C.C.H.A

Centre Châtelleraudais d'Histoire et d'Archives

Association fondée en 1999, le C. C. H. A. a pour but de découvrir, protéger, exploiter et mettre en valeur l’histoire et le patrimoine du pays châtelleraudais par les recherches en archives et de témoignages.

Les fêtes d’aviation à Châtellerault, Geneviève Millet

Un vieux rêve de l’homme : voler

Depuis Icare, l’homme rêve de s’envoler comme les oiseaux et de regarder le monde d’en haut. En 1783, Pilâtre de Rozier s’élève en ballon au nord-ouest de Paris et atterrit au sud de la Seine. En 1784, à Poitiers, M. Mignon, limonadier-confiseur, lance une montgolfière à Blossac alors que le père Rochex essaie en vain. Un siècle plus tard le ballon dirigeable, utile en temps de guerre, fait son apparition.
La bataille du plus léger que l’air a commencé dans la 1ère moitié du XIXe siècle et s’est poursuivie jusqu’à la 1ère guerre mondiale.
En province, les ballons participent aux fêtes. Il faut montrer les nouveautés de la technique, étonner le grand public. Lors des fêtes de la libération du territoire en 1871, le maire de Châtellerault, M. Godard, est monté en ballon.
L’ascension d’un ballon pendant les fêtes du congrès musical de Poitiers, en 1876, fait rêver participants et spectateurs. L’année suivante, la sous préfecture ne voulant pas être en reste, la ville de Châtellerault annonce une soirée aérostatique au début de l’automne, mais elle est ajournée suite à la mort de Mme Godard, femme du maire de la ville. Un ballon sera lancé pendant le concours agricole de 1881. On recommencera en 1886, 1890 (3 ballons et une grande montgolfière), en 1892 lors de la visite du Président Carnot, en 1900 et enfin en 1908 à l’occasion de la Saint-Roche. Leur période de gloire va de 1899 à 1914 en Poitou-Charentes. Il semble qu’après, la mode des ballons gonflés passe.

 

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Les Sociétés musicales châtelleraudaises dans les fêtes, Lucienne Guais

Constatons l’omniprésence de la musique dans les fêtes les plus diverses, car elle sait parfaitement exprimer joie, émotion, délire collectif tout comme respect et tristesse, suivant les circonstances.
« La musique possède la puissance de contagion susceptible d’ébranler les masses. » selon Félicien David1. Les Sociétés Musicales châtelleraudaises ont largement contribué à rehausser l’éclat des fêtes ou commémorations diverses. Les principales, par ordre connu ou probable de leur création, sont :
La Philharmonie
L’Harmonie
L’Union Orphéonique, chorale masculine
L’Orphéon, instrumentiste
Le Cercle musical des ouvriers de la manu
La Châtelleraudaise, fanfare de Châteauneuf
Les Bigophoneux
La chorale féminine
Des groupes musicaux existent au sein des corporations, participant maintes fois aux défilés, calvacades, retraites aux flambeaux :
La chorale des sapeurs-pompiers, ainsi que leurs tambours et clairons
La Musique du 32e Régiment d’infanterie
L’Echo de la forêt, fanfare, société de trompes de chasse.
Quelques sociétés des environs se joignent fréquemment aux fêtes du Châtelleraudais :
L’harmonie de Thuré
La fanfare de St Genest d’Ambière (l’Espérance)
La Fanfare de Lencloître
L’Indépendante de Pleumartin
La Batterie de Pleumartin
L’Union musicale de Lésigny
Les Trompes de chasse d’Ouzilly

 

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Fêtes et jeux à Naintré (1830-1960), Lucile Degorce

Fêtes institutionnelles

Fête des 27, 28, 29 juillet 1830.

En juillet 1931 une fête de famille réunit à Naintré le maire et la Garde Nationale. Après un feu de joie, un feu de mousqueterie de la Garde, le cri de « Vive Louis Philippe, roy des français » retentit. Le garde champêtre distribue du pain aux indigents, et des danses sont organisées jusqu’à 9h du soir. On ne trouve pas trace d’autres célébrations des « Trois Glorieuses » à Naintré dans les documents de C. Pagé1 .

Réjouissances pour le baptême du Prince Impérial

En 1856 le conseil municipal inscrit à son budget un dépense de 60F pour célébrer le baptême du prince Eugène Louis Jean Joseph Bonaparte, fils de Napoléon III2. La fête comprendra une messe, un feu de joie, un carillon, une barrique de vin qui sera distribuée à ceux qui viendront s’asseoir, aux tables, deux joueurs de violons pour faire danser la jeunesse du pays.

 

La suite de l’article : Lucile Degorce, Fêtes et jeux à Naintré (1830-1960)

Les fêtes à Châteauneuf, Geneviève Millet

Autour du château et de l’église du XIIe siècle qui se dressait à l’emplacement de la place de la République, l’agglomération a vite grossi, mais c’est à partir de l’implantation de la manufacture d’armes, en 1819 que ce faubourg de Châtellerault est devenu très important. L’église a été détruite en 1875 et reconstruite à l’emplacement actuel. En 1962, La Brelandière, la Montée Rouge et les Renardières, tous quartiers de la rive gauche ont été enlevés à la commune de Naintré et ajoutés à la commune de Châtellerault. La rive gauche ne cessait de s’accroître.
Les fêtes institutionnelles se déroulaient à Châtellerault, mais nous avons recensé de très nombreuses fêtes et lieux de fêtes spécifiques à Châteauneuf.
Le «quarroi ou la ruche » voilà comment on surnommait le quartier qui s’est développé autour de la Manufacture d’Armes, employeur principal. La population ne cesse de s’accroître jusqu’à compter pas moins de 8000 âmes. Un quartier populaire naît et, avec lui, les divertissements qui vont égayer la vie ouvrière bien morose. Les fêtes ouvrières prennent un essor avec le développement des premières organisations mutualistes en 1841. Des regroupements au sein de la manufacture s’opèrent avec la création en 1877 d’un cercle musical. Le cercle catholique des ouvriers crée « La Patriote », fanfare qui  animera toutes les fêtes du quartier.

 

La suite de l’article : Geneviève Millet, Les fêtes à Châteauneuf

Foire de la Saint-Roch, Arlette Banos

Un journaliste du XIXème siècle exprimait son opinion sur la foire de la St Roch (article relevé dans l’Echo Châtelleraudais N°418 du 29/07/1860) :
« Je me suis souvent demandé pourquoi Châtellerault avait pris St Roch pour patron de sa fête. Nous n’avons jamais eu ni église ni chapelle sous l’invocation de ce saint. Sa statuette n’est au coin d’aucune rue. Si nos ancêtres qui l’ont choisi ont voulu un saint avec une bête, pourquoi pas Saint Antoine, pourquoi pas Saint Luc, pourquoi pas tout autre ?
Un antiquaire de mes amis qui explique les hiéroglyphes et trouve que les quadrupèdes des corniches et des guirlandes des vieilles maisons en ruine signifient une foule de choses dont le profane n’a pas idée, prié de me dire ce qu’il en était, m’a répondu que les chartes du pays n’en faisaient pas mention. J’ai feuilleté les deux volumes de l’« Histoire de Châtellerault » de l’abbé Lalanne , je n’ai rien trouvé qui ait fait adopter tel saint plutôt que tel autre. Si c’est l’animal qui a fait choisir le saint, pourquoi le chien plutôt que le compagnon de Saint Antoine, plutôt que l’oiseau de Saint Luc. Vous me direz : qu’est-ce que cela peut vous faire ?
Je suis de votre avis, rien. Mais enfin, quand un problème vous trotte par la tête, on n’est pas libre de ne pas en chercher la solution.
Cette solution que nous avons demandée vainement aux archives et aux archéologues, nous croyons nous souvenir de l’avoir vue taillée en relief sur une pierre trouvée dans les décombres de l’ancienne chapelle du châteaufort à Châteauneuf.
Cette pierre représentait plusieurs personnages maigres, allongés, chétifs, agenouillés devant St Roch et son chien.
Faut-il un grand effort d’imagination pour reconnaître que St Roch était invoqué dans les cas de peste et contre les maladies contagieuses, et un grand fléau s’étant abattu sur le Poitou en 1477, nos pères l’implorèrent promettant de le reconnaître pour patron s’il voulait les en délivrer. Ce qui eut lieu probablement en ce temps là, et ce qui fait que de nos jours, Châtellerault jouit certainement d’un air salubre et que les épidémies qui à plusieurs époques ont frappé les diverses contrées du Poitou, ne l’on jamais atteint.
Cette explication nous semble naturelle et satisfaisante. Elle est la bonne ; ce qui le prouve, c’est cette affection qui nous saisit tous dès l’enfance et qui nous suivant dans nos plus longs voyages et jusque sur les rives étrangères, ne nous fait jamais penser à la patrie sans nous faire penser également à notre cher Saint Roch ».

 

La suite de l’article : Arlette Banos, Foire de la Saint-Roch

Les cirques à Châtellerault, Arlette Banos

Au XIXème siècle  les cirques étaient très appréciés lors de leur passage à Châtellerault. Pour les enfants et aussi pour les adultes, c’était synonyme de fête

En 1883, le Grand CIRQUE AMERICAIN à Châtellerault – dimanche 10 août sur le nouveau Champ de Foire. – Deux représentations.
C’est le seul qui voyage en Europe avec un personnel aussi nombreux d’artistes remarquables et un matériel aussi complet.
Le Grand Cirque Américain est également l’unique établissement faisant concurrence au célèbre Barnum de New-York.
Il présente une quantité d’animaux domptés et dressés en liberté.
C’EST LA GRANDE ATTRACTION DU JOUR :
-Course de Jockeys et d’Amazones – Steeple-Chase – Courses de chariots – Les postillons russes – Courses de chevaux en liberté – Gladiateurs – Courses romaines – Jeux des Arènes , etc.
Sports hippiques – Ecuyers américains – Intermèdes comiques par toute une armée de clowns – Concours d’athlètes, etc.
L’Administration met à la disposition du public : 1.000 places à 3fr. – 3.000 places à 2f. –4.000 places à 1fr.
Grande CALVACADE à midi ½
Le public peut, comme curiosité, aller voir monter les immenses tentes ; la rapidité avec laquelle s’opère ce travail l’intéressera . (Echo Châtelleraudais du 18 août 1888).

 

La suite de l’article : Arlette Banos, Les cirques à Châtellerault