment au regard des effectifs de la Manu des années 1943-1944. Pour faire la transition avec la seconde partie de la conférence, elle rappela la position de l’Église catholique et de ses évêques sur le STO, ainsi que celle de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne (JOC), organisation à laquelle adhéra très tôt C. Lebeau.

Anne-Marie Collin dressa alors une brève biographie de C. Lebeau : né en 1922, élève à l’école H. Denard, certificat d’étude en 1934, brevet en 1938, puis rapidement employé de banque. Mais aussi membre très actif de la JOC dont il devint responsable fédéral. Requis pour le STO en mars 1943, il choisit de répondre à l’appel de Monseigneur Suhard, archevêque de Paris qui invitait les prêtres catholiques devenus travailleurs civils et les membres actifs de la JOC à partir dans les usines allemandes pour encadrer les jeunes catholiques requis en Allemagne. Les lettres de C. Lebeau décrivent les conditions difficiles de sa vie près de Leipzig : le travail, la nourriture, mais on y lit aussi sa foi et son action soutenue envers ses coreligionnaires. Dès décembre 1943 les autorités allemandes menacent de punir son activité religieuse, accroissent la surveillance, contrôlent et limitent le courrier. Il est arrêté par la Gestapo et emprisonné le 13 septembre 1944 en attendant son jugement qui, en novembre, le condamne à la déportation en camp de concentration. Le témoignage d’un compagnon décrit les conditions de vie et de travail très pénibles et la volonté de C. Lebeau d’aider les autres jusqu’au dernier jour. Il meurt d’épuisement le 3 janvier 1945.

Sous la conduite du père J.P. Jamet, un dossier est constitué dans les années 1995-2000 sur la vie et l’action de C. Lebeau. En 2000 le pape Jean-Paul II publie une liste des Martyrs du XXe siècle ouvrant la voie à l’ouverture d’une procédure de béatification : C. Lebeau y figure. Après un long temps de silence, le dossier vient d’être très récemment relancé.

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Le débat qui a suivi l’exposé a revêtu un intérêt et une intensité particuliers  par la présence de Jean Redon, lui-même requis par le STO en 1943, et de plusieurs descendants de requis châtelleraudais. Son témoignage sur les conditions de réquisition, le choix du départ ou du refus, les conditions de vie dans les usines allemandes, les difficultés à faire reconnaitre les requis du STO comme des victimes, furent des moments très forts en émotion et riches en enseignements.

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Comme il est de coutume, un compte-rendu plus complet de cette conférence paraitra dans une prochaine édition de notre revue.