C.C.H.A

Centre Châtelleraudais d'Histoire et d'Archives

Association fondée en 1999, le C. C. H. A. a pour but de découvrir, protéger, exploiter et mettre en valeur l’histoire et le patrimoine du pays châtelleraudais par les recherches en archives et de témoignages.

Cartes et plans du Châtelleraudais

Cartes sur table ! Cartes aux murs, ou plus exactement sur des grilles Beaubourg, pour le 93e forum du CCHA, le samedi 18 mars 2017.

Plusieurs dizaines de cartes du Châtelleraudais et de plans de Châtellerault, connus ou inédits, étaient exposés, salle Camille Pagé, provenant des fonds d’archives de la manufacture d’armes, des archives municipales de la ville,  du CCHA et de la collection personnelle de Nicolas Jacob, directeur du Centre des Archives de l’Armement et du Personnel Civil de Châtellerault, conférencier à ce forum consacré aux « cartes et plans du Châtelleraudais du XVIIIe au XXe siècle ».

Nicolas Jacob choisit  l’ordre chronologique pour son exposé. Il l’introduit avec la première « carte géographique des postes qui traversent la France », établie en 1632, par Melchior Tavernier et présente ensuite les trois grandes phases de la cartographie française.

 

Quand, au XVIIIe siècle, les rois décident de faire réaliser la première carte générale du territoire, ils en chargent la famille d’astronomes Cassini. Cette carte est dressée à l’échelle d’une ligne pour cent toises, c’est-à-dire une échelle de 1/86 400. Un centimètre correspond à environ 864 mètres sur le terrain. C’est le début de la  triangulation géodésique : les points de repère correspondent aux sommets des quelque mille triangles qui forment le géodésique de la carte de Cassini. Les travaux des Cassini prendront plus de 50 ans.

Napoléon Ier décide l’établissement d’une carte destinée à la remplacer mais c’est la Restauration qui lance les travaux. Plusieurs échelles sont essayées. Il en résulte des cartes à usage militaire,  les cartes d’état-major à l’échelle du 1/80 000. Elles sont établies par le Dépôt de la Guerre, ancêtre du Service géographique de l’armée, remplacé plus tard par l’Institut Géographique National (IGN).

Ces cartes au 1/80 000 se présentaient le plus souvent sous forme d’une mosaïque de carrés de papier collés sur une toile, protégées par une couverture cartonnée et entoilée, pour répondre aux contraintes de terrain des militaires et gendarmes.

Lors de la Première Guerre mondiale (1914-1918), pour pallier aux difficultés de lecture de ces cartes, l’état-major choisit l’échelle au 1/50 000, avec un quadrillage kilométrique plus pratique sur le terrain.

C’est sur leur base que sont créées, après la Seconde Guerre mondiale, les cartes IGN (aujourd’hui Institut National de l’Information Géographique et Forestière)  au 1/25 000, appelées aujourd’hui cartes de randonnée où notamment, les hachures sont remplacées par des courbes de niveau.

Compte-rendu de Jean-Noël Lattwein

 

 

Le CCHA anime une balade découverte de la rive gauche

Châteauneuf sous la tempête

 

Lundi 6 mars, à la demande de l’office de tourisme du Grand Châtellerault, Pierre Bugnet, Jean-Noël Lattwein et Geneviève Millet ont proposé, à une vingtaine de personnes, une balade découverte des anciens sites industriels et commerciaux de la rive gauche. Et Zeus soufflait, soufflait…

P1090531

 

 

 

 

Derrière l’actuelle école du cirque

P1090536

 

 

 

 

 

L’ancienne maison Mescle

 

P1090537

 

 

 

 

 

 

 

 

Devant l’hôtel du Grand Monarque

Clichés : Claudine Pauly

compte rendu du 90ème forum organisé le 22 octobre 2016

     Conférence  donnée par Marjorie Alaphilippe

«  Marie-Félix Faulcon, un député polygraphe de la Vienne en Révolution »

 

Marjorie Alaphilippe, professeure agrégée d’Histoire-Géographie au lycée Marcelin Berthelot de Châtellerault est venue présenter des extraits de la thèse qu’elle prépare sous la direction de Frédéric Chauvaud (Université de Poitiers) et de Pierre Serna ( Université de Paris I). Elle a permis au public châtelleraudais de découvrir un personnage méconnu et original.

 

Alaphilippe_Faulcon_300-191x300C’est en effet au moins connu des députés de la Vienne de 1789 que la conférencière s’est intéressée. Marie-Félix Faulcon n’a pas publié ses mémoires contrairement à Jacques-Antoine Creuzé Latouche de Châtellerault et à Antoine-Claire Thibaudeau. Pourtant, il a exercé une longue carrière politique et a traversé toute la seconde moitié du XVIIIe et la première moitié du XIXe siècles, de 1758 à 1843.

La conférencière a montré l’intérêt de la pensée politique de ce défenseur de la constitution, attaché au droit et à la conciliation entre l’ordre et la liberté. Elle le présente comme un homme libre, avec un ancrage local fort de Civray où il est né, à Poitiers où il a fait ses études de droit. Mais c’est surtout à son écriture qu’elle s’intéresse, une écriture-fleuve puisqu’il a produit 25 000 pages de manuscrits très divers, un journal intime, des récits de voyage, des poésies, des essais… Il est vrai que ce fils d’imprimeur du roi et d’une mère protestante attachée au texte était peut-être promis à une carrière d’écrivain.

Il écrit un journal des évènements du 13 au 15 juillet 1789, puis continue en 1790-1791. Il a une manière d’écrire très humaine, personnelle et indépendante. Après cette période, n’étant plus député et de retour à Poitiers, il s’efface, troublé par la Terreur, mais cherchant à ne pas se compromettre devant le Comité de surveillance de 1793. Il revient en politique en 1795 où il est choisi pour siéger au Conseil des 500. Il se rapproche de Bonaparte et devient vice-président du Corps législatif en 1803. Lors de cette période faste, il fait publier ses œuvres et acquiert une certaine reconnaissance littéraire.

Sa carrière politique prend fin avec la déchéance de Napoléon Ier et la restauration de la monarchie en 1814. De 1815 à 1843, de retour à Poitiers, il ne lui reste que la plume pour s’exprimer. Il tente en vain d’écrire ses mémoires et écrit de plus en plus de poésies, une tous les trois jours ! Ses poèmes parlent d’histoire mais assez peu de la Révolution. Jusqu’en 1830, il s’inspire de ses voyages, mais après, il est plus aigri par la disparition de sa génération et se tourne vers la lecture. La médiathèque de Poitiers a conservé ses notes de lectures : plus de 5 000 références !

Il meurt le 31 janvier 1843 dans l’indifférence générale. Ce fut pourtant un acteur de la Révolution, un écrivain polyvalent, qui a cherché par l’écriture à se donner une cohérence.

Le public a été conquis par cette présentation touchante et méticuleuse, et il a pu, à l’occasion de ce forum, profiter de l’exposition de journaux originaux des années révolutionnaires, de l’Empire et de la première Restauration prêtés par le collectionneur Francis Garnier.

Marie-Claude Albert

 

N°32 de l’avant-guerre à l’après-guerre 14-18

Scorbé-Clairvaux, entre 1900 et 1914, une commune rurale du Châtelleraudais avant la Grande Guerre, Bernard Fy

La veuve Boiron-Guillot, libraire et imprimeur. Châtellerault, première moitié du XXe siècle, Christiane Escanecrabe

Un soldat blessé en 1914, Fernand Lécuillier Claudie et Alain Bourreau

Les élections d’avril-mai 1914 dans l’arrondissement de Châtellerault Alain Houisse

 Varia

De l’apprenti à l’ingénieur. Témoignage sur la formation à la Manu Jean-Claude Merle

 Conférences

Mémoires d’un élu communiste aux responsabilités locales, nationales et internationales, Paul Fromonteil

Un poilu châtelleraudais, Raoul Bouchet (1914-1916) au cœur des Archives, Pascal Borderieux

D’autres regards sur la guerre 14-18 Conférence de la Ligue des Droits de l’Homme, commentée Françoise Metzger

Des camps dans la Vienne, 1939-194 Conférences des archives départementales de la Vienne, commentées par Marie-Claude Albertcouv130

Compte rendu du 91ème forum

Le 91ᵉ forum du CCHA était consacré à « Charles de Gaulle la construction du militaire et du politique 1910-1925 ».

Lucien Jugé, maire de Scorbé-Clairvaux et président de l’association « De Gaulle, mémoire pour l’avenir » nous a présenté l’enfance, la guerre 1914-1918 et la « campagne polonaise » de Charles de Gaulle.

 

 

Charles de Gaulle est né à Lille, le 22 novembre 1890 dans une famille catholique et patriote plutôt portée vers la monarchie. Son père, Henri de Gaulle, professeur de lettres, mathématiques et histoire, a une grande influence sur lui. Élevé dans la culture de la grandeur nationale, manifestant d’emblée une propension au commandement, il affiche très tôt sa vocation pour la carrière des armes.

Après ses études secondaires, il est reçu en 1909 à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr, 119e sur 221 ; il en sort bien classé, 13e rang, en 1912. Il choisit alors l’infanterie et est affecté au 33e RI cantonné à Arras, sous les ordres du colonel Pétain.

La première guerre mondiale éclate en août 1914. Le lieutenant de Gaulle se bat avec le 33ème RI. Il est blessé à la jambe le 15 août, à Dinant en Belgique, puis une deuxième fois à la main gauche ; il est d’abord commandant de compagnie puis adjoint au colonel.

Sur le champ de la bataille de Verdun, à Douaumont, le 2 mars 1916, il est laissé pour mort et reçoit une citation, à titre posthume, à l’ordre de l’armée. En fait, prisonnier en Allemagne, il est soigné d’une blessure à la cuisse gauche à l’hôpital de Mayence. Ayant tenté de s’évader à cinq reprises, il est enfermé dans plusieurs prisons dont la forteresse d’Ingolstadt en Bavière, la prison militaire de Passau et le camp de Wülzburg. Il est libéré à l’armistice après 32 mois de détention. En captivité il approfondit sa connaissance de l’Allemagne, en lit la littérature et la presse. Il fait des conférences d’ordre stratégique et géopolitique, ainsi, sur le déroulement de la guerre. Ses compagnons de captivité sont notamment le commandant Catroux et Toukhatchevski, futur maréchal de l’Armée Rouge.

Après la Première Guerre mondiale, de Gaulle s’engage à deux reprises auprès de l’Armée polonaise autonome. Créée et organisée en France, elle combat les russes.

D’avril 1919 à mai 1920, il est à la Mission militaire française du général Henrys qui participe à l’organisation générale, l’aide matérielle et l’instruction de l’armée polonaise.

De Gaulle se voit ensuite confier la tâche d’instructeur à l’école d’infanterie de Rembertow où il donne plusieurs conférences remarquées.

De juin 1920 à janvier 1921 il participe aux opérations de l’armée du sud et du centre du Général Rydz-Smigly, ce qui lui vaut une citation supplémentaire. Il rédige plusieurs documents sur son expérience et théorise la guerre de mouvement.

 

Plus de soixante-dix personnes ont pu découvrir cette période moins bien connue de la vie du premier président de la Cinquième république.

 

Compte-rendu de Jean-Noël Lattwein

compte rendu du 89ème forum du CCHA

Le CCHA présentait, à l’occasion de son 89ème forum tenu à Scorbé-Clairvaux, trois travaux du groupe de recherche sur la guerre 1914-1918 : les femmes à Châtellerault, le vote de la loi des 3 ans et le portrait de la commune qui nous accueillait, au début du siècle.

Bernard Fy nous a ainsi présenté les caractéristiques de Scorbé-Clairvaux, commune rurale de la vallée de l’Envigne, comprenant, en 1911, 1451 habitants, qu’il a qualifiée de « plus prospère du canton de Lencloître », indiquant que « pratiquement tous les ménages disposaient d’une maison ».

A partir de plusieurs sources dont les archives municipales, il a illustré cette prospérité par les deux ressources principales de la commune :

La foire agricole : 30 % des recettes inscrites au budget communal provenant des droits de placement perçus,

L’agriculture avec plus des deux tiers des actifs agricoles propriétaires, la diversité des productions tant animales que végétales dont les cultures maraichères.

Les principales dépenses portaient sur la voierie.

Les autres acteurs de la vie économique ont aussi été présentés et parmi eux, 17 artisans, des cantonniers, des  employés du chemin de fer…

Des images inédites ont illustré la vie au bourg : la chapelle Sainte Néomaye, les écoles, les fêtes (vignerons à la Saint-Vincent, laboureurs à la Sainte-Blaise…), en présence d’une fanfare de 30 musiciens…

Desservi par le chemin de fer, animé par sa foire agricole et se préparant à l’électrification, le bourg était largement  ouvert à la modernité.

 

La foire les anguillettes pour le site du CCHA

 

Françoise Metzger nous a décrit la vie des femmes à Châtellerault en 1911. Elle a rappelé l’évolution de leur statut social et de leurs loisirs (fête de charité de 1911). A la lumière du recensement de la population, elle a brossé le portrait des travailleuses : domestiques, couturières, lingères, brodeuses, mais aussi commerçantes, employées de grand magasin, des administrations de la rive droite, enseignantes ou professionnelles de santé….

 

Corset Illustration 2 juillet 1911

 

Alain Houisse a présenté le contexte politique dans lequel a été votée la loi des 3 ans en 1913. Il a relevé et analysé, au travers de la presse du département de la Vienne, les positions du personnel politique sur l’allongement du service militaire de 2 à 3 ans.

Les contributions de F. Metzger et A. Houisse sont disponibles dans la RHPC n°31 qui vient de paraître.

 

Jean-Noël Lattwein