C.C.H.A

Centre Châtelleraudais d'Histoire et d'Archives

Association fondée en 1999, le C. C. H. A. a pour but de découvrir, protéger, exploiter et mettre en valeur l’histoire et le patrimoine du pays châtelleraudais par les recherches en archives et de témoignages.

L’anticléricalisme dans le Châtelleraudais, 1900-1939, Jacques Bouquet

Comme l’indique fort justement René Rémond, l’anticléricalisme ne peut se définir qu’en fonction du cléricalisme. Sans le second terme, le premier n’existerait pas. Ce qui revient à chercher la définition de cléricalisme: « tentation pour les clercs d’exercer sur la société civile une influence ou un pouvoir en vertu de leur ministère », expression utilisée par l’historien précité. L’anticléricalisme est donc la réaction contre cette tendance à subordonner le politique au religieux, ce que ‘Le Mémorial du Poitou’, hebdomadaire châtelleraudais, traduit avec moult précaution, en 1901: « Pour nous, nous répéterons à satiété qu’il ne faut pas confondre catholicisme et cléricalisme, que ce sont choses absolument distinctes, que le catholicisme est une religion et le cléricalisme une forme politique. C’est à la confusion de ces deux mots que nous devons pourtant nos dissensions, nos tristes divisions. ». Et c’est bien là le noeud du problème : quelle est la frontière qui sépare distinctement le religieux du politique ? Nous risquons d’assimiler l’anticléricalisme à des reproches, parfois vifs, des actions des religieux. Evidemment, cela passe par une critique de l’action des clercs, qui sont, pour être clair…, ceux qui ne sont pas civils, autrement dit, les membres, hommes ou femmes, du clergé catholique, René Rémond, toujours lui, estimant que l’anticléricalisme ne s’exerce qu’à l’égard du monde catholique.

 

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Mourir au XVIIème siècle, attitudes des habitants de Châtellerault, Manon Schmitt

Si aujourd’hui la mort est perçue comme le point final de la vie, au XVIIème siècle, elle est un moment de passage : les hommes de l’Ancien Régime considéraient que la mort ouvrait à la vie éternelle. Le christianisme est en effet une religion de salut : il enseigne que l’homme est composé d’un corps périssable et d’une âme immortelle destinée, soit au bonheur qui est d’être avec Dieu au paradis, soit au malheur qui est la damnation en enfer avec Lucifer. C’est Dieu, qui, au moment du jugement particulier, après la mort, décidera de placer l’âme du défunt au paradis ou en enfer. Comme sous l’Ancien Régime la très grande majorité des Français, et aussi des Châtelleraudais, sont catholiques pratiquants, ils vivent dans une peur panique du jugement de Dieu à l’heure de leur mort, et dans la menace de l’enfer.
L’intérêt de cette étude est de comprendre comment chacun vivait ce moment décisif qu’est le moment du trépas, comment chacun préparait sa mort, et tentait d’assurer le salut de son âme au paradis. Quelles étaient les pratiques et les attitudes religieuses des Châtelleraudais à l’heure de la mort ?

 

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Le canton de Lencloître et la séparation des Eglises et de l’Etat, Jacques Bouquet

Mon objectif, pour ce petit exposé introductif, est de vous montrer comment cette loi de Séparation, votée le 6 décembre 1905, a été vécue, ressentie par la population de votre canton. Pour cela, à défaut de sondages d’opinion inexistants, j’ai eu recours aux documents écrits que l’on trouve soit aux Archives départementales, notamment pour la presse de l’époque et les relevés d’inventaire, soit aux Archives de l’évêché où subsistent quelques 150 lettres1 écrites par les curés à l’évêque.
Evidemment, je n’ai pas la prétention de vous rendre compte de tout mais je prendrais suffisamment d’exemples pour que vous ayez une idée de ce qui s’est réellement passé.
Je vous propose, avant de passer à un échange fructueux,  de vous présenter cet exposé que j’ai divisé en trois parties : la situation en 1905 ; la loi et ses conséquences immédiates, les inventaires, et enfin, les prolongements jusqu’en 1914.

 

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