Association fondée en 1999, le C. C. H. A. vise à la découverte, la sauvegarde et la promotion du patrimoine documentaire du Pays châtelleraudais.

Association fondée en 1999, le C. C. H. A. vise à la découverte, la sauvegarde et la promotion du patrimoine documentaire du Pays châtelleraudais.

La sortie patrimoniale du 17 juin

Sur les routes du canton de Dangé – Saint-Romain

Samedi 17 juin, les téméraires ancêtres de la route emmenaient un groupe imposant de participants découvrir l’église de Oyré, le site troglodytique de Saint-Rémy, les anciens fours à chaux des Bellais, les châteaux de la Roche-Amenon et Piolant.

Une journée riche en rencontres et en découvertes…

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L’église Saint-Sulpice de Oyré

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De bon matin, à Oyré

 

 

 

 

                                                                         Le site de Saint-Rémy

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                                                                La Roche-Amenon

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                                                                     Les vestiges des anciens fours à chaux

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Piolant

94ème forum à Monthoiron

C’est dans la salle des fêtes que Claudine Pauly, accompagnée de ses amis monthoironnais qui ont préparé les lieux, nous accueille pour ce 94e forum du CCHA ayant pour thème : Monthoiron entre 1910 et 1926.

Avec l’accord et l’aide d’élus, Claudine a préparé une riche exposition constituée de documents extraits des archives municipales.

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IMG_5355A partir de leur dépouillement, elle expose les grands traits de l’histoire du village à cette époque.

La place de l’église est un lieu de vie intense : commerçants, artisans, se partagent les locaux de l’ancien prieuré. Le lavoir est un lieu de rencontre. La rue principale accueille l’agence postale et l’office notarial. Â proximité se trouvent l’école et la mairie.

En 1910, Monthoiron est un village de 487 habitants, soit 154 ménages et 182 maisons. Une trentaine d’entre elles sont inhabitées car l’exode rural touche déjà la commune (en 1836, le village comptait 811 habitants).

Sur les 213 actifs (176 hommes, 37 femmes), 142 travaillent dans l’agriculture, une dizaine dans le commerce ; s’ajoutent des couturières et une douzaine d’employées de maison. Les 4 châteaux et belles demeures sont aussi des employeurs : au Bas-Bourg, le propriétaire non résident Raoul Treuille a un fermier ; à Brassioux, le vicomte Henri de Grimoüard a une dizaine d’employés ; à Beauvais, le propriétaire a un fermier ; aux Saints, la propriétaire non résidente, Madame Veuve Dufaulin a un fermier. Sans oublier, comme dans chaque commune, les instituteurs (ici deux), et le curé.

Les principales productions agricoles sont le blé, l’avoine, l’orge, les choux, les betteraves fourragères, les topinambours, les pommes et poires à cidre, les prunes, les noix. Les prairies, prés, herbages et pâturages permettent de récolter de la luzerne et du foin, verts ou secs pour nourrir les animaux, le vin provient du coteau de la « Vigne gelée ».

Sur le plan politique, une grande stabilité : la commune est administrée par M. Henri de Grimoüard, maire de 1908 à 1925, et dix conseillers municipaux. Outre les budgets, les sujets les plus débattus sont le curage de l’Ozon, la construction et l’entretien des chemins vicinaux, l’assistance aux plus démunis. Le travail est préparé par une demi-douzaine de commissions municipales dont celle du bureau d’assistance qui aura un énorme travail pendant et après la guerre. Le téléphone est installé à la mairie en 1907.

Ici comme ailleurs, la guerre débute avec la mobilisation : plus d’une centaine d’hommes mobilisés partent dès août 1914 ; il y a des exemptés. Le maire est sur la brèche durant tout le conflit, occupé à répondre aux nombreuses requêtes de l’administration et parmi elles, celles sur les ressources agricoles de la commune. Il gère les dossiers de demande d’allocation militaire avec son interlocuteur au canton, M. de Campagne, et les aides aux veuves. Il effectue un recensement des logements pouvant accueillir la troupe. Un hôpital temporaire pour les blessés est ouvert dans un château, probablement Brassioux. La commune connaît les réquisitions, le rationnement se met en place. La pénurie se développe au début de la guerre et particulièrement à partir de 1917 ; elle dure jusqu’en 1919.

Et puis vient le temps du retour des soldats du front, du recueillement et de la mémoire. Un monument aux morts est érigé en 1921 : y figurent 26 hommes morts à la guerre, un soldat a été oublié. Les veuves de guerre bénéficient d’une aide.

La vie reprend. Un nouveau maire, Thircis Rahire, est élu en 1925. Il lance Monthoiron dans de nouveaux développements, s’intéresse au patrimoine local, à l’école. Il crée le corps des pompiers.

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Claudine Pauly nous a invité à partager une tranche précise et concrète de la vie d’une commune du Châtelleraudais en usant d’une particularité riche de promesses : utiliser exclusivement les archives communales, après les avoir classées, ce dont tient à la remercier le premier adjoint au maire, présent dans la salle. Alors, demain, un autre épisode de l’histoire monthoironnaise, ou l’histoire d’une autre commune à travers ses propres ressources documentaires ?

 

 

 

N°33 De l’avant-guerre à l’après guerre 14-18

DOSSIER :

De l’avant-guerre à l’après-guerre 14-18

dans le Châtelleraudais

La Veilleuse, revue anarchiste

Marie-Hélène Martin, p.2

A la mémoire du soldat Constant Rivière

Les petits enfants de Constant Rivière, p.14

Les hôpitaux militaires dans le Châtelleraudais

Claudie Bourreau, Pierre Bugnet, Geneviève Millet, p.27

Les mutilés de guerre

Geneviève Millet, p.42

Varia

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Claudine Pauly, p.55

Les 4000 licenciés de la Manufacture

Pierre Bugnet, Joseph Chotard, p.70

Conférences

Une empoisonneuse à Châtellerault? L’affaire Poupault (1832)

Gwénaël Murphy, p.85

La bataille de Verdun

Pierrick Hervé, p.92

La guerre en chansons

Jean-Marie Augustin, p.98

La vie du CCHA

La paléographie : construction du pont de pierre en 1602, p. 104

Châtellerault port fluvial : conférence de Geneviève Millet

 

 

 

 

Cartes et plans du Châtelleraudais

Cartes sur table ! Cartes aux murs, ou plus exactement sur des grilles Beaubourg, pour le 93e forum du CCHA, le samedi 18 mars 2017.

Plusieurs dizaines de cartes du Châtelleraudais et de plans de Châtellerault, connus ou inédits, étaient exposés, salle Camille Pagé, provenant des fonds d’archives de la manufacture d’armes, des archives municipales de la ville,  du CCHA et de la collection personnelle de Nicolas Jacob, directeur du Centre des Archives de l’Armement et du Personnel Civil de Châtellerault, conférencier à ce forum consacré aux « cartes et plans du Châtelleraudais du XVIIIe au XXe siècle ».

Nicolas Jacob choisit  l’ordre chronologique pour son exposé. Il l’introduit avec la première « carte géographique des postes qui traversent la France », établie en 1632, par Melchior Tavernier et présente ensuite les trois grandes phases de la cartographie française.

 

Quand, au XVIIIe siècle, les rois décident de faire réaliser la première carte générale du territoire, ils en chargent la famille d’astronomes Cassini. Cette carte est dressée à l’échelle d’une ligne pour cent toises, c’est-à-dire une échelle de 1/86 400. Un centimètre correspond à environ 864 mètres sur le terrain. C’est le début de la  triangulation géodésique : les points de repère correspondent aux sommets des quelque mille triangles qui forment le géodésique de la carte de Cassini. Les travaux des Cassini prendront plus de 50 ans.

Napoléon Ier décide l’établissement d’une carte destinée à la remplacer mais c’est la Restauration qui lance les travaux. Plusieurs échelles sont essayées. Il en résulte des cartes à usage militaire,  les cartes d’état-major à l’échelle du 1/80 000. Elles sont établies par le Dépôt de la Guerre, ancêtre du Service géographique de l’armée, remplacé plus tard par l’Institut Géographique National (IGN).

Ces cartes au 1/80 000 se présentaient le plus souvent sous forme d’une mosaïque de carrés de papier collés sur une toile, protégées par une couverture cartonnée et entoilée, pour répondre aux contraintes de terrain des militaires et gendarmes.

Lors de la Première Guerre mondiale (1914-1918), pour pallier aux difficultés de lecture de ces cartes, l’état-major choisit l’échelle au 1/50 000, avec un quadrillage kilométrique plus pratique sur le terrain.

C’est sur leur base que sont créées, après la Seconde Guerre mondiale, les cartes IGN (aujourd’hui Institut National de l’Information Géographique et Forestière)  au 1/25 000, appelées aujourd’hui cartes de randonnée où notamment, les hachures sont remplacées par des courbes de niveau.

Compte-rendu de Jean-Noël Lattwein

 

 

Le CCHA anime une balade découverte de la rive gauche

Châteauneuf sous la tempête

 

Lundi 6 mars, à la demande de l’office de tourisme du Grand Châtellerault, Pierre Bugnet, Jean-Noël Lattwein et Geneviève Millet ont proposé, à une vingtaine de personnes, une balade découverte des anciens sites industriels et commerciaux de la rive gauche. Et Zeus soufflait, soufflait…

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Derrière l’actuelle école du cirque

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L’ancienne maison Mescle

 

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Devant l’hôtel du Grand Monarque

Clichés : Claudine Pauly

compte rendu du 90ème forum organisé le 22 octobre 2016

     Conférence  donnée par Marjorie Alaphilippe

«  Marie-Félix Faulcon, un député polygraphe de la Vienne en Révolution »

 

Marjorie Alaphilippe, professeure agrégée d’Histoire-Géographie au lycée Marcelin Berthelot de Châtellerault est venue présenter des extraits de la thèse qu’elle prépare sous la direction de Frédéric Chauvaud (Université de Poitiers) et de Pierre Serna ( Université de Paris I). Elle a permis au public châtelleraudais de découvrir un personnage méconnu et original.

 

Alaphilippe_Faulcon_300-191x300C’est en effet au moins connu des députés de la Vienne de 1789 que la conférencière s’est intéressée. Marie-Félix Faulcon n’a pas publié ses mémoires contrairement à Jacques-Antoine Creuzé Latouche de Châtellerault et à Antoine-Claire Thibaudeau. Pourtant, il a exercé une longue carrière politique et a traversé toute la seconde moitié du XVIIIe et la première moitié du XIXe siècles, de 1758 à 1843.

La conférencière a montré l’intérêt de la pensée politique de ce défenseur de la constitution, attaché au droit et à la conciliation entre l’ordre et la liberté. Elle le présente comme un homme libre, avec un ancrage local fort de Civray où il est né, à Poitiers où il a fait ses études de droit. Mais c’est surtout à son écriture qu’elle s’intéresse, une écriture-fleuve puisqu’il a produit 25 000 pages de manuscrits très divers, un journal intime, des récits de voyage, des poésies, des essais… Il est vrai que ce fils d’imprimeur du roi et d’une mère protestante attachée au texte était peut-être promis à une carrière d’écrivain.

Il écrit un journal des évènements du 13 au 15 juillet 1789, puis continue en 1790-1791. Il a une manière d’écrire très humaine, personnelle et indépendante. Après cette période, n’étant plus député et de retour à Poitiers, il s’efface, troublé par la Terreur, mais cherchant à ne pas se compromettre devant le Comité de surveillance de 1793. Il revient en politique en 1795 où il est choisi pour siéger au Conseil des 500. Il se rapproche de Bonaparte et devient vice-président du Corps législatif en 1803. Lors de cette période faste, il fait publier ses œuvres et acquiert une certaine reconnaissance littéraire.

Sa carrière politique prend fin avec la déchéance de Napoléon Ier et la restauration de la monarchie en 1814. De 1815 à 1843, de retour à Poitiers, il ne lui reste que la plume pour s’exprimer. Il tente en vain d’écrire ses mémoires et écrit de plus en plus de poésies, une tous les trois jours ! Ses poèmes parlent d’histoire mais assez peu de la Révolution. Jusqu’en 1830, il s’inspire de ses voyages, mais après, il est plus aigri par la disparition de sa génération et se tourne vers la lecture. La médiathèque de Poitiers a conservé ses notes de lectures : plus de 5 000 références !

Il meurt le 31 janvier 1843 dans l’indifférence générale. Ce fut pourtant un acteur de la Révolution, un écrivain polyvalent, qui a cherché par l’écriture à se donner une cohérence.

Le public a été conquis par cette présentation touchante et méticuleuse, et il a pu, à l’occasion de ce forum, profiter de l’exposition de journaux originaux des années révolutionnaires, de l’Empire et de la première Restauration prêtés par le collectionneur Francis Garnier.

Marie-Claude Albert