C.C.H.A

Centre Châtelleraudais d'Histoire et d'Archives

Association fondée en 1999, le C. C. H. A. a pour but de découvrir, protéger, exploiter et mettre en valeur l’histoire et le patrimoine du pays châtelleraudais par les recherches en archives et de témoignages.

Les Châtelleraudais et la guerre 1939-1945, Marie-Claude Albert

Le samedi 3 décembre 2005, environ 400 personnes se sont rassemblées durant près de quatre heures au nouveau théâtre pour participer à un vaste forum consacré à l’histoire et à la mémoire de la Seconde guerre mondiale à Châtellerault. La manifestation se tenait sous l’égide de la municipalité, du Centre châtelleraudais d’Histoire et d’Archives et des Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation. Organisée sous la forme de trois tables rondes animées par deux historiens du CCHA, Pierrick Hervé et Gwénaël Murphy, elle fut ponctuée par le chant profond des « bluettistes » guidés par Michèle Debain. Une impressionnante mobilisation collective s’est ainsi effectuée autour du livre Châtellerault sous l’Occupation, Geste éditions, du film Allons enfants de Bastien Chastagnier, et du site du mémorial de la Vienne réalisé par Vrid ( Vienne résistance internement déportation) vrid-memorial.com.
Ce forum fut dédié aux morts de la ville, à ces Châtelleraudais qui avaient mis leur vie au service de la liberté contre le nazisme. Ont été cités les noms de résistantes et résistants décédés au cours de l’année 2005 : Suzanne Lavergne, Isabelle Douteau, Emile Lecointre, Paul Denis. Il fut aussi rendu hommage à tous les particuliers et familles qui ont accepté de confier leurs témoignages et leurs archives.
Ponctuée par les mises au point et les questions essentielles de Pierrick Hervé, la première table ronde fut consacrée à l’ouvrage Châtellerault sous l’Occupation présenté  d’abord sous les traits d’une aventure humaine. Autour de l’auteur, une véritable équipe a en effet permis au projet d’aboutir, alliant les compétences de l’archiviste Pascal
Borderieux, des professeurs d’histoire-géographie Pierrick Hervé, Jean-Louis Lamouraux et Marianne Mabille, des étudiants Sébastien Joubert et Loïc Rondeau, des collectionneurs Marc Négrault et Olivier Guignard, du photographe André Chêne, du président de la délégation territoriale des Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation, Roland Gaillon, sans oublier l’auteur de la préface, l’historien, spécialiste de cette période, Eric Alary. Il importe aussi de préciser qu’ont été associés, par l’intermédiaire de leurs travaux, d’anciens élèves du Collège Descartes et du Lycée Marcelin Berthelot, lauréats du Concours national de la Résistance et de la Déportation.

 

La suite de l’article : Marie-Claude Albert, Les Châtelleraudais et la guerre 1939-1945

La ligne de démarcation, Eric Alary

En 1940, lorsque l’armistice franco-allemand entre en vigueur, la France est occupée par les Allemands sur une large partie de son territoire. Déjà en 1870 et 1914-1918, des départements français du Nord-Est ont connu l’occupation allemande. Toutefois, celle qui commence en 1940 est singulière, car les militaires allemands ont conçu une parcellisation de la France en fonction de leurs besoins militaires, économiques, politiques et idéologiques. Tantôt objets de chantage, tantôt objets d’espoir pour le régime de Vichy, toutes les zones ont été contraignantes qui pour la vie quotidienne des Français, qui pour la bonne marche de l’économie, mais aussi les individus traqués par les polices françaises et allemandes. Cela a incontestablement pesé sur les relations franco-allemandes, sur la politique de collaboration et naturellement sur la vie quotidienne des Français.
Deux histoires défilent parallèlement et parfois, se chevauchent : une histoire de la ligne officielle – c’est-à-dire celle de son instauration, de ses aspects techniques, juridiques, politiques et économiques- et une histoire de la ligne clandestine- à savoir celle des activités illégales interzones, françaises et allemandes des passages. Sur cette dernière, la réponse à toutes nos interrogations est parfois difficile ou incomplète, tant il est vrai que des milliers de personnes ont franchi la ligne de démarcation sans que nous puissions jamais toutes les compter ou les situer sur le tracé. L’histoire de la ligne s’est souvent bornée à celle de ses passeurs, presque toujours résumée de façon romanesque. L’histoire de la clandestinité du passage interzone embrasse le monde des passeurs, des passagers clandestins et donc, des répressions exercées. Le département de la Vienne a été l’un des treize départements divisé par la ligne de démarcation jusqu’au 1er mars 1943. Châtellerault a souvent servi d’étape de transition vers la France non occupée.

 

La suite de l’article : Eric Alary, La ligne de démarcation