Les Sociétés musicales châtelleraudaises dans les fêtes, Lucienne Guais

Constatons l’omniprésence de la musique dans les fêtes les plus diverses, car elle sait parfaitement exprimer joie, émotion, délire collectif tout comme respect et tristesse, suivant les circonstances.
« La musique possède la puissance de contagion susceptible d’ébranler les masses. » selon Félicien David1. Les Sociétés Musicales châtelleraudaises ont largement contribué à rehausser l’éclat des fêtes ou commémorations diverses. Les principales, par ordre connu ou probable de leur création, sont :
La Philharmonie
L’Harmonie
L’Union Orphéonique, chorale masculine
L’Orphéon, instrumentiste
Le Cercle musical des ouvriers de la manu
La Châtelleraudaise, fanfare de Châteauneuf
Les Bigophoneux
La chorale féminine
Des groupes musicaux existent au sein des corporations, participant maintes fois aux défilés, calvacades, retraites aux flambeaux :
La chorale des sapeurs-pompiers, ainsi que leurs tambours et clairons
La Musique du 32e Régiment d’infanterie
L’Echo de la forêt, fanfare, société de trompes de chasse.
Quelques sociétés des environs se joignent fréquemment aux fêtes du Châtelleraudais :
L’harmonie de Thuré
La fanfare de St Genest d’Ambière (l’Espérance)
La Fanfare de Lencloître
L’Indépendante de Pleumartin
La Batterie de Pleumartin
L’Union musicale de Lésigny
Les Trompes de chasse d’Ouzilly

 

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Syndicats et syndicalistes à Châtellerault, 1944-1968, David Hamelin

Traiter un sujet tel que le syndicalisme confédéré dans le Châtelleraudais nécessite d’interroger la nature et le contenu du matériel disponible pour le chercheur.
L’histoire sociale du département de la Vienne est un de ces chantiers dont les fondations sont à peine posées. Les études scientifiques ou extra-universitaire sont assez rares et il n’existe aucune réelle dynamique collective à ce sujet. On ne peut donc s’appuyer que partiellement sur  les travaux existants. Quelles sont dans ces conditions les archives que nous pouvons mettre à profit pour réinsérer le syndicalisme dans son environnement et son histoire locale ? Il existe en premier lieu les archives « préfectorales » composées de rapports de police, des Sous-Préfets ou des renseignements généraux, ainsi que les archives d’origine syndicale (compte-rendus de congrès et de réunions, tracts…). La presse quotidienne départementale ou les organes militants locaux peuvent compléter utilement les types d’archives précitées. Enfin pour la période la plus récente, les entretiens oraux et l’accès à la documentation personnelle de militants peuvent être considérés comme des formes singulières d’archives et s’avérer très instructifs pour le chercheur.
La présente contribution n’abordera que les principales organisations syndicales confédérées agissant dans le Chatelleraudais, à savoir la CGT, la CGT-FO à partir de 1948, la CFTC et la CFDT à compter de 1965. Dans ces conditions, il s’agira pour nous de comprendre et d’analyser les ressorts de l’action syndicale dans le Chatelleraudais.

 

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Mourir au XVIIème siècle, attitudes des habitants de Châtellerault, Manon Schmitt

Si aujourd’hui la mort est perçue comme le point final de la vie, au XVIIème siècle, elle est un moment de passage : les hommes de l’Ancien Régime considéraient que la mort ouvrait à la vie éternelle. Le christianisme est en effet une religion de salut : il enseigne que l’homme est composé d’un corps périssable et d’une âme immortelle destinée, soit au bonheur qui est d’être avec Dieu au paradis, soit au malheur qui est la damnation en enfer avec Lucifer. C’est Dieu, qui, au moment du jugement particulier, après la mort, décidera de placer l’âme du défunt au paradis ou en enfer. Comme sous l’Ancien Régime la très grande majorité des Français, et aussi des Châtelleraudais, sont catholiques pratiquants, ils vivent dans une peur panique du jugement de Dieu à l’heure de leur mort, et dans la menace de l’enfer.
L’intérêt de cette étude est de comprendre comment chacun vivait ce moment décisif qu’est le moment du trépas, comment chacun préparait sa mort, et tentait d’assurer le salut de son âme au paradis. Quelles étaient les pratiques et les attitudes religieuses des Châtelleraudais à l’heure de la mort ?

 

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Les fours à chaux, Geneviève Millet

Au XVIIIe siècle, les physiocrates introduisent de nouvelles façons de cultiver. On fait grand usage de pierres à plâtre pour amender les prairies artificielles. En 1778, les mariniers châtelleraudais voiturent du plâtre, en provenance d’Angers, notre région en étant dépourvue. Sur le port de Châtellerault, le long du pré de l’Assesseur, 316 tonnes de plâtre sont débarquées, venant de Nantes, début XIXe siècle. En 1845, les bateaux quittant le port chargés de vin sont revenus garnis de pierres à chaux ou à plâtre, de charbon de terre, de fer. En 1866, les chalands des mariniers voiturent 41 tonnes de chaux à la remonte, chargées dans 2 bateaux. Cela confirme que notre région n’a pas de pierre à plâtre, et n’exploite pas encore les carrières de pierre à chaux.
L’agriculture utilisait aussi bien le plâtre que la chaux éteinte. Le gypse et les pierres calcaires subissaient presque le même traitement : extraction des carrières, concassage et criblage, cuisson au four. Avant la cuisson, le plâtre était broyé dans un moulin identique au moulin à farine. La température de sa cuisson, 150° environ, était inférieure à celle des pierres à chaux qu’il fallait porter à 900° et plus afin de déclencher la décarbonatation.

 

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Peaux d’oies, plumes et duvets, Jacqueline Gagnaire

Essentiellement agricole, le Poitou, il y a plus de deux cents ans, était riche, outre de ses ânes, de volailles en tous genres.
Mais c’étaient les oies blanches qui faisaient sa réputation dans le domaine de la plume. Les oies de notre région étaient, de l’avis général, les plus fournies en duvet de qualité et d’une rare blancheur. L’histoire raconte qu’il y a fort longtemps des mégissiers hollandais étaient venus s’installer dans la région, amenant avec eux ces oies remarquables dont on retrouve l’espèce encore de nos jours en Hollande, ainsi que leur savoir en matière de tannage. On disait aussi que le sol calcaire de nos campagnes contribuait, par une savante alchimie, à cette particularité.

Quoiqu’il en soit, le commerce de la plume fut florissant aux XIXème et XXèmes siècles. De grands marchés d’oies blanches avaient lieu dans la Vienne : à Gençay, Lusignan, Rouillé, Latillé, le plus important, à Saint-Savin, Vivonne, Mirebeau, Lencloître, mais encore à Châtellerault ou Chauvigny. La demande en plume était grande, bien sûr, à une époque où tout ce que nous garnissons aujourd’hui de matière synthétique l’était alors de plume.
A Poitiers plusieurs établissements importants, dont nous reparlerons, étaient célèbres pour le tannage des peaux d’oies duvetées et surtout pour avoir été les premiers à les teindre. Pratique qui s’étendra à d’autres entreprises jusqu’à devenir dans les années 1950 une véritable industrie de la mode.

 

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