Association fondée en 1999, le C. C. H. A. vise à la découverte, la sauvegarde et la promotion du patrimoine documentaire du Pays châtelleraudais.

Association fondée en 1999, le C. C. H. A. vise à la découverte, la sauvegarde et la promotion du patrimoine documentaire du Pays châtelleraudais.

Nos collègues à l’honneur

Le prix Frédérick Gersal, prix du livre historique.

Le jury se compose de deux personnes de la bibliothèque de Montmorillon, Pierre Rullier (enseignant et écrivain) et deux universitaires.

 

Prix 2014

Il a été attribué à Marie-Claude Albert, Pierre Bugnet, David Hamelin et Patrick Mortal pour leur ouvrage « La manufacture d’armes de Châtellerault, une histoire sociale de 1819 à 1968 ». Il a été remis aux auteurs à l’occasion du salon du livre de Montmorillon, le 13 juin 2014.

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Sortie patrimoniale du samedi 21 juin 2014

Par une superbe journée d’été, le CCHA a fait sa sortie annuelle à travers la campagne en bordure de la Creuse et de la Vienne.

Le rendez-vous était fixé à 8 h 30 au parc du Verger. 34 personnes sont présentes et attendent les membres du club Rétro Locomotion du pays chatelleraudais, dirigé par Françoise Pinon. Ces derniers arrivent, les uns après les autres, au volant de leurs magnifiques voitures anciennes sur le parking (Citroën B14 décapotée, 2 CV, Peugeot 203, 403, Cadillac, Tractions, Mustang, Simca Aronde, Dauphine, ID, Chenard et Walcker, BMW, Morgan plus 4, Austin Sprite…).

Chacun choisit alors son véhicule et y prend place pour un périple bucolique et culturel. Le défilé part en direction de la Roche-Posay. (fig 1) La voiture ouvreuse est une « Chenard et Walcker », conduite par la présidente Françoise Pinon qui emmène Claudine Pauly, présidente du CCHA. Ce défilé fait impression tout au long du parcours ! Les admirateurs croisés sur la route nous saluent et nous envient peut-être !

Fig 1 : Dans les environs de Coussay-les-Bois

Fig 1 : Dans les environs de Coussay-les-Bois

La première étape nous amène dans le parc du Casino. Claudine Pauly, notre présidente nous fait partager un pan de l’histoire de sa commune natale. Le Casino se situe sur l’ancienne paroisse de Posay laquelle fut rattachée à La Roche en 1806 ; depuis, nous ne connaissons plus que La Roche-Posay. (fig 2)

Fig 2 : Devant le casino de La Roche-Posay

Fig 2 : Devant le casino de La Roche-Posay

9 h 45 : nous repartons en direction de Falaise. Nous traversons de jolis paysages en cette matinée ensoleillée, Lésigny, Mairé, la Petite Guerche, Leugny, Buxeuil et Falaise.

Si le trajet se passe globalement dans de bonnes conditions, certains ont connu quelques frayeurs… L’ID, en queue de peloton, donne à deux reprises quelques signes de faiblesse… Quelle drôle d’idée ! Le chauffeur descend, ouvre le capot, sort les outils. Les conducteurs de la 203 et de la 2 CV s’arrêtent pour apporter leur soutien. En quelques minutes, le moteur est relancé et la voiture repart ! Les turbo sont en route, les voitures retardées recollent au groupe qui avait pris une avance de dix bonnes minutes !

Nous arrivons alors à Falaise où nous découvrons son musée, son histoire racontée par le propriétaire actuel des lieux où vécut la famille De Gannes. Nous visitons la chapelle où sont exposés les armoiries, le matériel de guerre, les mitrailleuses, le cargo puis à l’étage, le musée avec ses vieux outils, ses coiffes, ses vêtements… (fig 3)

Fig 3 : Au musée de Falaise

Fig 3 : Au musée de Falaise

Il est 11 h 30, nous repartons pour la dernière étape de la sortie, Les Ormes. Nous déjeunons sous les halles, un plateau repas préparé par le traiteur local. Ce fut un déjeuner champêtre où régnait une excellente ambiance. Tout le monde était joyeux, il faisait beau et les degrés n’étaient pas que dans le jus de raisin servi !

Quelques mètres en voiture pour rejoindre le château des Ormes, juste le temps d’une micro-sieste, où nous attend Catherine Puglia, intarissable sur l’histoire des familles Pussort et d’Argenson. Ce magnifique château du Siècle des Lumières a subi de nombreuses restaurations tout au long de sa longue vie. Depuis 2000, il est devenu la propriété de M. et Mme Abbou, lesquels continuent sa rénovation. (fig 4)

Fig 4 : Les belles mécaniques devant le château des Ormes

Fig 4 : Les belles mécaniques devant le château des Ormes

Salle à manger, cuisines, salons, grand vestibule, le parc, la ferme où loge « Suzette II », le magnifique canot automobile, la Glacière, l’étonnante Centrale électrique, et pour clore, la Poste aux Chevaux, (fig 5). Ce fut une visite fort enrichissante que l’on soit passionné ou non d’histoire. Chacun d’entre nous était émerveillé face à ce splendide patrimoine.

Fig 5 : La poste aux chevaux des Ormes

Fig 5 : La poste aux chevaux des Ormes

Cette belle journée, bien remplie, riche d’histoire, a laissé d’agréables souvenirs et s’est terminée par un retour au point de départ, le Parc du Verger vers 18 h.

Un grand merci au CCHA et au Club Rétro Locomotion, à leurs présidentes respectives Claudine et Françoise, pour cette organisation sans faille qui a réuni 70 personnes et nous a permis de passer une superbe journée d’été !

 

Michelle Lebeau

Clichés Jean-Pierre Pauly

 

 

 

 

 

A propos du forum du 17 mai 2014: « Châteauneuf, rive gauche. »

Samedi dernier, nous nous sommes réunis salle Camille Pagé, rive gauche, lieu idéal pour terminer le cycle de nos conférences de la saison sur le thème de Châteauneuf ! Et bon nombre de Châtelleraudais, 90 personnes au moins, se sont déplacés pour écouter, participer et parfois compléter avec des souvenirs ou des photographies les récits de nos conférenciers. Trois membres du groupe de recherche du CCHA vont nous promener dans le faubourg populaire de Châteauneuf, si vivant, si particulier et tellement présent aujourd’hui encore.
Geneviève Millet nous fait part de ses recherches sur « Le Grand Monarque ». Elle est intarissable sur le sujet ! Mentionnée déjà en 1737, on écoute avec intérêt l’histoire de cette auberge, relais de poste. Grâce à des tableaux généalogiques simplifiés, on y côtoie au fil des années, les propriétaires : les Rossignol, les Brodon, les Dufour, tous parents et devenus Maîtres de Poste, métier valorisant, par ordonnance du roi Louis XV. Les plans des bâtiments apparaissent également à l’écran ; ils se situent à l’angle de la rue du Pont (Grand’ rue de Châteauneuf) et du quai de la Vienne. Côté rue du Pont, sur trente mètres, les bâtiments de l’auberge entourent une grande cour, tandis que, côté rivière, on trouve les dépendances. Puis se succèdent les écuries, les granges à foin et les greniers à céréales sur une quarantaine de mètres. Plus loin, un grand pré ombragé et son puits, accueille les chevaux fourbus. Au début du XIXe siècle, plus de 55 chevaux « de différents âges et couleurs » sont répertoriés à l’occasion d’un partage familial… On compte aussi de nombreux élevages répartis dans la campagne. Cet acte, fait chez le notaire, permet non seulement d’évaluer les biens de la famille, mais nous donne des détails plus précis au niveau de l’auberge qui comprend des pièces d’accueil, des chambres pour les propriétaires et deux chambres à trois lits pour les voyageurs… Du personnel « d’astreinte », dirions-nous aujourd’hui, loge sur place pour parer aux urgences. Des plans cadastraux, mais aussi des photographies viennent souligner l’importance de cet impressionnant bâtiment que fut le Grand Monarque. Malheureusement, l’arrivée du chemin de fer ravit la vedette aux relais de poste et comme bien d’autres, cette belle entreprise familiale prospère doit arrêter ses activités. Le Grand Monarque devient alors tout simplement un hôtel-auberge. Ce n’est qu’en 1970, après des années d’abandon que les bâtiments restaurés sont transformés en logements individuels.

Nous laissons maintenant les voyages en diligence pour nous poser quelques instants dans le faubourg de Châteauneuf où Alain Houisse s’est intéressé au comportement socio- politique des habitants de ce faubourg entre 1870 et 1914, à partir des diverses élections.
Une étude très intéressante, si l’on considère que le taux de participation des couches populaires aux différentes élections reflète le climat social d’une époque.
Il ressort aussi de cette étude que les votes administratifs sont moins suivis que les votes à caractère politique.
A cette période, les conditions de vote pour les élections : députés, conseillers municipaux… nous semblent surprenantes.
Pas d’inscription préalable obligatoire. Pas d’isoloir non plus qui n’apparaît qu’en 1913. Le bulletin de vote est un simple papier plié, déposé sans enveloppe…pas très secret !
On vote alors à Châteauneuf dans la tour sud du pont Henri IV, à la caserne, à l’asile (accueil d’enfants en bas âge). Plus tard seulement, on verra s’ouvrir l’école maternelle, l’école de garçons puis l’école de filles. La participation aux élections est fluctuante. Elle croît ou décroît au rythme des embauches ou des licenciements de la manufacture d’armes dont le rôle social est important. Au moment de la commande russe en 1894, environ 5 000 ouvriers travaillent à la Manu, mais comme tous n’habitent pas à Châteauneuf, malgré des variations, le nombre d’électeurs reste plus ou moins stable. Par contre, lors de licenciements, lorsque le travail manque, ce qui correspond à des périodes de crise, on constate que les ouvriers se démobilisent. Si l’on compare la participation de la ville, rive droite et de la rive gauche, la participation est plus faible à Châteauneuf où les habitants sont plus souvent dans des situations précaires que la population bourgeoise de Châtellerault. Lors des élections municipales de 1888, alors que les élus en place sont des notables républicains, trois listes se présentent : des républicains, des conservateurs catholiques et des socialistes. On observe alors une forte participation de la rive gauche qui restera mobilisée jusqu’à l’élection de Clément Krebs. Ce qui confirme que la politique intéresse et amène les électeurs ouvriers à voter plus facilement.

Après cette très sérieuse étude, nous écoutons Françoise Metzger aborder le dernier sujet de cette conférence en trois parties. Un sujet très attendu, car elle va nous parler de la fameuse rue des Buttes dont la réputation est parvenue jusqu’à nous ! Au XVIIe siècle déjà, il est question de cette rue pas très bien fréquentée… Les recherches qui portent surtout sur le XIXe et le début des années 1900 font apparaître environ 400 habitants, plus ou moins démunis, vivant dans des logements précaires, insalubres et souvent sans travail…. Cette rue a alors la réputation d’être « mal famée » voire d’être « un coupe-gorge » ! Elle est le siège de la fameuse « compagnie du soleil » qui se déplace dans des voiturettes tirées par des chiens ! Un grand merci est adressé au passage à notre photographe Arambourou dont les clichés ont fixé et amené jusqu’à nous ces attelages et leurs conducteurs.
Mais de quoi vivent ces gens ? Il semble qu’ils récupèrent des objets de toutes sortes pour les revendre…le ramassage des peaux de lapins faisant également partie de leurs activités. En 1882, les voiturettes tirées par des chiens n’ont plus le droit de circuler dans les rues. Il faudra plusieurs interdictions de la municipalité et des verbalisations pour supprimer ces voitures du paysage… Les journaux et des extraits de jugements du tribunal parlent bien sûr des habitants de la rue des Buttes que les juges considèrent comme des « chenapans ». Motifs d’inculpations : utilisation illicite de charrettes à chiens, ivresse, injures à agents, délit de pêche par exemple… Le Bureau de Bienfaisance intervient au début du XXe siècle, proposant un apprentissage aux désoeuvrés. Si dans cette rue la mixité sociale n’existe pas… on note parmi les résidents une solidarité intergénérationnelle importante.
Lors d’un recensement en 1870, on trouve quelques vieux métiers : un tisserand, un coutelier, un vannier… un coquassier (marchand d’œufs) mais aussi un vagabond. Un peu plus tard, en 1901, apparaissent un ébéniste, un cultivateur, un distillateur et beaucoup de journaliers et de journalières. Quant aux retraites, elles sont si faibles ou inexistantes que très longtemps, tous sont obligés de faire des « petits boulots », dirions-nous, pour survivre.
Malgré toutes les recherches entreprises, beaucoup de questions restent sans réponse, mais la quête continue : documents et témoignages sont les bienvenus. Dans la salle, le public réagit, une personne propose des photos et un ancien habitant de la rue d’Avaucourt (la rue fut rebaptisée en 1921) vient évoquer des souvenirs au micro !
Châteauneuf, toujours et encore à l’honneur depuis bientôt trois ans intéresse les Châtelleraudais grâce aux conférences et aux revues où chacun peut se replonger dans l’histoire locale.

Rue des Buttes Génault humoriste (Large)

 

Cette caricature humoristique d’ Ernest Génault (né à Châteauneuf en 1867) est extraite de l’Almanach châtelleraudais de 1910, p. 25, coll. J-F Millet.

Jacqueline Gagnaire

Le Bordeaux-Paris est passé…

Le CCHA vient de vivre un week-end très particulier, ces samedi 29 et dimanche 30 mars, au parc des expositions du Chillou d’Ozon à Châtellerault.

C’est dans un environnement de passionnés de patrimoine automobile que notre association a fait étape dans un décor de maillots de cyclistes et de vélos aimablement prêtés par le musée de l’Auto.

 

 

 

 

L’Amicale Rétro Locomotion du Pays châtelleraudais proposait une exposition sur le thème de la Nationale 10. Le CCHA sortant son ouvrage Quand Bordeaux-Paris traversait Châtellerault  avait donc toute sa place dans cette manifestation.

Si le tandem Pierre Soulard-Bernard Poignand a parfaitement fonctionné, il faut bien reconnaître que Bernard Poignand a usé de toute son énergie de cycliste pour que ce livre voie le jour. Qu’il en soit remercié ainsi que toutes les personnes qui l’ont aidé dans cette course dont Pierre Bugnet pour la recherche iconographique, Sophie Brégeault, conservatrice des musées et André Chêne, photographe, pour le prêt de documents, Françoise Glain pour la relecture de l’ouvrage…

 

 

 

Mais il nous faut aussi remercier Françoise Pinon, présidente de l’Amicale, qui nous a permis de participer à cette Bourse et qui a œuvré, avec la passion qui la caractérise, pour trouver dix ancêtres (comprenez « voitures » !) qui nous accompagneront en 2015 lors d’une sortie concernant notre futur thème de recherche « Les Châtelleraudais pendant la Grande Guerre ». De cela nous reparlerons, bien sûr.

Et les chineurs passaient, tenant précieusement un rétroviseur, un essuie-glace, un enjoliveur, un phare…

Et Bernard dédicaçait, dédicaçait…

 

 

 

 

 

 

 

 

Une bien belle journée qui restera dans les annales de notre association.

 

 

 

 

N° 27 Rive gauche

DOSSIER : CHATELLERAULT, RIVE GAUCHE

Le bureau de bienfaisance au secours de Châteauneuf,

Marie-Hélène Martin, p. 2

 La fabrique de l’église Saint-Jean-l’Évangéliste

Christiane Escanecrabe, p. 17

Le Grand Monarque, relais de poste

Geneviève Millet,  p. 32

Un grand chemin de France, Lucile Degorce, p. 47

 Quand Châteauneuf élisait ses propres conseillers municipaux

de 1874 à 1884, Alain Houisse, p. 62

 La « triste affaire » de Châteauneuf, Françoise Metzger, p. 71

 Conférences

Médecins experts et autopsies judiciaires dans le Châtelleraudais

au XIXe siècle,  Sandra Menenteau, p. 80

L’assistance municipale à Châtellerault et dans les villes de l’Ouest des années 1930 aux années 1950,

Marie-Claude Albert, p. 96

 Des documents inédits 

Charles Arambourou, Jean-François et Geneviève Millet,  p. 111

 La vie du CCHA

Le CCHA a publié…

 « Quand Bordeaux-Paris traversait Châtellerault,

 de 1891 à 1985 »,  Pierre Soulard et Bernard Poignand, p. 113

 Actualités, p. 114

couv 27Infos, p. 118

A propos de la conférence du 15 mars 2014 « Mémoire des Hommes ».

Malgré le soleil printanier incitant à la promenade dans le parc du château, les visiteurs se pressent, ce samedi, dans la  salle du Verger, côté journaux anciens, pour découvrir cette fois-ci les numéros de la presse nationale portant sur les années 1915, 1916 et 1917. Ces  journaux sont toujours présentés par Francis Garnier qui a récemment enrichi sa collection d’un exemplaire rare d’un journal de tranchée.

Centenaire oblige et la Grande Guerre, à l’honneur, devient le thème incontournable du CCHA pour les quatre années à venir. Ce thème, nous le retrouvons aujourd’hui avec Sylvain Lebreton, notre conférencier qui nous propose  une autre façon d’entrer en contact avec l’Histoire en utilisant le site internet « Mémoire des Hommes ».

Sylvain Lebreton est chef du département des Archives de l’Armement à Châtellerault. Il  est le principal concepteur du site et c’est lui qui a porté ce projet de 2000 à 2004… Ce jeune conférencier va nous conter l’histoire de ce site, d’un réel intérêt historique qui  permet, entre autre, de consulter en ligne 1 400 000 fiches  individuelles de soldats morts pour la France entre 1914 et 1918, un défit   technologique  passionnant et parfois difficile. Entrons donc dans les coulisses du site…

Faut-il rappeler que la Grande Guerre c’est plus de 9 millions de morts et autant de dossiers individuels. Ces  archives de guerre, entreposées sur deux niveaux dans le parking sous-terrain  d’un immeuble voué  à la destruction, suscitent de sérieuses inquiétudes quant à leur devenir. Pas question de voir disparaître  les témoignages de cette guerre ainsi que ceux concernant les déportés et les prisonniers de 39-45.

Mais les bulls passent et très peu d’archives sont sauvées (seulement 1%) parmi lesquelles les 1 400 000 fiches des soldats de la guerre 14-18 ! Le reste  disparait  dans la démolition du lieu de stockage ! Sylvain Lebreton est déterminé, il faut aller jusqu’au bout de l’idée… Proposition est faite d’un projet de numérisation.  A l’époque,  en 1990, le projet est jugé irréalisable. Après bien des années et de nombreuses demandes, il est accepté en 1999 et considéré, alors, comme un projet innovant, technologiquement moderne et valorisant pour les archives.

Une équipe se crée, un budget est alloué par le Secrétariat d’Etat aux Anciens Combattants, il faut calculer au plus juste, prendre contact avec les prestataires qui vont numériser les fiches, établir un coût…Voici l’équipe confrontée au « business » ! En 2000, un marché est passé… à La Châtre. Le travail va pouvoir commencer.

Puis d’autres  problèmes surgissent  avec  l’écriture des noms africains, indochinois… et les prénoms.  Lequel est le prénom usuel, lequel doit-t-on garder ?  Il faut également mentionner sur la fiche : mort sur le front ou mort à l’hôpital…  Que faire pour un soldat mort d’une pneumonie et non pas le fusil à la main ?  7 % des décès sont d’origine médicale et les médecins consultés refusent que ces cas-là soient mentionnés. Ensuite des retards de transport avec la Poste après le 11 septembre 2001 vont perturber  considérablement le travail en cours.

En 2003, le site est bien avancé. Il faut lui donner un nom ! « poilu.fr » est refusé d’emblée ! Mais le site « Mémoire des Hommes » plaît, il est retenu. L’inauguration a lieu à Paris le 5 novembre, un peu avant le 11…

Ensuite, c’est aux médias que notre équipe doit faire face : dossier de presse à constituer, rencontres avec les journalistes des radios, de la télévision, conférences de presse devant trois caméras !   Stressant, mais un grand moment professionnel, assure Sylvain Lebreton. En 2004, le site vit enfin après quatre années de travail. Depuis, Mémoire des Hommes ne cesse de se développer. Il a beaucoup de succès auprès des professeurs, des élèves, des généalogistes, des historiens et parallèlement, le courrier afflue accompagné souvent de nouveaux renseignements !

Le site répertorie également les monuments aux morts des différentes communes ainsi que des fichiers comportant les morts de la guerre d’Algérie, du Maroc ou d’Indochine. Y sont adjoints maintenant les marins, les aviateurs et les soldats de la 2e guerre mondiale, tous morts pour la France.

Quel avenir pour le site ? En projet : répertorier les fusillés de 14-18, les réformés, les noms des morts médaillés, les Alsaciens-Lorrains enrôlés sous l’annexion, les résistants de 39-45, les troupes françaises du Levant…

Mémoire des Hommes est un site dédié aux combattants qui relie les familles à leurs morts. C’est aussi un défit technologique ainsi qu’un outil de qualité offert au public. D’autres ont pris maintenant  le site en main, l’essentiel a été fait.

Cette conférence très enrichissante a réuni une soixantaine de personnes parmi lesquelles nous avons été heureux de compter monsieur Nicolas Jacob, directeur des Archives de l’Armement, accompagné de madame Anne-Elyse Lebourgeois, archiviste, madame Sophie Brégeault, conservatrice des Musées, ainsi que monsieur Pascal Borderieux, archiviste et ses collègues Murielle Pergant et Louis Poisay.

 

Jacqueline Gagnaire