C.C.H.A

Centre Châtelleraudais d'Histoire et d'Archives

Association fondée en 1999, le C. C. H. A. a pour but de découvrir, protéger, exploiter et mettre en valeur l’histoire et le patrimoine du pays châtelleraudais par les recherches en archives et de témoignages.

L’action collective dans le Châtelleraudais au XXe siècle, David Hamelin

Aujourd’hui les conflits sociaux qui s’illustrent par des manifestations et des mouvements de grèves font partie du paysage social commun des français mais aussi des Châtelleraudais. Pourtant si l’on s’attache à examiner ce phénomène sur la longue durée, ce que nous proposons de faire aujourd’hui, nous remarquons qu’il n’en fut pas toujours été ainsi. Le conflit social est en effet une expression fluctuante et déterminé par de nombreux facteurs : structures des rapports sociaux, environnement économique… Tout en participant à l’évolution des rapports sociaux le conflit n’en demeure pas moins une simple expression de ces rapports.
Il ne s’agit pas d’examiner aujourd’hui l’ensemble des expressions collectives à caractère public que Châtellerault a connu durant le siècle qui vient de s’achever, la tâche serait bien trop grande et pourrait manquer de cohérence mais il s’agit de montrer davantage l’articulation existant entre l’environnement social local et les poussées grévistes..
Pour mener à bien cette recherche, nous avons découpé notre objet en deux périodes distinctes au cours du XXème siècle. La première qui s‘étend de l’extrême fin du 19ème siècle à l944 est une période d’expérimentation conflictuelle. En effet pouvoirs publics, syndicats ouvriers ou patronat se familiarisent avec les nouveaux moyens d’expression collective mis en place par les législateurs de la Troisième République. Aussi les formes, la nature et les dimensions sociales et symboliques du conflit évoluent, sans pour autant prendre une forme définitive. La période qui suit et qui se prolonge jusqu’à aujourd’hui se caractérise par l’institutionnalisation du conflit social sous l’effet de différents facteurs que nous évoquerons plus bas. Cette institutionnalisation n’empêche aucunement l’éclosion de conflits violents, mais si ceux-ci permettent d’infléchir les décisions initialement prises par les pouvoirs publics, ils ne remettent pas forcément en cause l’existence de l’ordre établi.

 

La suite de l’article : David Hamelin, L’action collective dans le Châtelleraudais au XXe siècle

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