C.C.H.A

Centre Châtelleraudais d'Histoire et d'Archives

Association fondée en 1999, le C. C. H. A. a pour but de découvrir, protéger, exploiter et mettre en valeur l’histoire et le patrimoine du pays châtelleraudais par les recherches en archives et de témoignages.

La salle Arambourou

En hommage à un photographe du Châtelleraudais

 

Le CCHA a emménagé au-dessus des Archives en décembre 2013. Désormais les réunions mensuelles du groupe de recherche, les conseils d’administration et autres rencontres ont lieu dans ce local bien apprécié de tous. Nous avons essayé de le rendre chaleureux et l’idée a germé de donner un nom à notre salle de travail. Chacun pouvait participer, la seule consigne était de ne pas choisir le nom d’une personne vivante de nos jours. Une superbe boîte a recueilli les propositions des uns et des autres et à l’issue de la réunion du GRAHC du 4 février nous avons comptabilisé les réponses. Le nom d’ARAMBOUROU l’a emporté.

Nous connaissons tous les nombreux clichés signés Charles ou Eugène Arambourou qui nous permettent aujourd’hui d’imaginer la ville et les communes environnantes comme elles étaient autrefois.

Charles, né en 1848, fils de réfugiés basques, arrive à Châtellerault en 1881 et s’installe quatre ans plus tard boulevard Blossac. C’est dans ce studio qu’il a travaillé jusqu’à la fin de sa vie en 1919. Son fils Eugène poursuivit dans la même voie et nous a laissé lui aussi de nombreux clichés. Charles n’était pas seulement photographe. Il a vécu les tout débuts du cinéma avec les frères Lumière, fin décembre 1895 à Paris. Peu de temps après Londres et Bruxelles les grandes villes françaises profitaient des projections. Charles fort intéressé ne pouvait rester spectateur. Il s’équipa d’un « héliocinégraphe » et projeta les films sortis. Mieux encore, son appareil lui permettant de créer ses propres films, les Châtelleraudais purent voir « L’arrivée à Châtellerault du train venant de Senillé » et « La crue à Châteauneuf en 1896 ».

                           Charles Arambourou, coll. Musée de Châtellerault

Jusqu’ici, dans notre ville où il a passé une grande partie de sa vie, aucune rue, établissement, salle ne porte son nom. Nous sommes heureux de rendre hommage, bien modestement, à cette famille. Charles et Eugène nous permettent d’illustrer de nombreux articles !

 

A lire et relire :

 

« Charles Arambourou premier opérateur du cinématographe en Poitou », conférence de Daniel Taillé publiée dans la Revue d’Histoire du Pays châtelleraudais n° 12 du 2e semestre 2006, p. 91-116.

« Les photographes châtelleraudais 1860-1945 », article de Christiane Escanecrabe et Jean-François Millet, Revue d’Histoire du Pays châtelleraudais n°21 de juin 2011, p. 79-95.

« Charles Arambourou et son fils Eugène », article de Christiane Escanecrabe et Jean-François Millet, Le Picton n°188, p. 62-68.

 

Geneviève Millet

Châtellerault et la guerre 1914-1918 vue par Charles et Eugène Arambourou, Pierre Bugnet, Muriel Pergant

Charles ARAMBOUROU (1858-1919) et son fils Eugène (1879-1952) ont photographié les événements de la vie quotidienne à Châtellerault durant plus d’un demi-siècle, des années 1880 à la fin de la deuxième guerre mondiale.
La Ville de Châtellerault possède 17064 plaques de verre, 238 négatifs celluloïd et 9 tirages de Charles et Eugène ARAMBOUROU : 1126 plaques ont été achetées aux enchères et le reste a été donné par Monsieur André CHÊNE, photographe professionnel.
A l’occasion du 90ème anniversaire de l’armistice de 1918 les Archives municipales de Châtellerault et le CCHA ont unis leurs efforts pour présenter une sélection de ces photographies relatant divers aspects de la première guerre mondiale tels que les Châtelleraudais les ont vécus. Cinquante clichés ont été retenus, dont certains inédits. Ils ont été numérisées par André CHÊNE et Geneviève MILLET a réalisé le montage en diaporama.
Il s’agit de photographies prises dans les rues, au sein de la population, et dans des lieux publics ou privés dont la destination a été modifiée par les nécessités du moment. Par contre les institutions militaires en sont absentes, notamment la Manufacture d’armes.
La présentation commentée de ces images était accompagnée de la lecture par Pascal BORDERIEUX de lettres d’un combattant, Raoul BOUCHET. Vingt-et-une de ces photographies sont reproduites dans les pages suivantes.

La suite de l’article : Pierre Bugnet, Muriel Pergant, Châtellerault et la guerre 1914-1918

Charles Arambourou, premier opérateur du cinématographe en Poitou, Daniel Taillé

Fils d’Antoine Arambourou, basque espagnol réfugié en France, exerçant la profession de photographe, et de Laurence Mazaury, Charles Théophile Arambourou naît à Saint-Junien (Haute-Vienne) le 21 mai 1858.
Il passe son adolescence en Touraine, à Lahaye (aujourd’hui Descartes) où ses parents se sont installés. Puis après un court séjour à Marigny-Marmande où il suit les traces de son père comme photographe, il s’établit définitivement à Châtellerault, ouvrant, sur le boulevard Blossac, au numéro 41 très exactement, un studio de photographie.
Dès lors, il est de tous les événements marquants de la vie châtelleraudaise, se fixant comme mission précise d’immortaliser par la photographie, les instants inoubliables de la vie publique et privée. Il ne reste pas non plus insensible au charme de toute sa région d’adoption, le Poitou. Avec une bicyclette ou un tricycle, il sillonne les campagnes et les villes, amassant un nombre impressionnant de clichés dont la plupart seront édités en cartes postales, cartes qui feront bien plus tard les délices des collectionneurs d’images du passé. Très vite, la notoriété de Charles Arambourou dépasse les frontières de la cité châtelleraudaise : « Il est dans toute l’acceptation du terme, un excellent photographe, qu’il ne faut pas confondre avec ceux qui viennent de temps à autre s’installer sur nos places… » peut-on lire dans les colonnes de la presse poitevine.

 

La  suite de l’article : Daniel Taillé, Charles Arambourou, premier opérateur du cinématographe en Poitou