Cartes et plans du Châtelleraudais

Cartes sur table ! Cartes aux murs, ou plus exactement sur des grilles Beaubourg, pour le 93e forum du CCHA, le samedi 18 mars 2017.

Plusieurs dizaines de cartes du Châtelleraudais et de plans de Châtellerault, connus ou inédits, étaient exposés, salle Camille Pagé, provenant des fonds d’archives de la manufacture d’armes, des archives municipales de la ville,  du CCHA et de la collection personnelle de Nicolas Jacob, directeur du Centre des Archives de l’Armement et du Personnel Civil de Châtellerault, conférencier à ce forum consacré aux « cartes et plans du Châtelleraudais du XVIIIe au XXe siècle ».

Nicolas Jacob choisit  l’ordre chronologique pour son exposé. Il l’introduit avec la première « carte géographique des postes qui traversent la France », établie en 1632, par Melchior Tavernier et présente ensuite les trois grandes phases de la cartographie française.

 

Quand, au XVIIIe siècle, les rois décident de faire réaliser la première carte générale du territoire, ils en chargent la famille d’astronomes Cassini. Cette carte est dressée à l’échelle d’une ligne pour cent toises, c’est-à-dire une échelle de 1/86 400. Un centimètre correspond à environ 864 mètres sur le terrain. C’est le début de la  triangulation géodésique : les points de repère correspondent aux sommets des quelque mille triangles qui forment le géodésique de la carte de Cassini. Les travaux des Cassini prendront plus de 50 ans.

Napoléon Ier décide l’établissement d’une carte destinée à la remplacer mais c’est la Restauration qui lance les travaux. Plusieurs échelles sont essayées. Il en résulte des cartes à usage militaire,  les cartes d’état-major à l’échelle du 1/80 000. Elles sont établies par le Dépôt de la Guerre, ancêtre du Service géographique de l’armée, remplacé plus tard par l’Institut Géographique National (IGN).

Ces cartes au 1/80 000 se présentaient le plus souvent sous forme d’une mosaïque de carrés de papier collés sur une toile, protégées par une couverture cartonnée et entoilée, pour répondre aux contraintes de terrain des militaires et gendarmes.

Lors de la Première Guerre mondiale (1914-1918), pour pallier aux difficultés de lecture de ces cartes, l’état-major choisit l’échelle au 1/50 000, avec un quadrillage kilométrique plus pratique sur le terrain.

C’est sur leur base que sont créées, après la Seconde Guerre mondiale, les cartes IGN (aujourd’hui Institut National de l’Information Géographique et Forestière)  au 1/25 000, appelées aujourd’hui cartes de randonnée où notamment, les hachures sont remplacées par des courbes de niveau.

Compte-rendu de Jean-Noël Lattwein

 

 

Les migrations : bilan des recherches

Le Groupe de Recherche d’Histoire en Archives pour l’Histoire du Châtelleraudais a travaillé pendant 3 ans sur les migrations, en particulier celles liées à la Manufacture d’armes. Les articles sur ces « étrangers » ont été publiés dans 6 numéros de la RHPC dont le n° 22 sur « ces armuriers venus d’ailleurs ».

Compte rendu du Forum du CCHA du samedi 15 décembre 2012 : « Auberges et cabarets du Châtelleraudais au XVIIIe siècle »

Fabrice Vigier, maître de conférences en histoire moderne à l’Université de Poitiers, invité du CCHA, a fait un retour remarqué samedi dernier, 15 décembre, salle Camille Pagé. En effet, en 2000 déjà, ce spécialiste de la France de l’Ancien Régime avait fort intéressé son public en présentant « Les curés du Châtelleraudais au XVIIIe siècle ». Cette fois-ci, Fabrice Vigier nous entraîne dans « Les auberges de Châtellerault et des environs aux XVIIe et XVIIIe siècles », une conférence spécialement préparée pour l’occasion et présentée à 70 Châtelleraudais qui ont pu apprécier ce moment privilégié.

A cette époque, Châtellerault est une ville relativement grande qui compte entre 8 000 et 10 000 habitants. Siège d’une administration royale, elle possède un hôpital, une maréchaussée, une justice pour les marchands, un service des Eaux et Forêts…

La ville se trouve sur le trajet d’une grande voie de circulation, sur la route royale qui relie Paris-Tours à Poitiers et plus loin encore. La Vienne, autre grande voie de communication, est un atout de choix pour la ville. De plus, le Châtelleraudais est un pays industrieux grâce à ses activités manufacturières dont la coutellerie de renommée nationale et les activités commerciales du port. Beaucoup de marchandises passent par les quais, en particulier les eaux de vie en provenance de la région de Cognac. Des voitures acheminent la marchandise de Saintonge jusqu’à Châtellerault puis, par la Vienne, elle descend vers Tours et Paris. La circulation des vendeurs, acheteurs et voyageurs est intense, il faut pouvoir les accueillir pour manger et dormir, c’est le rôle des auberges.

En venant de Paris ou de Tours, en approchant de Châtellerault, on trouve une auberge aux Ormes, également relai de poste qui existe encore, dont une grange est transformée en salle de concert à la belle saison. Quelques lieues plus loin, on peut s’arrêter à Ingrandes-sur-Vienne à l’auberge du « Grand cerf » située au bord de la route tout près de l’église.

A Châtellerault, porte Sainte-Catherine, on ne peut manquer la grande auberge de « La tête noire » qui a laissé son nom au quartier.

La suite : CompterenduVIGIER