C.C.H.A

Centre Châtelleraudais d'Histoire et d'Archives

Association fondée en 1999, le C. C. H. A. a pour but de découvrir, protéger, exploiter et mettre en valeur l’histoire et le patrimoine du pays châtelleraudais par les recherches en archives et de témoignages.

Vers la conquête d’une eau potable, Bernard Poignand

De l’eau gratuite à l’eau payante

En 1879, la municipalité projette la réorganisation du service peu performant des eaux et des fontaines de la ville. Les habitants de Châtellerault ne se contentent plus du maigre approvisionnement en eau courante ou dormante qui leur est offert. La ville tire principalement ses besoins en eau des sources circonvoisines, des puits publics ou privés et de la Vienne. Il n’est plus possible de rester dans les tâtonnements de recherches de sources, de captations précaires ou de distributions « artisanales » qui durent depuis le début du siècle. L’essor industriel, économique et social de notre cité nécessite une autre orientation dans la distribution de l’eau.

En 1880, la municipalité de Châtellerault a la charge de la distribution de l’eau, avec tous les inconvénients qui s’y rapportent : l’entretien et l’extension du réseau
la surveillance des bornes-fontaines
la police des eaux
les redevances à percevoir avec son lot de litiges.
le mécontentement de la population (pétitions multiples).
Estimant que toutes ces charges ne sont pas du ressort des employés communaux et trop contraignantes pour les finances de la ville, le Conseil municipal décide de faire sous-traiter toute la distribution de l’eau par une compagnie spécialisée. Pour mieux apprécier les avantages et les inconvénients de ce procédé, il est fait une consultation auprès de villes de la même importance que Châtellerault  (Saumur…) et qui ont adopté cette modernisation.

 

La suite de l’article : Bernard Poignand, Vers la conquête d’une eau potable

Hygiène et santé publique. Sépultures et cimetières à Châtellerault, Christiane Escanecrabe

Les anciens cimetières de Châtellerault ont été interdits, fermés, déplacés, à plusieurs reprises sous l’Ancien Régime. Mis à part les cimetières protestants, supprimés à la suite de la Révocation de l’Edit de Nantes, et le cimetière de Châteauneuf transféré en 1820 car son emplacement était compris dans le terrain retenu pour la future Manufacture royale d’armes, ces cimetières l’ont été pour cause « d’insalubrité ».
En effet, c’est à la suite de la Déclaration royale de 1776 que plusieurs cimetières de Châtellerault, comme beaucoup d’autres dans le diocèse, sont interdits par l’évêque, puis déplacés : cimetières Saint-Romain, Notre-Dame et Saint-Jean-l’Evangéliste de Châteauneuf dans les années 1780. Les cimetières deviennent propriétés des communes en 1791. C’est donc la municipalité de Châtellerault qui ordonnera, en janvier 1793, la fermeture du cimetière Saint-Jean-Baptiste « demeuré au milieu de la ville alors que les autres avoient été changés crainte d’épidémie ». Et c’est encore l’état insalubre du premier grand cimetière Saint-Jacques situé, jusqu’à la Révolution à l’emplacement du jardin public, qui est la cause de son transfert à l’endroit où il se trouve actuellement.

 

La suite de l’article : Christiane Escanecrabe, Hygiène et santé publique. Sépultures et cimetières à Châtellerault

Hygiène et pratiques de santé dans les couvents de femmes du Châtelleraudais au XVIIIe siècle, Gwénaël Murphy

L’histoire du corps des religieuses reste à écrire. L’approche symbolique à travers l’analyse de la mortification corporelle ou des rites d’entrée en religion a certes déjà été abordée dans des travaux plus ou moins diffusés, cependant nous sommes face à des pratiques corporelles connectant ces femmes à la religion. Tenter d’observer ces corps comme ceux de femmes ordinaires en inventoriant les pratiques de santé et l’hygiène quotidienne qui leur sont appliquées, en intégrant la dimension religieuse du rapport au corps sans en faire le référent dominant, fait tomber une barrière dans l’histoire religieuse. Il n’y a rien de surprenant, en réalité, à cette situation, en particulier pour les religieuses. Celles-ci ont beaucoup focalisé l’attention quant aux soins qu’elles apportaient aux malades, insensés, vieillards, incurables, pauvres, militaires, vénériennes, enfants abandonnés ou contagieux marginalisés par la constitution des Hôpitaux Généraux dans la seconde moitié du XVIIe siècle. Ces femmes qui soignent les corps des autres font omettre qu’elles en possèdent également un, masqué sous des habits amples, un voile, une cornette… Le processus symbolique et vestimentaire consistant à désexualiser les jeunes professes lors de leur entrée en religion semble de ce fait parvenu à ses fins.

 

La suite de l’article : Gwénaël Murphy, Hygiène et pratiques de santé dans les couvents de femmes du Châtelleraudais au XVIIIe siècle

L’art de guérir au XIXe siècle, Maria Desmurs

Le XIX° siècle est celui qui enregistre le plus grand nombre de changements dans l’art de guérir en France. Il rompt avec le passé, par la suppression des formations de l’Ancien Régime et met en place le système médical actuel. Les formations s’étoffent, tout au long du siècle. Des enseignements s’approfondissent et des disciplines nouvelles intègrent, au fur et à mesure, les progrès de la science médicale. Le médecin au travail doit mener plusieurs combats. Il combat les maladies et les épidémies, assiste les malheureux et les indigents, oeuvre pour faire accepter les vaccinations et les mesures d’hygiène. Il lutte enfin pour la reconnaissance de sa valeur et de son dévouement.

 

La suite de l’article : Maria Desmurs, L’art de guérir au XIXe siècle

Une pétition présentée par des châtelleraudaises au sujet du savon qu’elles fabriquent pendant la Révolution, Christiane Escanecrabe

Sous l’Ancien Régime, le mot pétition existait mais avait un sens principalement juridique. Celles et ceux qui avaient une requête à adresser ne pouvaient le faire qu’au moyen de suppliques, humbles et respectueuses. La Révolution crée le droit de pétition, qui est le droit des simples citoyens d’adresser une requête ou une plainte, de faire connaître leurs opinions et leurs souhaits, aux représentants du pouvoir. Les pétitions sont vite nombreuses, et les sujets en sont variés, mais principalement économiques. Elles sont conservées, parfois au milieu d’autres documents, dans les liasses de l’époque révolutionnaire des Archives départementales. Elles sont répertoriées, avec la décision prise, dans une trentaine de gros registres. Celui réservé au district de Châtellerault est commencé le 23 floréal de l’an II (12 mai 1794) et se termine le 24 prairial an VIII (13 juin 1800)1. Les Archives municipales possèdent également un registre du 1er messidor an IV (19 juin 1796) au 18 nivôse an VIII (8 janvier 1800).

 

La suite de l’article : Christiane Escanecrabe, Une pétition présentée par des châtelleraudaises au sujet du savon qu’elles fabriquent pendant la Révolution