C.C.H.A

Centre Châtelleraudais d'Histoire et d'Archives

Association fondée en 1999, le C. C. H. A. a pour but de découvrir, protéger, exploiter et mettre en valeur l’histoire et le patrimoine du pays châtelleraudais par les recherches en archives et de témoignages.

compte rendu du 90ème forum organisé le 22 octobre 2016

     Conférence  donnée par Marjorie Alaphilippe

«  Marie-Félix Faulcon, un député polygraphe de la Vienne en Révolution »

 

Marjorie Alaphilippe, professeure agrégée d’Histoire-Géographie au lycée Marcelin Berthelot de Châtellerault est venue présenter des extraits de la thèse qu’elle prépare sous la direction de Frédéric Chauvaud (Université de Poitiers) et de Pierre Serna ( Université de Paris I). Elle a permis au public châtelleraudais de découvrir un personnage méconnu et original.

 

Alaphilippe_Faulcon_300-191x300C’est en effet au moins connu des députés de la Vienne de 1789 que la conférencière s’est intéressée. Marie-Félix Faulcon n’a pas publié ses mémoires contrairement à Jacques-Antoine Creuzé Latouche de Châtellerault et à Antoine-Claire Thibaudeau. Pourtant, il a exercé une longue carrière politique et a traversé toute la seconde moitié du XVIIIe et la première moitié du XIXe siècles, de 1758 à 1843.

La conférencière a montré l’intérêt de la pensée politique de ce défenseur de la constitution, attaché au droit et à la conciliation entre l’ordre et la liberté. Elle le présente comme un homme libre, avec un ancrage local fort de Civray où il est né, à Poitiers où il a fait ses études de droit. Mais c’est surtout à son écriture qu’elle s’intéresse, une écriture-fleuve puisqu’il a produit 25 000 pages de manuscrits très divers, un journal intime, des récits de voyage, des poésies, des essais… Il est vrai que ce fils d’imprimeur du roi et d’une mère protestante attachée au texte était peut-être promis à une carrière d’écrivain.

Il écrit un journal des évènements du 13 au 15 juillet 1789, puis continue en 1790-1791. Il a une manière d’écrire très humaine, personnelle et indépendante. Après cette période, n’étant plus député et de retour à Poitiers, il s’efface, troublé par la Terreur, mais cherchant à ne pas se compromettre devant le Comité de surveillance de 1793. Il revient en politique en 1795 où il est choisi pour siéger au Conseil des 500. Il se rapproche de Bonaparte et devient vice-président du Corps législatif en 1803. Lors de cette période faste, il fait publier ses œuvres et acquiert une certaine reconnaissance littéraire.

Sa carrière politique prend fin avec la déchéance de Napoléon Ier et la restauration de la monarchie en 1814. De 1815 à 1843, de retour à Poitiers, il ne lui reste que la plume pour s’exprimer. Il tente en vain d’écrire ses mémoires et écrit de plus en plus de poésies, une tous les trois jours ! Ses poèmes parlent d’histoire mais assez peu de la Révolution. Jusqu’en 1830, il s’inspire de ses voyages, mais après, il est plus aigri par la disparition de sa génération et se tourne vers la lecture. La médiathèque de Poitiers a conservé ses notes de lectures : plus de 5 000 références !

Il meurt le 31 janvier 1843 dans l’indifférence générale. Ce fut pourtant un acteur de la Révolution, un écrivain polyvalent, qui a cherché par l’écriture à se donner une cohérence.

Le public a été conquis par cette présentation touchante et méticuleuse, et il a pu, à l’occasion de ce forum, profiter de l’exposition de journaux originaux des années révolutionnaires, de l’Empire et de la première Restauration prêtés par le collectionneur Francis Garnier.

Marie-Claude Albert

 

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