N°22, Ces armuriers venus d’ailleurs.

Des recherches

 

Dossier : les migrations                          

2 Du Klingenthal à Châtellerault : l’exil des Alsaciens, Alain Houisse

12 La colonie alsacienne de Châtellerault 1819-1843, Françoise Metzger

38 1861 « Cette année-là », … Françoise Metzger

58 D’un conflit à l’autre 1870-1900,  Françoise Metzger

79 L’implantation et l’intégration des Alsaciens de 1830 à 1900 documents annexes, Claude Ligeard

83 Des intégrations réussies : les Sutter, Mispoulié, Schaffner, Geneviève Millet

92 La famille Monière, cinq générations d’armuriers ardennais à la Manufacture, Claudine Pauly

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Les Tanneries du 18ème au 20ème siècles, Geneviève Millet

Les tanneurs existaient dans l’Egypte antique puisqu’on a retrouvé des sandales de cuir dans les tombes. « Le tannage végétal apparaît au néolithique, 8000 à 10 000 ans avant notre ère. Le tannage à l’alun était connu des Egyptiens il y a 6000 ans ».
L’homme dégraissait le cuir avec de l’argile dès 5000 ans avant JC. Dans la Rome antique le cuir était recherché et les Romains exigeaient des vaincus des tributs en cuir et en fourrures. Pendant les guerres, les soldats utilisaient des protections en cuir. Dans toute l’Europe, le Moyen-âge a été une civilisation du cuir. On se déplaçait à cheval et les harnais, les baudriers, toutes les courroies, les selles, étaient en cuir. Il servait aussi  à la confection des semelles de chaussures à celle des bottes, des bottines, de gants en fourrure (Paris, en 1260). Les gibecières, les fourreaux des armes étaient en cuir. On recouvrait les murs des belles demeures de tentures de cuir doré gaufré. Le cuir était partout. On cite les cuirs d’Irlande, d’Ecosse, d’Espagne, d’Allemagne, de Hongrie (peau de cheval), de Pologne, de Russie (peau de vache) etc…En France, le Poitou était réputé pour ses cuirs. Niort établit au XIIIe siècle le commencement de son industrie chamoisière réputée qui sera si florissante au début du XVIIIe siècle. La halle aux tanneurs de Poitiers, place du Pilori, est signalée en 1555, le statut des corroyeurs de Poitiers Saint-Hilaire remonte à 1457 mais le statut des tanneurs est bien antérieur puisqu’il a été révisé en 1460. Les premières chamoiseries existaient sous François Ier (1515-1547), mais dès le XIIIe siècle le cuir se vendait (le manuscrit de Saint-Hilaire signale des cuirs mal conditionnés par un marchand de Vivonne venu les vendre à Poitiers en 1269).

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La Société Boileve et le Textile châtelleraudais, Lucienne Guais, Françoise Metzger

Cette activité est citée dès le  XVème siècle et à la Renaissance : tissage  de la laine, évidemment, mais aussi  du chanvre, plante à tout faire cultivée localement dans la vallée de l’Envigne autour de Lencloître. Le chanvre était principalement travaillé à domicile par les agriculteurs et destiné à la fabrication de ficelles, de cordes, de fils à tisser utilisés pour des toiles grossières vendues aux nombreux moulins. Aux alentours de l’an IX, il y a  environ 320 fileurs de chanvre dans le Châtelleraudais et, en 1801, plus de 1000 tisserands et 5000 fileuses y sont employés pour le chanvre, la laine et d’autres fibres. En 1812 il reste 600 métiers à tisser  le coton, dont 400 en pleine activité et 24 métiers à laine qui occupent 72 ouvriers. Les tisserands créent des serges, tissus dans lesquels des fils de chaîne et des fils de trame se décalent régulièrement afin de produire des lignes parallèles obliques. Ces étoffes servaient surtout dans l’ameublement. Quant aux droguets, tissus tramés de laine sur chaîne de coton ou de fil, ils  étaient utilisés surtout pour l’habillement car inusables.
Au milieu du XIXème siècle, « des fabriques de serges et de revêches (tissus rudes au toucher) sont répandues dans toutes les localités… ». L’abbé Lalanne évoque aussi « le commerce des toiles crues ou blanchies, en si grande renommée que l’on en faisait des envois jusque dans les îles». Quant à la broderie et à la confection de dentelles, elles occupent de nombreuses femmes et jeunes filles, dans des petits ateliers puis dans des établissements plus importants. La fabrication de toiles, tissus et dentelles  est mentionnée comme très florissante à Châtellerault dans une grande enquête statistique de 1811.

 

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