C.C.H.A

Centre Châtelleraudais d'Histoire et d'Archives

Association fondée en 1999, le C. C. H. A. a pour but de découvrir, protéger, exploiter et mettre en valeur l’histoire et le patrimoine du pays châtelleraudais par les recherches en archives et de témoignages.

94ème forum à Monthoiron

C’est dans la salle des fêtes que Claudine Pauly, accompagnée de ses amis monthoironnais qui ont préparé les lieux, nous accueille pour ce 94e forum du CCHA ayant pour thème : Monthoiron entre 1910 et 1926.

Avec l’accord et l’aide d’élus, Claudine a préparé une riche exposition constituée de documents extraits des archives municipales.

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IMG_5355A partir de leur dépouillement, elle expose les grands traits de l’histoire du village à cette époque.

La place de l’église est un lieu de vie intense : commerçants, artisans, se partagent les locaux de l’ancien prieuré. Le lavoir est un lieu de rencontre. La rue principale accueille l’agence postale et l’office notarial. Â proximité se trouvent l’école et la mairie.

En 1910, Monthoiron est un village de 487 habitants, soit 154 ménages et 182 maisons. Une trentaine d’entre elles sont inhabitées car l’exode rural touche déjà la commune (en 1836, le village comptait 811 habitants).

Sur les 213 actifs (176 hommes, 37 femmes), 142 travaillent dans l’agriculture, une dizaine dans le commerce ; s’ajoutent des couturières et une douzaine d’employées de maison. Les 4 châteaux et belles demeures sont aussi des employeurs : au Bas-Bourg, le propriétaire non résident Raoul Treuille a un fermier ; à Brassioux, le vicomte Henri de Grimoüard a une dizaine d’employés ; à Beauvais, le propriétaire a un fermier ; aux Saints, la propriétaire non résidente, Madame Veuve Dufaulin a un fermier. Sans oublier, comme dans chaque commune, les instituteurs (ici deux), et le curé.

Les principales productions agricoles sont le blé, l’avoine, l’orge, les choux, les betteraves fourragères, les topinambours, les pommes et poires à cidre, les prunes, les noix. Les prairies, prés, herbages et pâturages permettent de récolter de la luzerne et du foin, verts ou secs pour nourrir les animaux, le vin provient du coteau de la « Vigne gelée ».

Sur le plan politique, une grande stabilité : la commune est administrée par M. Henri de Grimoüard, maire de 1908 à 1925, et dix conseillers municipaux. Outre les budgets, les sujets les plus débattus sont le curage de l’Ozon, la construction et l’entretien des chemins vicinaux, l’assistance aux plus démunis. Le travail est préparé par une demi-douzaine de commissions municipales dont celle du bureau d’assistance qui aura un énorme travail pendant et après la guerre. Le téléphone est installé à la mairie en 1907.

Ici comme ailleurs, la guerre débute avec la mobilisation : plus d’une centaine d’hommes mobilisés partent dès août 1914 ; il y a des exemptés. Le maire est sur la brèche durant tout le conflit, occupé à répondre aux nombreuses requêtes de l’administration et parmi elles, celles sur les ressources agricoles de la commune. Il gère les dossiers de demande d’allocation militaire avec son interlocuteur au canton, M. de Campagne, et les aides aux veuves. Il effectue un recensement des logements pouvant accueillir la troupe. Un hôpital temporaire pour les blessés est ouvert dans un château, probablement Brassioux. La commune connaît les réquisitions, le rationnement se met en place. La pénurie se développe au début de la guerre et particulièrement à partir de 1917 ; elle dure jusqu’en 1919.

Et puis vient le temps du retour des soldats du front, du recueillement et de la mémoire. Un monument aux morts est érigé en 1921 : y figurent 26 hommes morts à la guerre, un soldat a été oublié. Les veuves de guerre bénéficient d’une aide.

La vie reprend. Un nouveau maire, Thircis Rahire, est élu en 1925. Il lance Monthoiron dans de nouveaux développements, s’intéresse au patrimoine local, à l’école. Il crée le corps des pompiers.

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Claudine Pauly nous a invité à partager une tranche précise et concrète de la vie d’une commune du Châtelleraudais en usant d’une particularité riche de promesses : utiliser exclusivement les archives communales, après les avoir classées, ce dont tient à la remercier le premier adjoint au maire, présent dans la salle. Alors, demain, un autre épisode de l’histoire monthoironnaise, ou l’histoire d’une autre commune à travers ses propres ressources documentaires ?

 

 

 

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