C.C.H.A

Centre Châtelleraudais d'Histoire et d'Archives

Association fondée en 1999, le C. C. H. A. a pour but de découvrir, protéger, exploiter et mettre en valeur l’histoire et le patrimoine du pays châtelleraudais par les recherches en archives et de témoignages.

Les Allemands du Marquis. La colonie agricole de Pérusse des Cars (depuis 1763), Sébastien Jahan

Immigration et intégration dans les brandes du Châtelleraudais au XVIIIe siècle

L’histoire des colons allemands du marquis de Pérusse des Cars reste un épisode méconnu de notre passé régional, en raison de son échec partiel et, surtout, du raz-de-marée acadien qui déferle sur les brandes châtelleraudaises à partir des années 1773 et 1774. Abordée en détail par Ernest Martin dans un ouvrage des années 1930 consacré aux exilés de la Nouvelle France, l’expérience allemande y joue le rôle de répétition malheureuse du projet acadien. Bien qu’un peu ancien, le livre d’Ernest Martin fait toujours autorité, au moins sur l’aspect agronomique de la question. Un aspect que les pages qui vont suivre n’ont donc pas l’ambition de renouveler. Cela ne veut pas dire que l’entreprise ne soit pas souhaitable. Au contraire : la résurgence d’une histoire rurale cette dernière décennie ouvrirait sans doute d’autres perspectives passionnantes à une telle question. Cela signifie simplement que ma démarche prioritaire est autre : elle consistera à parler de cette colonie moins comme une expérimentation agricole liée à la figure tutélaire du marquis de Pérusse (ce que pourrait laisser entendre le titre de cet article) que comme un cas particulier et exceptionnel d’installation collective d’étrangers en Poitou.

 

La suite de l’article : Sébastien Jahan, Les Allemands du Marquis. La colonie agricole de Pérusse des Cars (depuis 1763)

Les enfants et la violence dans le Châtelleraudais au XIXe siècle, Naïk Feillet

Le XIXe siècle inaugure l’ère de « l’enfant désiré, choyé (…) l’ère de l’enfant- roi » ; cette expression de François Lebrun s’appuie sur les travaux sur l’enfance au XIXe siècle. Ces études s’accordent pour conclure à une plus grande prise en compte de la place des plus jeunes dans la famille et dans la société. Les sensibilités à l’égard de l’enfance se nourrissent de sentiments multiples et complexes ; la place de l’enfant est tributaire de nuances d’époques, de lieux, de genre, d’âges, de fortunes ou encore d’éducation. François Lebrun ajoute que ce modèle de l’enfant-roi, « ne se diffuse que lentement au cours du XIXe siècle depuis la noblesse et surtout la bourgeoisie où il s’est élaboré pendant les deux siècles précédents, jusqu’aux classes populaires. Certaines campagnes résistent plus longtemps au modèle ». Cette évolution devient plus prégnante dans la seconde partie du XIXe siècle et la protection de l’enfance se concrétise par l’adoption de mesures législatives tandis que des thèmes néo-malthusiens et natalistes se développent parallèlement à la baisse des naissances. Le poids des traditions se heurte aux contraintes morales et économiques, aux progrès de la médecine et de la réflexion politique. La révolution pastorienne et les modifications des structures familiales introduisent, non une rupture mais un changement dans la représentation de l’enfant.

 

La suite de l’article : Naïk Feillet, Les enfants et la violence dans le Châtelleraudais au XIXe siècle