Retour sur la conférence du 21 janvier 2012 : « Les missionnaires du châtelleraudais aux XIXe et XXe siècles » présentée par Jacques Bouquet

Jacques Bouquet a captivé son auditoire, samedi dernier, salle du Verger, où une centaine de personnes avaient répondu à l’appel des missionnaires. Le conférencier, professeur honoraire, docteur en histoire, chargé de cours à l’Université de Poitiers est un chercheur infatigable et passionné.
Debout, dominant son public, il raconte l’histoire de ces missionnaires quittant leur pays aux XIXe et XXe siècles pour aller évangéliser des populations lointaines au nom de l’Eglise catholique. Ils partent alors, sans espoir de retour, accomplir leur mission.
Des chiffres présentés, montrent que dans le diocèse, les plus importants départs concernent Poitiers et la région de Bressuire dans les Deux-Sèvres. Des listes de noms apparaissent, quelques uns sont connus du public qui réagit.
Jacques Bouquet s’intéresse ensuite à l’origine sociale des missionnaires dont le plus grand nombre est issu de familles d’agriculteurs ; il s’en trouve un peu moins venant de familles d’artisans ou de commerçants et très peu dans le milieu ouvrier ainsi que chez les nobles.


A cette époque, ils s’aventurent pratiquement tous en Asie : Tonkin, Cochinchine… même en Mandchourie ou encore, comme monseigneur Maigret, originaire de Saint-Pierre-de-Maillé qui choisit d’évangéliser à Hawaï. A la fin du XIXe siècle le nombre des missionnaires augmente ainsi qu’au XXe siècle après la guerre de 14-18.
Puis vient la lecture de quelques lettres savoureuses adressées aux familles restées en France. Elles font revivre, avec humour parfois, les moments difficiles, délicats ou cocasses vécus par ces exilés volontaires. Par exemple, le père Dangy parti au Tonkin, raconte comment il est vêtu comme les gens du pays : vêtements larges et tresse… il dit sa difficulté à manier les baguettes pour manger le riz, ses problèmes pour apprendre la langue sans grammaire ni dictionnaire et ajoute qu’il « préchaille et parlaille ». Mais un an plus tard on apprend qu’il parle aisément. Ces lettres sont aussi des mines de témoignages sur la vie dans ces lointaines contrées.
Le conférencier précise qu’au cours des années les motivations des missionnaires ont quelque peu changé. Si au XIXe siècle ils partaient pour évangéliser et convertir, à la fin du XXe siècle surtout,  avec la politique de décolonisation, ils partent pour avoir un rôle social auprès des populations et  vont plutôt en Afrique. Avec le concours  des habitants, ils agrandissent  ou construisent des églises, des maisons, des écoles, participent à l’éducation des enfants ou aux soins des malades.
Voici donc l’histoire de ces hommes qui se sont engagés corps et âme dans une grande aventure au nom de l’Eglise catholique et de leur foi.
Jacques Bouquet rend le micro, les applaudissements fusent ainsi que les questions posées par le public… Suivent alors  des échanges menés par Gwenaël Murphy auxquels le conférencier se prête volontiers avec intérêt et bonne humeur.
Un moment agréable et enrichissant que le public ne manque pas de commenter par petits groupes avant de quitter la salle.