A propos de l’atelier paléographie

L’atelier, créé en 2011, est ouvert à tous les adhérents du Centre Châtelleraudais d’Histoire et d’Archives (CCHA) désireux de se familiariser à la compréhension des documents anciens. Une banque de données de 127 documents est disponible et sera augmentée chaque année.

La paléographie est la science de la lecture et de l’étude des écritures anciennes (du Moyen Âge, du XVIe au XVIIIe siècle).

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En tirant le fil, Fils et textile dans le Châtelleraudais, un autre thème de recherche pour le CCHA

Depuis plusieurs années, le CCHA effectue un travail de recherche patrimoniale pour le service de tourisme. En 2019, il nous a été proposé de nous intéresser aux fils et aux textiles du Pays châtelleraudais. Lire la suite

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AG extraordinaire et forum du 21 mars reportés

En lien avec la situation actuelle et consécutivement aux arrêtés de la fermeture des salles de Châtellerault, nous vous informons que l’AG extraordinaire et le forum qui devaient se tenir le samedi 21 mars 2020, sont reportés à une date ultérieure non encore fixée.

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La presse de la Vienne au XIXe siècle.

Le samedi 25 janvier 2020, salle du Verger à Châtellerault, le CCHA accueillait, à l’issue de son assemblée générale annuelle, Alain Houisse, l’un de ses chercheurs et membre du comité de rédaction de la Revue d’Histoire du Pays Châtelleraudais.

Auteur de l’ouvrage à paraitre Cent ans d’histoire de la presse à Poitiers 1773-1878, il a choisi de présenter ses propos sous une forme thématique : les imprimeurs, les journalistes, les journaux.

En préambule, il explicite les dates-repères de sa conférence : 1773, c’est la parution du premier organe de presse de la Vienne, Les affiches du Poitou. Et 1878 car c’est l’année de la loi d’amnistie des délits d’opinion par voie de presse et le premier dépôt d’une demande de loi sur la liberté de la presse (loi adoptée seulement trois ans plus tard).

Entre « imprimeurs » et « presse », le lien est évidemment étroit. Les imprimeurs s’intéressent à la presse car il s’agit de commandes régulières, qui permettent de lisser l’activité. C’est un métier fort ancien et très réglementé : presque 200 textes législatifs durant la période étudiée, car l’écrit a longtemps inquiété le pouvoir en place. Un certain nombre d’imprimeurs commencent par être libraires, puis l’imprimerie se transmet de père en fils, ou de beau-père à gendre : A. Houisse donne plusieurs exemples poitevins et châtelleraudais. Créer une imprimerie de toute pièce est possible, mais rare, car onéreux. Ainsi, à Poitiers, le baron de Soubeyran dépense 500 000 francs pour en créer une. Pendant longtemps, le matériel utilisé est presque celui de Gutenberg ! C’est la presse à bras, avec la composition à la main, ce qui explique une édition du journal sur quatre pages seulement et un tirage limité.

Au début du XIXe siècle, pas d’école de journalisme, pas de carte de presse : tout le monde ou presque peut se prétendre journaliste. Il faut attendre la Monarchie de Juillet pour rencontrer un journaliste professionnel. Alors qui sont les journalistes ? Parfois c’est l’imprimeur lui-même qui a rédigé la feuille avant de l’éditer. Mais cela peut-être aussi le notable désœuvré qui souhaite faire un peu de politique, ou l’étudiant frais émoulu de la faculté de droit de Poitiers, ou encore le journaliste parisien qui vient se ressourcer en province. Le conférencier donne des exemples poitevins concrets. Le journaliste provincial n’a pas vraiment de salle de rédaction à sa disposition, et souvent il s’occupe seul des différentes rubriques du journal. Il fait tout : la recherche, la rédaction, la mise en page et parfois aussi le tirage… A côté de la plume, son principal outil est le ciseau, car il reçoit la presse parisienne et y puise les informations nationales, politiques et économiques. Avec la création de l’agence Havas dans les années 1830 qui fournit une page quotidienne d’informations nationales, le journaliste possède une bonne source. Mais les informations locales sont plus difficiles à obtenir car il n’y a pas de correspondants locaux. Le journaliste doit alors s’appuyer sur les comptes-rendus des conseils municipaux, départementaux, des associations, et sur les abonnés, invités à fournir des informations.

En prenant appui sur des exemplaires originaux aimablement prêtés par un collectionneur châtelleraudais, le conférencier se penche sur les journaux eux-mêmes : en format in octavo, ils sont un peu gris, austères, sans grosses manchettes, sans illustrations. En donnant à chaque fois des titres départementaux, il distingue la presse d’annonces, la presse politique, la plus prestigieuse, mais aussi celle qui nécessite un cautionnement élevé, un droit de timbre, qui subit souvent la censure, ou l’avertissement sous le Second Empire, la presse littéraire, souvent éphémère, la presse religieuse, d’abord protestante, puis catholique avec la Semaine religieuse du diocèse de Poitiers à partir de 1854, la presse agricole avec des informations pratiques à but pédagogique, la presse gratuite enfin qui rencontre peu de succès.

Les deux premières pages portent les informations nationales, politiques et économiques. La page 3 est « fourre-tout » et la 4 regroupe les annonces. Dans le corps du journal apparait le feuilleton, d’abord littéraire, puis roman-feuilleton, les faits-divers, la publicité avec ses produits pharmaceutiques « miracles », une rubrique financière reçue de Paris par le journaliste

La diffusion du journal s’opère d’abord par abonnement, la vente sur la voie publique ne se développant qu’à la fin du Second Empire et avec le journal à 5 centimes.

L’abonnement étant assez élevé, le lectorat est réduit. Mais le journal est souvent lu par le chef de famille à l’ensemble des membres du foyer, domestiques inclus, et, en ville, des cabinets de lecture mettent les journaux à disposition.

La presse départementale est concurrencée par la presse parisienne, d’autant plus lorsque l’arrivée du chemin de fer contracte le temps entre la sortie des presses parisiennes et la lecture en province.

Le conférencier construit sa conclusion autour de trois axes : le journal est un enjeu de pouvoir, c’est un outil de communication politique, et c’est un miroir de la société.

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Les écoles de la Vienne, aperçu sur une enquête

Tel est le thème choisi par Jerôme Grévy pour son intervention devant le public de la salle du Verger ce samedi 23 novembre 2019. Professeur d’histoire contemporaine à l’université de Poitiers, membre du CRIHAM (Centre de Recherches Interdisciplinaires en Histoire, Art et Musicologie), spécialiste – entre autres – de Garibaldi et de la Troisième République, M. Grévy a d’emblée souligné le rôle des « sociétés savantes » qui apportent beaucoup à la recherche universitaire ; le thème actuel de recherches du CCHA, « Éducation et formation en Châtelleraudais du XVIIIe au milieu du XXe siècle », les travaux sur l’école de Vicq-sur-Gartempe présentés ce même jour par leurs auteurs, l’histoire locale de certaines communes, comme le document mis en ligne sur le site de la mairie de Tercé en sont autant d’illustrations.

Jérôme Grévy

Dans les années 1960, l’historiographie a jeté un regard nouveau sur les institutions et l’enseignement mais les premiers travaux sur l’architecture scolaire sont bien plus tardifs (années 1980-1990). Au cours du XIXe, des enquêtes officielles sont menées ; dans celle de Guizot en 1833, il manque les réponses concernant la Vienne. Après les lois de Jules Ferry (école gratuite en 1881, obligatoire et laïque en 1882) l’action des pouvoirs publics est plus précise : la construction des écoles, qui doivent être distinctes de la mairie, est soumise à des impératifs précis en matière d’hygiène (chauffage, aération, toilettes, etc.) et de pédagogie avec des espaces différenciés pour la cour de récréation, le travail manuel, la gymnastique, la couture, le jardin …. Tout est prévu, du mobilier au tableau noir, des ardoises et des livres au préau. En 1884, une enquête fait l’état des lieux dans la Vienne où sont scolarisés 17 693 élèves ; les effectifs de chaque classe sont supérieurs à la moyenne nationale qui est de 46 enfants par instituteur ou institutrice, les écoles sont sous-équipées en matériel et malgré l’effort de construction, en particulier sous le second Empire, l’enseignement est bien souvent dispensé dans des maisons anciennes ou des granges aménagées. Les financements assurés par la mairie, l’état et des legs, sont insuffisants ce qui explique la précarité des conditions de travail, parfois dans une classe unique sur la terre battue. Le logement de l’instituteur est généralement nettement insuffisant pour accueillir une famille. Les enseignants émettent des propositions concrètes mieux prises en compte dans les constructions de la fin du XIXe qui font souvent appel à des architectes locaux. Jérôme Grévy évoque, en conclusion, les deux bâtiments symboliques appartenant à chaque commune : l’église, souvent sombre et ancienne et l’école, qui apporte la lumière et la connaissance.

François Bigot présente ensuite Les débuts de la scolarisation primaire à Vicq-sur- Gartempe au XIX e siècle, titre de l’ouvrage collectif écrit avec Nadia Bigot-Baleh, et François Cottet*, membres de Vals de Gartempe, Creuse, Anglin ; ces recherches doivent  beaucoup aux archives municipales, inédites jusqu’alors. Les progrès de l’alphabétisation ont été constants à Vicq au cours du XIX e siècle. En 1833, le premier instituteur laïc, enseigne à une classe mixte, chez lui, dans une maison louée. Il faut attendre 1866 pour que la construction de l’école de garçons soit achevée après des années de discussions entre la mairie, l’architecte et l’administration. Les filles, accueillies depuis 1854 dans des maisons privées,  intègrent des locaux neufs seulement en 1882. Malgré la lenteur des prises de décision, les autorités municipales ont œuvré pour que les enfants de Vicq-sur-Gartempe aient accès aux bienfaits de l’éducation.

*Lire les deux articles consacrés par ces auteurs dans la revue n° 38 du CCHA.

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